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Sophie Péters | 06/06/2012, 09:56 - 755 mots
"Parlons travail et métier", c'est en substance le message que les salariés aimeraient adresser à leur entreprise. Foin de grands discours et de déclarations d'intentions, l'enquête menée par Meteojob-Alixio pour Les Echos sur les leviers de motivation des salariés (hors rémunération) est limpide : cadres ou non-cadres, tous sont intéressés par le contenu de leur poste et de leur mission.
Si les deux tiers sont encore motivés quand leur réveil sonne le matin, il y a tout de même péril dans l'entreprise : 60% des salariés considèrent qu'ils ne sont pas assez informés des enjeux de leur entreprise alors même qu'un tiers estime la rentabilité financière comme essentielle. Peu importe que leur entreprise déclare s'engager socialement et en fasse des tonnes sur la RSE. Ni même qu'elle soit grande, reconnue dans les médias, ou encore que leur PDG soit populaire. L'essentiel c'est qu'elle produise et rende des services de qualité. Et qu'elle respecte ses salariés. La satisfaction des clients est pour eux l'enjeu majeur.
Dit autrement, le fait de bien faire son travail et d'accomplir la tâche dont ils ont la charge est le cœur de la motivation des salariés. En conséquence de quoi, le contenu du poste mais aussi l'autonomie et la responsabilisation sont les attraits les plus importants de leur travail. D'ailleurs lorsqu'on leur demande « dans quels cas particuliers ou exceptionnels seriez-vous prêts à travailler plus pour le même salaire ? », 57% répondent « parce que mon job me passionne » et 34% « pour répondre à un impératif client ». Seuls 17% sont sensibles à la motivation de leur manager. Quant à l'impact du PDG sur la motivation des troupes, elle est faible, très faible : 50% y sont indifférents. Les egos des patrons apprécieront.
C'est dire combien le fossé se creuse inexorablement entre les troupes et leurs chefs. En dehors de leur rétribution, c'est de reconnaissance dont les salariés disent avoir besoin, de communication interne et d'évolution professionnelle. Les femmes sont à ce titre plus sensibles à la pression excessive et à la mauvaise ambiance, tandis que les hommes souffrent, eux, d'absence de reconnaissance. Les cadres dans leur ensemble restent sensibles à la qualité de leur manager. C'est donc au management et à l'ambiance de travail que sont liés les premiers facteurs de motivation, la durée du travail n'étant, elle, pas significative dans ce domaine.
Ainsi ce qui amène au premier rang les salariés à quitter leur entreprise ce sont une mauvaise ambiance de travail, l'absence de reconnaissance, une pression excessive, l'absence de perspectives d'évolution et le fait d'avoir un mauvais manager. « Pour recruter des talents, les entreprises doivent proposer un projet professionnel et pas seulement un poste. Mais surtout communiquer de manière concrète, car les mots et les projets doivent se traduire dans les réalités », souligne Marko Vujasinovic, PDG de Meteojob.
Les salariés attendent donc en premier lieu d'avoir une visibilité sur les projets et la marche de leur entreprise, la considération pour leur travail et le sens de leur engagement. On en est encore loin si l'on en croit Raymond Soubie, président du cabinet conseil en RH Alixio : « La crise a bon dos sur ce type de sujet. Le phénomène n'est pas nouveau et s'aggrave d'année en année. Cette crise de confiance est profonde et structurelle et repose en grande partie sur la non-exemplarité des dirigeants. Les salariés sont bien plus attachés à leur métier qu'ils ne le sont à leur entreprise. Même le management ne se reconnaît plus dans la ligne stratégique et ne sait quel doit être son rôle. Or les managers de proximité sont ceux qui connaissent le mieux les métiers. La vraie question est de savoir comment mobiliser les chefs d'entreprise sur ces sujets. Ils sont prisonniers du discours ambiant sur la RSE et pensent que leurs managers y croient. Personne n'ose leur ouvrir les yeux dans l'entreprise. Il faut qu'il y ait des perturbateurs ».
