La Tribune

Présentéisme : l'autre visage (inquiétant) de l'absentéisme

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Sophie Péters  |   -  755  mots
Faut-il se réjouir du recul de l'absentéisme relevé par l'étude du cabinet Alma Consulting Group ? Ces bons scores traduisent en filigrane un phénomène apparu depuis quelques années qui inquiètent les psychologues du travail : le présentéisme ou "démission intérieure".

Présent mais...totalement absent. Voilà le paradoxe que traduit le présentéisme. Envers de l'absentéisme, il illustre à bas bruit souvent une situation de « burn out » ou de démission intérieure. Le salarié est présent physiquement mais psychiquement absent. Certains s'efforcent même de donner l'impression qu'ils travaillent alors qu'en réalité ils en font le moins possible. Une présence qui traduit plus un désengagement qu'une réelle motivation. Le taux d'absentéisme n'est donc plus un indicateur très fiable de la motivation des troupes en ces temps chahutés. D'ailleurs, la barre des 3 millions de chômeurs franchit depuis quelques jours risque fort d'amplifier ce phénomène. Crainte de perdre son emploi, angoisse de la précarité, difficulté à boucler les fins de mois, pression galopante au bureau, fermeture de sites, fusions et restructurations, tout concourt aujourd'hui à considérer son travail plus pour sa feuille de paye que pour une satisfaction personnelle. Et l'on craint désormais plus de se faire remarquer par son absence et de perdre le fil de l'information interne qui permettra en cas de coup dur de se repositionner. En clair : perdre du terrain. D'autant que nombre de consultants en ressources humaines conseillent aujourd'hui aux salariés de soigner leur « visibilité ».

Facteur de risque pour la santé au travail

D'où la sonnette d'alarme tirée par les médecins du travail qui voient dans le présentéisme un facteur de risque pour la santé des salariés. Travailler même quand on ne se sent pas bien ou qu'on est très fatigué, au bout du rouleau, ce n'est en effet pas sans risques. Au même titre qu'un sportif de haut niveau peut se retrouver sur le banc de touche pour avoir trop forcé, un salarié qui dépasse trop ses limites verra ses symptômes s'aggraver. Sans compter qu'il y a une forte adéquation entre l'état psychologique d'une personne et son état physiologique : une personne souffrant de fatigue émotionnelle aura une santé plus fragile. Enfin le présentéisme a un effet non négligeable sur la productivité : n'étant pas au mieux de leur forme ceux qui jouent la carte du présentéisme ne sont guère rentables. Mieux vaut donc qu'un salarié s'absente deux jours pour se reposer que six mois pour dépression, fait valoir le corps médical. Des études américaines ont ainsi montré que le présentéisme peut coûter cher aux organisations : on impute environ 60% des coûts du stress au présentéisme et 40% à l'absentéisme. En Europe le présentéisme coûterait en moyenne 20 milliards d'euros par an. Et une enquête de l'Université de Fribourg estime à près de 15% le taux d'employés en « démission intérieure ». Une moyenne plus faible dans les PME mais supérieure dans les administrations, les banques, et les compagnies d'assurance.


Mal typiquement français

La France reste encore la championne toute catégorie de ce phénomène. En Allemagne, en Suisse ou aux Etats-Unis, celui qui reste au bureau tard le soir est soupçonné de surfer sur Internet ou au pire d'être très mal organisé. A l'inverse, chez nous, celui qui part à 18 heures se verra apostrophé en blaguant d'un « bon week end ». Contredisant la croyance patronale qui voudrait qu'au moindre petit bobo un salarié s'absente, une étude menée au Canada par la chaire en gestion de la santé et de la sécurité au travail de l'Université de Laval a d'ailleurs montré que le présentéisme se nourrissait essentiellement à la source de la loyauté et du professionnalisme: ne pas laisser tomber les collègues, assurer sa charge de travail. L'étude souligne ainsi que la plupart se présente au travail même lorsque leur santé est défaillante. Quand on sait combien le sens de l'honneur et du travail bien fait dominent largement les affects des salariés français, on comprend aussi mieux pourquoi le présentéisme marque des points dans l'Hexagone. Ceux-ci attendront que leur productivité s'érode pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois, avant de se retrouver contraints et forcés à prendre...un congé maladie. Si l'on s'en tient au bon vieil adage "mieux vaut prévenir que guérir", diminuer l'absentéisme comme le présentéisme reviendrait donc à améliorer l'hygiène de travail, son organisation et son ambiance. La clef restant la qualité des relations, des réunions d'équipe et de la gestion.

