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Suspense Blogs / Les acteurs de Copenhague
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Source : La Tribune.fr - 18/12/2009 | 18:12 - 634 mots

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Accord ou pas accord, les enjeux pour les entreprises sont immenses

Y aura-t-il accord ou non à Copenhague ? A l'heure où j'écris ces lignes (16h45), la situation est des plus incertaines.

Bertrand Piccard

Y aura-t-il accord ou non à Copenhague ? A l'heure où j'écris ces lignes (16h45), la situation est des plus incertaines. Les chefs d'Etat rentrent de nouveau en négociation, alors que le sommet devrait être prolongé d'au moins une journée.

Quelle que soit la situation des négociations, les enjeux pour les entreprises sont immenses. L'impression qui ressort des discours des chefs d'Etat ce jour est que l'on est actuellement dans les derniers moments où il est encore possible d'agir de manière concertée pour le climat, que l'accord à minima qui semblait s'ébaucher n'est pas à la hauteur des enjeux (il générerait au moins 3°C d'augmentation de la température moyenne à horizon 2050), et que des initiatives plus ambitieuses sont attendues des pays industrialisés notamment, sur la réduction des émissions comme sur les mécanismes de financement. Il se dégage l'impression que « no deal is better than a bad deal ».

Le groupe de travail KP (Protocole de Kyoto), quelles que soient ses conclusions à venir, insiste sur la nécessité d'une transparence et d'un respect strict des obligations de Kyoto, qui devrait rapidement pouvoir devenir opposables par région du monde, ou de manière globale. En outre, les membres du G77 ont montré la situation d'extrême précarité dans laquelle le changement climatique pousse leurs ressortissants, tant du point des migrations, que de l'accès à l'alimentation ou à l'énergie.

Les enjeux pour les entreprises vont donc être immenses, avec ou sans accords. L'accord donnera bien sûr un tempo et une feuille de route, mais les variables d'ajustement sont liées à l'activité humaine, non à des considérations politiques.

La réglementation va continuer à se durcir, notamment en Europe, pour rendre systématique la quantification et la monétarisation des émissions et pollutions : gaz à effets de serre, eau, sols, polluants atmosphériques...

Dans ce contexte, les marchés carbones vont se développer, et le coût de la tonne de carbone émise explosera. Les entreprises qui ont pu anticiper dès maintenant cette évolution et profiter d'un coût du pétrole bas pour effectuer des investissements lourds d'efficacité énergétique et minimiser à chaque étape l'empreinte de leurs produits et services seront les grands gagnants de cette transition. La Suède en est un exemple vivant, où une taxe carbone à 100 euros, loin de pénaliser les entreprises, permet un positionnement concurrentiel fort sur l'innovation et les hautes technologies. Dans un contexte très fluctuant tant sur les coûts énergétiques que sur le marché carbone, cette anticipation doit pour garder son efficacité énergétique être accompagnée d'un mécanisme fiscal différencié qui incite les entreprises à être pionnières et dissuade les passagers clandestins, ceux qui profitent du paysage concurrentiel à court terme pour faire du dumping environnemental, sachant leur modèle condamné à terme.

Dans le contexte tendu des négociations aujourd'hui, le « side event » donné par la délégation suisse autour de Bertrand Piccard et du projet Solar Impulse (http://www.solarimpulse.com) fut, plus qu'un bol d'air, une anticipation de la transition vers l'économie bas carbone. Comme l'indiquait Bertrand Piccard, les changements majeurs se font sous l'impulsion des scientifiques et des entrepreneurs, pas seulement des décideurs politiques [...] nous vivons actuellement les derniers moments sur lesquels il est possible de changer, après cela sera le crash. [...] Cette nécessité d'une transition est quasi- indépendante du changement climatique, elle est également rendue nécessaire par la raréfaction du pétrole et la nécessité de préserver à long terme notre industrie et notre économie.

La nuit s'annonce longue. Débouchera-t-elle sur un espoir concret ou sur un accord a minima accompagné d'un plan d'action étalé sur toute l'année 2010 ? Nul ne le sait encore. Par contre, le comportement rationnel qui minimise les risques et les investissements incite à changer nos comportements dès aujourd'hui pour améliorer l'efficacité énergétique, plus utiliser les énergies renouvelables et éco-construire. Et pour cela, tout accord à venir sera au moins aussi contraignant que l'actuel 3x20 européen.

Nicolas Imbert, Ineum Consulting

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A l'occasion du sommet de Copenhague (7 au 18 décembre 2009) Gaïa Network tente de raccourcir la distance entre les français et les décideurs internationaux en proposant 6h d'émission grand public qui font l'objet d'une large diffusion médiatique.
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