Dont acte ! D'autant que l'on connaît désormais dans les enquêtes de satisfaction les trois critères essentiels au bien-être au travail : confiance dans les dirigeants, fierté de la mission, et reconnaissance entre pairs. Une invitation à retourner aux fondamentaux du travail et à ne pas se préoccuper seulement d'éthique vis-à-vis de l'extérieur. Et surtout à mettre en cohérence le discours et les actes. « La RSE devrait être avant tout de se préoccuper de (re)donner à chacun le sens de son travail. Cette enquête prouve que les attentes sont là. Reste aux entreprise à s'atteler à ce chantier », conclut Florence Lebret dirigeante du cabinet conseil Humainement Durable.
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stclem a écrit le 07/06/2012 à 17:02 :
Bjr, il me semble simplement que cet article confirme que la rémunération n'est pas le sujet le plus important, mais au contraire que les salariés s'intéressent avant tout à leur job et leur autonomie dans ce job. La comparaison n'est faite qu'avec l'éthique extérieure, la RSE ... ; il va sans dire que la dimension rémunération est plus importante que ces dernières ; mais ce n'est pas la plus importante --> relire Hertzberg, rémunération = facteur d'insatisfaction pas de motivation.
fma44 a écrit le 06/06/2012 à 15:36 :
il y a bien eu le site notetonentreprise mais censuré ...
un américain à Paris a écrit le 06/06/2012 à 11:48 :
Typiquement franco-frenchy comme étude, la motivation au travail en parlant de tout sauf de rémunération. Belle hypocrisie ! Il est bien connu qu'en France personne ne travaille pour de l'argent, tous bénévoles vivant d'amour, d'eau fraiche et de pain sec, à commencer par nos chers (très chères) patron !
ramstein971 a répondu le 07/06/2012 à 07:26:
Je ne suis pas d'accord la plupart des salariés français gagne près de 1500 euros/net par mois dans ces conditions à salaire égal pourquoi travailler chez celui qui te stresse ou te harcèle à la france télécom. Et même chez france télécom la vrai raison qui explique que beaucoup de salarié sont rester malgré la vague des suicides c'est l'idée qu'ils continuent à rendre une mission de service public. Moi je viens d'un pays anglo-saxon est là bas les écarts de salaires sont beaucoup plus important mais les gens sont OK avec ça car les promotions sont aussi plus rapide. C'est le manageur terrain qui à son mot à dire pour la promotion et le patron lui est là pour insuffler un esprit d'entreprise. Le premier problème des patrons français et plus généralement des cadres dirigeants c'est que personne ne les connait dans l'entreprise. Demande à n'importe quel salarié et la majorité te diront qu'ils ne savent pas qui est leurs N+3 ou qu'ils ne l'ont jamais croisé. cette étude à le mérite de soulever le problème numéro un en France l'orientation, que ce soit à l'éducation nationale qui est une buse en la matière (sauf pour la fonction publique mais toute la France n'est pas destiné à être fonctionnaire) ou pour la comm corporate personne n'y croit ce qui amène à une conclusion simple comme tu sait pas ou tu vas, dans tes études ou ton boulot et bien tu stresse, tu t'inquiète et du coup ton travail n'est plus du tout fun
un américain à Paris a répondu le 07/06/2012 à 11:10:
Je suis depuis plusieurs années dirigeant Europe pour un groupe américain, je voulais simplement souligner le ridicule des études française ne matière de motivation qui occultent systématiquement l?aspect rémunération. Avec les américains l?argent est un sujet normal de discussion avec beaucoup d?autres, mais on ne fait pas l?impasse un peu niaise et franchouillarde sur le sujet.
ramstein971 a répondu le 08/06/2012 à 08:21:
je suis d'accord avec toi l'argent est un tabou culturel en France mais là on ne parle pas de la même chose. L'étude dit bien une chose arrêter de croire que le monde de l'entreprise reflète votre présentation corporate. C'est normal si tu es cadre d'un groupe que tu ait de l'intéressement, des avantages et que tu puisse parler salaire ouvertement tu as un poids sur le marché du travail, mais là on parle des employés, technicien, cadre peu formé.... La règle est simple plus tu as de la valeur sur le marché (employabilité) plus tu peux négocier et discuter. Même en amérique si tu es un ouvrier Ford à Détroit ta marge de négociation de salaire oscille entre le 0 absolu et - l'infini, c'est 4, 55 dollars/h ou le chômage (25% à détroit) . Donc tu rejoint ce que l'étude dit à défaut d'avoir des compensations pécuniaires ils aimeraient des compensations morales pour leurs faire oublier qu'ils sont la variable d'ajustement.