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Commentaires

luce_phi  a écrit le 14/04/2014 à 11:05 :

Bonjour,

@PetersvanDeinse

Je me documente actuellement sur l’absentéisme et le présentéisme au travail et trouve votre article intéressant. Pourriez vous me détailler votre méthode de chiffrage du cout du présentéisme et vos sources?

Bien cordialement

poupou  a écrit le 25/10/2012 à 13:46 :

super l'esclavage moderne

La solution est en nous  a écrit le 07/09/2012 à 17:34 :

Une petite chanson dédicacée pour tous les patrons-voyous :

http://www.dailymotion.com/video/x1cov9_les-patrons-les-sales-majestes_fun

Soluce  a répondu le 16/09/2012 à 16:47:

Il y a aussi la chanson pour les salariés-voyous (syndicalistes, fainéants et autres parasites).

Akazed  a répondu le 18/09/2012 à 12:01:

Ah je la connais pas celle là, c'est pas Sardou qui l'a écrite ?

calmerou  a écrit le 06/09/2012 à 19:43 :

Je connais une personne qui présente tous les symptômes du présentéisme décrit dans cet article. Cette personne occupe la fonction de president de la republique. il est present mais totalement absent de sa fonction.

Symptômes-à-tic  a répondu le 06/09/2012 à 19:58:

Vu l'état dans lequel le précédent a laissé le pays (aidé évidemment par une crise prévisible, provoquée par les schémas de pensée dans lesquels notre ex-président s'inscrit), il y a de quoi être dépressif, d'autant plus quand certains n'ont d'autres réponses à la crise qu'encore plus de pression sur les travailleurs et la population. Le présentéisme est finalement un dernier sursaut d'humanité et de bon sens avant de sombrer dans le règne de l'optimisation et de l'aliénation... Donc c'est pas mal un président qui souffrirait de présentéisme, non? (néanmoins, je doute qu'il en souffre réellement...)

mouais  a écrit le 06/09/2012 à 17:09 :

à premiere vue pas tres scientifique tout ça mais assez drole parfois: " Mieux vaut donc qu'un salarié s'absente deux jours pour se reposer que six mois pour dépression", "le sens de l'honneur et du travail bien fait dominent largement les affects des salariés français",...
et puis la conclusion elle meme qui cite l'adage:" mieux vaut prévenir que guérir" n'est pas toujours vrai( l'exces de prévention peut aussi etre préjudiciable)

Faut pas s'étonner non plus  a écrit le 06/09/2012 à 14:28 :

Bonjour, Faut pas non plus s'étonner, les relations inter salariés en font aussi pour beaucoup.
par exemple, je suis intérimaire, je me suis défoncé pour mon travail parce qu'on m'avait fait miroiter un CDI si tout se passait bien.
Conclusion, je suis toujours en intérim, je n'ai plus du tout envie de m'intégrer, déjà que ce n'était pas simple car s'intégrer ne dépend pas que de soi..

Conclusion, je fais mon travail, mes heures et basta. Maintenant, j'attends la fin de cette mission ou un CDI pour partir plus vite.

Cordialement.

MOMA  a écrit le 06/09/2012 à 12:04 :

La peur, c'est une arme très efficace pour gagner des élections, pour obtenir des résultats, pour surexploiter des ressources même humaines, et pour?. Bref, quand on agit en solo en sera une proie très facile et quand on s?organise en équipe les dégâts seront moins que proportionnels.
Les investisseurs cherchent à gagner plus et travailler moins en vous faire travailler plus et gagner moins. Et si vous faites la concurrence à vos ex-patrons en créant des entreprises ou travaillant en freelance, il réfléchira mille fois avant de te mettre à la porte.
L?emploi est devenu trop cher de telle façon que l?employeur aura la boulle chaque fin de mois.
L?état perçoit trop d?argent sur le gagne-pain des employés et les remettre d?une manière indirect aux entreprises.
ci-dessus, sont variables majeurs pour l?heure actuelle pour une seule équation qui a besoin d?être résolu sachant que l?état a besoin beaucoup plus d?argent, l?employeur veut gagner beaucoup plus d?argent, l?employé a besoin de beaucoup plus d?argent pour s?entretenir et entretenir sa famille.
Seule les hommes de politique qui tentent de résoudre cette équation parce qu?ils sont des cons, alors que les mathématiciens vont vous dire tout de suite c?est une équation absurde et la solution est stérile et elle mène nulle part.

