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Source : La Tribune.fr - 13/11/2009 | 06:00 - 561 mots

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Lagarde positionnée pour la présidence de l'Eurogroupe

Sarkozy souhaite une vraie gouvernance européenne, que l'Eurogroupe lui faciliterait. Tout dépendra de l'issue des négociations sur les postes clés.

La ministre convoiterait-elle la présidence de l'Eurogroupe?

Le nom de Christine Lagarde recommence à circuler dans les milieux européens. Il y six mois, on lui prêtait un avenir de commissaire à la concurrence. On parle à présent d'elle pour la présidence de l'Eurogroupe. Le mandat de Jean-Claude Juncker court jusqu'à septembre. Mais le Luxembourgeois est candidat à la présidence du Conseil européen. La semaine dernière, il n'était plus le favori, Paris et Berlin faisant campagne pour le Belge Herman van Rompuy. Mais sa côte « remonte », assure un diplomate européen. Il sera fixé au plus tard lors du sommet extraordinaire du 19 novembre. S'il était l'heureux « élu », il faudrait sans tarder lui trouver un remplaçant.

Même si la présidence de l'Eurogroupe ne se libérait que dans dix mois, l'Elysée, où l'on est obsédé par les postes économiques, a d'ores et déjà de bonnes raisons de s'y intéresser. Au sommet européen d'octobre, le président de la République a confirmé la désignation de Michel Barnier dans le collège Barroso 2. Mais Paris qui convoite pour lui le portefeuille du marché intérieur, comprenant les services financiers n'est pas du tout sûr d'avoir gain de cause.

La donne aurait été différente si le choix élyséen avait porté sur Christine Lagarde. D'une part, elle jouit d'une excellente image à Bruxelles. D'autre part, José Manuel Barroso, maître du jeu dans la distribution des portefeuilles, est désespérément à la recherche de femmes pour sa nouvelle équipe. Déjà en 2004, il avait menacé les capitales dans ces termes : « si vous ne m'envoyez pas une femme, je ne vous donnerai pas le portefeuille que vous seriez très content d'avoir », a-t-il rapporté à la Tribune.

Le président français a toutefois préféré garder la cartouche Lagarde. En restant à Bercy, elle se positionne dans la partie de billard à vingt-sept bandes en cours. Seul un (ou une) ministre des finances pourra piloter l'Eurogroupe. Son homologue et concurrent le Belge Didier Reynders, un des prétendants à la succession à Jean-Claude Juncker, devant nécessairement se retirer en cas de nomination d'Herman van Rompuy à la présidence du Conseil, elle n'est pas si mal placée pour devenir celle-là.

Depuis des années, Nicolas Sarkozy brûle d'être celui qui fera avancer la gouvernance économique européenne. Comme ministre des finances, il a été à l'origine de la présidence stable de l'Eurogroupe. Devenu chef d'Etat, il s'y est invité en 2007, a organisé le premier sommet de la zone euro en octobre 2008 puis a tenté de garder la main dessus au-delà de la présidence française de l'Union européenne. « J'ai plusieurs idées en la matière mais ce n'est pas le moment, ce n'est pas le lieu de les mettre sur la table », déclarait-il fin 2008. Voit-il ce moment venir après le départ de Jean-Claude Juncker?

Officiellement, la succession de Jean-Claude Juncker n'est pas sur la table. Le Premier ministre Fredrik Reinfeldt, qui préside de le Conseil jusqu'au 31 décembre, s'est lancé cette semaine dans un second tour des capitales européennes pour boucler les nominations du Président du Conseil et du Haut Représentant. « Il y a beaucoup de candidats pour peu de postes », a-t-il déclaré mercredi à Bruxelles. Pour tenter de desserrer l'étau, il a mis un troisième poste dans la balance : celui de secrétaire général du Conseil, qui est historiquement occupé par un Français. Comme pour signaler à la France qu'elle n'était déjà pas si mal lotie, analyse-t-on à Bruxelles.

F.A. & Y.-A.N.

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