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Conseil Blogs / Les acteurs de Copenhague
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Source : La Tribune.fr - 04/12/2009 | 16:04 - 590 mots

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Nicolas Imbert (Ineum Consulting) : "pourquoi je vais à Copenhague"

Trois enjeux majeurs à ce forum : arrêter un plan d'action concret assurant réellement la limitation des émissions de gaz à effet de serre, faire de la crise actuelle une opportunité de trouver un nouvel équilibre écologique et économique, et enfin, anticiper et d'optimiser la transition de la taxation à la valeur ajoutée vers une taxe carbone,

Nicolas Imbert (Ineum Consulting)

Après une période préparatoire riche d'événements diplomatiques, le Forum de Copenhague s'ouvre lundi. Trois enjeux majeurs: arrêter un plan d'action concret assurant réellement la limitation des émissions de gaz à effet de serre (timing & volume), faire de la crise actuelle une opportunité de trouver un nouvel équilibre écologique et économique, et enfin, anticiper et d'optimiser la transition de la taxation à la valeur ajoutée vers une taxe carbone,.

L'activité diplomatique intense ces derniers jours montre qu'aucune puissance ne pourrait accepter d'être à l'origine de l'échec des négociations. Barack Obama présent le 9 devrait impulser un élan très opérationnel sur Copenhague, et ce dès la première semaine.

Quelle forme vont prendre les négociations ? Actuellement, deux modes de négociation sont en lice : soit la dynamique se porte initialement sur l'atténuation, soit elle se porte sur l'adaptation.

Une dynamique de négociation portée sur l'atténuation verra la rapide émergence des débats sur les quotas d'émission, y compris le positionnement des émergeants et des pays les moins avancés, de l'objectif à atteindre, soit par rapport aux valeurs de 1990, soit indexée sur des points de PIB comme le propose la position chinoise.

Cette dynamique permettra des positionnements rapides des acteurs de l'efficacité énergétique, des transports collectifs et de la filière agricole. Restera à négocier la pression sur les objectifs à atteindre. Va-t-on négocier le fait de négocier à Copenhague seulement une position de principe avec un objectif global non ventilé par industrie, ou aller plus loin ?

Cette dynamique positionnera également les négociations sur les thématiques industrielles, urbanistiques et alimentaires...Plus les objectifs sont ambitieux, plus ils constitueront une prime à l'innovation pour les entreprises qui ont choisi d'être pionnières sur le sujet.

A l'inverse, une dynamique de négociation portée sur l'adaptation verra la discussion se porter sur les mécanismes de transfert de technologies et de transfert financier. Il s'agit de compenser les effets au Sud (et notamment en Afrique) des émissions générées au Nord, tout en intégrant les industries auparavant exclues des quotas de CO2, comme par exemple le trafic aérien.

Le plan « Justice Climat », présenté par de nombreux pays africains et soutenu par la France, se situe clairement dans cette logique. Cela positionnera les négociations d'une part sur l'équilibre financiers, d'autre part sur les mécanismes de compensation telles que le reboisement, la gestion durable des forêts et écosystèmes fragiles, l'accès aux énergies et à l'alimentation....

Tout le talent des négociateurs va consister à bien assurer un équilibre entre ces deux dynamiques, et à intégrer rapidement des acteurs majeurs plutôt réservés jusqu'à maintenant, comme l'Inde, le Japon, les Corées, l'Iran, le Pakistan.

Les ONGs et les citoyens veulent être des parties prenantes impliqués sur le projet, et mettent une pression très forte sur les dirigeants et les négociateurs. On ne compte plus les flashmobs d'alertes, les pétitions signées (près de 500 000 signataires en France pour l'Ultimatum Climatique...). TF1 a choisi d'ouvrir chaque journal télévisé avec les indicateurs de Copenhague, la presse titre en masse sur Copenhague et, loin de lasser, cet engouement suscite de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter).

Le champ des possibles est plus ouvert que jamais. Les entreprises ne s'y sont pas trompées, beaucoup ont envoyé un délégué à Copenhague. Débouchera-t-on ou non sur un accord ? Avec ou sans objectifs quantifiés ? Avec telles priorités ?

C'est pour avoir des orientations sur ces différents axes que je suivrai Copenhague avec attention la semaine prochaine, et y serai la semaine suivante.

(Ineum Consulting est un cabinet de conseil en stratégie, organisation et systèmes d'informations, riche de 1.300 consultants sur 12 pays)

Nicolas Imbert, Manager Développement Durable, Ineum Consulting

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