tranquille  a écrit le 06/09/2012 à 9:51 :

oui surtout l'entreprise ISS-FRANCE la reîne du harcèlement des handicapés

elo  a écrit le 06/09/2012 à 9:29 :

surtout si les conditions de travail (harcèlement notamment) n'étaient pas devenues monnaie courante, il n'y aurait pas tant de pb. En France, on n'a pas compris qu'il faut motiver les employés et les encourager de quelques manières que ce soit -le salaire- et non pas sanctionner. Le pays de la sanction !!!!!!

lezodiak  a répondu le 06/09/2012 à 12:52:

vous avez tout compris!...

@elo  a répondu le 06/09/2012 à 19:54:

Je suis patron, le harcèlement moral est la seule solution dont nous disposions pour mettre fin a un CDI. C'est terrible mais le système créer par les socialistes est tellement bloqué que l'on en est là....

@@elo  a répondu le 06/09/2012 à 20:13:

Ah!... ça au moins, c'est honnête. Les méchants socialistes qui imposent des méchants CDI (???) qui bloquent les gentils patrons et actionnaires. En 2012, après pas mal de siècles d'évolution, notre horizon de développement et de progrès se résume donc à "harceler pour survivre"! Remarquez, c'est en accord avec la médiocrité axiologique du "travailler plus pour gagner plus". Bon, je sens que je vais faire une crise de présentéisme demain matin: ce message m'a complètement démotivé... Au fait, je n'ai rien contre la "flexisécurité" mais comme l'avait répondu le ministre du travail Danois à notre ex-cité de président il y a quelques années (alors que celui-ci prenait le Danemark en exemple), la fléxisécurité repose non seulement sur une flexibilité au niveau des contrats mais aussi sur un encadrement beaucoup plus important, serein et chaleureux des chômeurs (augmentation des primes, non stigmatisation de ceux-ci, arrêter que les patrons les prennent pour des esclaves,...). Bref, ça exige un dialogue entre les différents partenaires sociaux, ce qui n'était pas le fort de notre ex (il préférait harceler lui aussi) et apparemment pas le vôtre non plus.

Kathleen  a répondu le 07/09/2012 à 16:24:

Faut pas tout confondre non plus.
Je suis salariée, et non pas patron, mais se voir être obligé de garder qqn en CDI parce qu'il est totalement incompétent ou qu'il génère une sale ambiance (il y en a bien plus que ce qu'on croit), vous trouvez ça normal, vous ?

Jul  a écrit le 05/09/2012 à 23:24 :

J'hallucine de voir ce genre d'article ...... ce qui est surtout typiquement français, c'est la contradiction!! Quand y a trop d'absentéisme ça va pas et maintenant quand il y a trop de "présentéisme" ça va pas non plus ! Pour moi et ça n'engage que moi, ce présentéisme est seulement dû à la peur de perdre son emploi et uniquement cela, rien d'autre. Il fallait y penser avant ! On en serait pas là si tous les salariés s'investissaient dans leur travail et ne tombaient pas dans le socialisme, voir même le communisme ! N'oubliez pas une chose, la société vous fait vivre, et pour que la société vive, il faut bosser ! ça va dans les 2 sens !

Délire collectif  a répondu le 06/09/2012 à 0:04:

"la société vous fait vivre, et pour que la société vive, il faut bosser" Vous connaissez surement l'adage "il faut manger pour vivre et non vivre pour manger"? La société nous fait vivre effectivement et nous la faisons vivre en retour par notre travail mais par contre, là où le bât blesse, c'est quand on pense que notre vie entière doit être consacrée à ce travail. N'hallucinez donc pas trop: de la même façon qu'un estomac trop rempli finit par éclater, cet article montre juste que l'être humain a aussi des limites physiques et psychiques malgré les doctrines qu'on nous assène actuellement. Moi, j'hallucine tous les jours quand j'entends qu'une personne s'est tuée à la tâche, s'est suicidée ou est hospitalisée à cause des son travail. Donc, hallucinons ensemble: le monde sera peut-être plus coloré...

