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http://www.latribune.fr/blogs/les-acteurs-de-copenhague/20091215trib000453343/accord-probablement-mais-quel-accord-.html

Cette deuxième semaine de débat à Copenhague voit se confirmer la difficulté d’arriver à un accord ambitieux. La forte représentation politique sur cette fin de semaine rend les agendas particulièrement chargés, et n’est pas propice aux discussions de fond. Pourtant, le nombre de sujets sur lesquels un consensus doit être trouvé reste très élevé. La difficulté à obtenir un accord sur la préservation des forêts tropicales, présenté peut-être un peu tôt comme le plus simple, illustre le risque de voir le fossé se creuser entre pays du Nord et du Sud.
Dans cette situation, des voix s’élèvent, notamment parmi le G77, pour préserver comme base de travail et de négociation un accord au moins aussi ambitieux que celui de Kyoto, avec notamment les quotas d’émission de gaz à effet de serre et les mécanismes de compensation. Connie Hedegaard, la présidente de la Conférence, a désiré rassurer hier en promettant deux décisions dans l’accord final, une sur le protocole de Kyoto, l’autre sur la convention climat des Nations Unies.
Cette base de discussion peut paraître bien timide. Les représentants de la société civile ont montré ce week-end par les manifestations et flash-mobs organisés à Copenhague et dans de très nombreuses villes la hauteur de leurs attentes, alors que de nombreuses collectivités, villes ou régions, communiquent actuellement des plans climats largement plus ambitieux que ces bases de négociation. Resteront-ils des pionniers sans effets d’entrainement ? Ces acteurs, tout comme les groupements d’entreprises (notamment fortement émettrices de CO2), sont de par le format de la Conférence considéré comme des parties prenantes considérées mais non essentielles. Leur voix n’est présente qu’indirectement dans le round final qui met en avant la négociation entre Etats.
Quelle est donc la base la plus probable pour une convergence en cette fin de semaine ? Etendre Kyoto à 2020 en intégrant Etats-Unis, Japon, Australie et d’autres pays complémentaires est très loin d’être acquis, et la maturité actuelle des dossiers techniques nécessitera des prises de positions politiques fermes et ambitieuses.
La négociation sur les forêts est un excellent test de cette volonté de converger (REDD – Reducing Emissions from Deforestation in Developing Countries). Elle implique de mettre en place des mécanismes de financement complexes sur des volumes importants entre le Nord et le Sud, sur un schéma sur lequel la mise en place des Mécanismes de Développement Propres (MDP) a montré qu’une coopération internationale est possible et vertueuse. L’Europe a une carte essentielle à jouer dans la promotion de cette négociation, et la France a bien préparé le terrain par le plan Justice-Climat, comme par les négociations préparatoires avec les Etats africains.
L’urgence d’agir permettra-t-elle, sur le dossier REDD comme sur la convergence politique globale, l’atteinte d’un consensus politique sur des bases robustes ? A trois jours de la fin du sommet, tout reste plus ouvert que jamais. La tenue d’un conseil Européen extraordinaire à Copenhague la nuit du 17 au 18, alors que plus de 100 chefs d’Etat seront également présents, illustre bien la volonté politique que ce soit le cas. Si cela se concrétise, le signal au monde sera très positif, mais plus que jamais rendra nécessaire une transition importance en 2010 et 2011 pour faire des mécanismes décidés à Copenhague des modes de fonctionnement opérationnels en 2012.
Nicolas Imbert, Ineum Consulting
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JeFF a écrit le 15/12/2009 à 20:36 :
Enfin une note relativement positive dans un élan de soupe à la grimace ce jour... La question posée dans votre article est essentielle. Est-ce bien les gouvernements qui vont être les champions du développement durable, ou bien les régions et quelques "grands Etats" (USA, Chine, Inde, Brésil, Europe...) s'exprimant en bloc alors que leur unité est complexe et morcelée (voir la Californie, le Québec, la Scandinavie) ? Certaines régions ou grandes entreprises ont un poids économique bien supérieur à d'autres Etats, et en plus risquent de vouloir bouger plus vite. Que faire ? Il faudrait changer rapidement le schéma de gouvernance global et, si aucun accord n'est atteint à Copenhague, utiliser ces acteurs pour bouger plus vite que le tempo.
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