Cyrille  a répondu le 06/09/2012 à 8:08:

Excellente réponse ! ;-)

normande  a répondu le 06/09/2012 à 10:47:

"On en serait pas là si tous les salariés s'investissaient dans leur travail et ne tombaient pas dans le socialisme, voir même le communisme ! "
De suite les grands mots, 10% de chômeurs et nous voilà revenus sous l'URSS.
A Jul: Comment un(e) salarié(e) qui travaille 30h par semaine, parce qu'on ne lui propose rien d'autre, et gagne 900? mensuel et donc n'arrive pas à finir ses fins de mois, peut s'investir dans son travail?
Comment une jeune diplômée bac+5 qui bosse comme femme de ménage, faute de mieux, peut elle se s'investir dans son travail?
Comment un employé victime de harcèlement moral, parce qu'un un employé qui démissionne c'est tellement plus facile que de faire un licenciement économique, peut il s'investir dans son travail?
Comment un chômeur qui ne trouve pas de travail au bout de 10 mois, car tous ses entretiens sont négatifs, peut il vouloir s'investir dans un travail qu'il n'a même pas?
Alors avant de mettre sur le dos des salariés tous les maux de la société, posons nous la question: pourquoi les salariés ne s'investissent ils pas ou plus dans leur travail?
Alors oui, "pour que la société vive, il faut bosser !" Mais dans ce cas là, que la société donne du boulot à tous! Car ce n'est pas avec 10% de chomage que l'on va faire vivre la société. Et ce n'est pas la peine de dire la crise, la crise. Chaque année, sortent de nos écoles, de nos universités, des jeunes compétents formés pour développer la France à l'étranger. Si on embauchait ces jeunes pour nous décrocher des marchés à l'export, il y aurait de l'emploi. Si tous les ingénieurs qui sortent de l'école on les employait pour faire de l'innovation, de la recherche et développement, l'économie irait mieux. Au lieu de ça, on les envois pointer à Pole Emploi.

fab  a écrit le 05/09/2012 à 15:15 :

La clé est principalement l'encadrement qui laisse franchement à désirer en France. Beaucoup des managers viennent de formation d'ingénieur qui ne forme en aucun cas à l'encadrement, la motivation d'une équipe ou le contact humain qui sont clé dans ces postes. Il faut reconnaître qu'en moyenne les pays anglo-saxons font mieux que nous et ont toujours une belle avance sur nous.

Fred  a répondu le 06/09/2012 à 12:30:

Ah non, pour y travailler en ce moment (Londres), je peux vous dire que non non, pas du tout. Le libéralisme à outrance et le travail jusqu'à l'épuisement, tout cela sous pression de patrons qui considèrent une semaine de 70 heures "normale", c'est cela, la réalité des pays Anglo-saxons. Il n'y a pas d'encadrement, pas de Prud'hommes, l'Etat est là pour soutenir les entreprises, pas les employés. Seul avantage? On peut prendre un congé maladie pour dépression sans passer par le médecin en Angleterre.

matt  a répondu le 07/09/2012 à 8:59:

Fab, vous dites n'importe quoi,la plupart des managers en france sont issus d'écoles de commerce ou de formations universitaires en gestion/finance/management, pas d'écoles d'ingénieur.

D'ailleurs, si vous aviez suivi un cursus d'ingénieur, vous sauriez que oui, les ingénieurs sont aussi formés au management et à l'encadrement.

Ensuite la plupart des ingénieurs ne souhaitent pas manager et continuer dans la technique mais le problème c'est qu'en France spécifiquement, les ingénieurs sont sous-payés et considérés comme des sous-cadres, ce qui peut en pousser une partie à devenir manger s'ils veulent progresser d'un point de vue salarial.

pemmore  a écrit le 05/09/2012 à 15:00 :

Rencontré souvent dans les boîtes des gens qui gérés par une hiérarchie rétrograde ou avide de garder des avantages durement acquis, se contenter de faire strictement ce qu'on leur demande mais pas une once de plus.
Ca tombe bien à priori il ne s'agit que 'd'exécutants.
Genre tiens ce truc grince on attend la casse ,le pc de contrôle qualité ne démarre plus et plante sans arrèt alors on ne contrôle pas, tiens la série de pièces à un défaut c'est pas mon problême ,j'emballe!
Puis les mêmes personnes de week-end pilotés seulement par un gars de la maintenance dynamiques,drôles ,sympathiques complêtement impliqués dans le travail ,n'hésitant pas à aider les autres et donner les astuces du moment.
Et souvent j'ai été amené à rencontrer les mêmes gens très limites au boulot chez-eux et y découvrir une créativité folle qui donne beaucoup à réfléchir.

Et pourquoi ?  a écrit le 05/09/2012 à 12:57 :

A aucun moment l'article ne se pose la question de la cause de la "démission intérieure". Dommage, il y a dans la réponse d'énormes gisements de productivité et de créativité. A l'heure où l'innovation est la clé de la création de valeur, c'est se priver bêtement de richesses.

réaliste  a écrit le 05/09/2012 à 12:22 :

typique de la perversion depressive intellectuelle des pays riches:tout indice qui s'ameliore doit traduire une mauvaise chose sous jacente. Non que les symptomes rapportés n'existent pas ponctuellement, mais de là à généraliser, on sent l'idéologie qui suinte.
Rappelons que la majeure partie du monde ne se pose pas se genre de question, elle survit ou s'enrichit sans avoir ni le droit ni le temps au nombrilisme.

Hyper-réaliste  a répondu le 05/09/2012 à 20:43:

Et donc? Vous proposez la survie comme modèle de société?
"tout indice qui s'ameliore doit traduire une mauvaise chose sous jacente": ça s'appelle de la complexité (cf E. Morin ou F. Varela) et non de l'idéologie. L'idéologie, c'est croire que notre monde est simpliste et "résumable" à quelques règles pas trop compliqués, suivant un schéma toujours linéaire. L'idéologie, c'est aussi penser que la réalité se borne à cette limite conceptuelle naïve.
Notons qu'en suivant votre remarque, pas mal de penseurs, depuis notamment Socrate, seraient des pervers dépressifs intellectuels, puisque Socrate lui-même incitait toujours à re-construire ce qui venait d'être construit.
Enfin, l'idéologie, la plus profonde, c'est croire que notre monde ne peut dépasser la situation dans laquelle nous sommes. C'est cette idéologie, auto-réalisatrice, qui est finalement la plus simpliste mais aussi la plus néfaste.

@Hyper  a répondu le 05/09/2012 à 22:37:

D'un autre point de vue, la complexité du monde n'excuse pas les fainéants de rester à glander.

@@Hyper  a répondu le 05/09/2012 à 23:56:

Je ne crois pas que l'article parle de "fainéants" qui restent "à glander" mais plutôt de l'inverse. La complexité du monde est effectivement complexe: il n'y pas d'un côté des fainéants, assistés qui détruisent la France et de l'autre des travailleurs-qui-se-lèvent-tôt qui construisent la France. C'est à force de tout réduire à des caricatures que le monde devient invivable, pas l'inverse!

ton87a12  a écrit le 05/09/2012 à 11:08 :

Élémentaire Dr Watson!
On n'a pas envie de travailler mais on ne veut pas non plus perdre son salaire et encore moins son travail surtout en période actuelle. Les psychologues et les psychanalystes ne servent absolument à rien , du moins en ce qui me concerne. Tout le monde n'est pas forcément d'accord avec moi et en particulier les intéressés.

réaliste  a répondu le 06/09/2012 à 9:45:

Je n'ai absolument pas contesté que la réalité soit complexe ni que le cas decrit ne soit une réalité, , je continue de penser néanmoins que c'est un epiphenomene et que si les gens sont moins absents , c'est qu'ils sont moins malades (ou qu'ils tirent moins sur la corde qu'ils sentent fragile). Cela devrait nous rejouir, au lieu de chercher un motif pour le deplorer, c'est là qu'on sent poindre l'idéologie sous-jacente.

Hyper-réaliste  a répondu le 06/09/2012 à 12:01:

Le plus simple est de taper "présentéisme" ou "démission intérieure" dans Google Scholar par exemple. Là, vous aurez l'occasion de trouver un grand nombre de travaux d'universitaires, basés sur des statistiques, des études de cas et des revues de littératures argumentant que le problème décrit dans l'article est réel. Il ne s'agit réellement pas d'un épiphénomène. J'en profite d'ailleurs pour répondre aussi à ton87a12: ce qui rend aussi le monde invivable, c'est de penser que notre croyance-pour-nous-même, ce que nous pensons être vrai, ce que nous "découpons" de la complexité du monde est une vérité absolue et indépassable. Quand de nouveaux éléments nous sont présentés, deux attitudes sont possibles: soit les confronter à ses propres croyances en partant du principe que celles-ci restent valables même avec de nouvelles informations, soit se renseigner (cf Google Scholar par exemple) et progressivement se remettre en question si besoin. Le traitement de la complexité implique la seconde attitude: ça s'appelle un "feed-back" (mot bien choisi) en théorie des systèmes. A force d'ignorer les feed-back, on ne fait que retarder le moment où la réalité complexe sonnera un rappel à l'ordre tonitruant, par exemple sous la forme d'un suicide (si on continue dans le sens de l'article), dont on jugera qu'on n'en connait pas la cause... C'est plus simple de faire comme cela mais pas très réaliste. Nier ces feed-backs, cela est de l'idéologie en tout cas.

réaliste  a répondu le 06/09/2012 à 16:53:

autrement dit: ce que je crois moi est vrai, ce que croit les autres, c'est parce-qu'ils sont mal renseignés ou idiots et ils seront durement rappelés a l'ordre par la réalité. Cet argument fallacieux peut vous être retourné à l'identique, il n'existe aucune statistique fiable pour quantifier le phénomène dont personne n'a nié l'existence. La depression nerveuse et le passage à l'acte ou suicide sont des phenomènes psychiatrique bien au delà de ce dont il s'agit-ici, si c'était proportionnel au mal être, la moitié du tiers monde serait déjà suicidé.

Hyper-réaliste  a répondu le 06/09/2012 à 17:41:

Etes-vous au moins allé regarder quelques articles sur le sujet? Juste quelques uns pour le plaisir: "Le présentéisme. Lorsque la présence n´est pas garante de la performance" de Gosselin et Lauzier (2011, Revue Française de Gestion). "La dépression et les
problèmes au travail" (qui parle beaucoup du présentéisme) de Gilmour et Patten (2007, Rapports sur la santé pour le Canada). "Sick but yet at work. An empirical study of sickness presenteeism" de Aronsson, Gustafsson et Dallner (2000, Journal of Epidemiology Community Health). Etc... Juste pour montrer que ce problème n'est pas récent, bien documenté et largement étayé par des statistiques (contrairement à ce que vous voulez croire). "la moitié du tiers monde serait déjà suicidé": non, car justement, afin de ne pas choisir comme solution l'autolyse, tous les organismes vivants ont préféré des techniques adaptatives visant à se défendre contre un environnement agressif sans pour autant disparaître. La dépression ou le délire sont de tels mécanismes pour l'être humain. Je vous laisse regarder le chiffre de dépressions, décompensations et autres troubles psychiques dus au travail dans le monde entier (cf OMS par exemple) pour vous rendre compte de la réalité et de la complexité du phénomène. Ce que je disais dans mes précédentes interventions, c'est que la complexité ne peut être approchée que par une remise en question et une recherche de ce qui se dit, s'écrit. Or cette approche multidimensionnelle et dynamique est à l'opposé de la constitution classique du savoir: par exemple, il est très rare qu'un manager accepte de modifier ses décisions parce qu'un employé lui aurait fait découvrir une série d'articles de recherche sur un sujet donné. Cette façon de concevoir la connaissance permet d'un côté de prendre des décisions beaucoup plus rapidement mais d'un autre, freine toute adaptation à de nouvelles informations, même décisives (cf la rationnalité de H. Simon).

gnarf  a écrit le 05/09/2012 à 7:57 :

C'est aussi un comportement que l'on developpe a l'ecole francaise. En effet les journees y sont tres (trop) longues, et les cours souvent magistraux (peu de participation des eleves).
Je me rappelle avoir passe des centaines d'heures "ailleurs" dans ma tete.

@gnarf  a répondu le 05/09/2012 à 22:38:

Oui, il y a plein de mômes qui vont "voyager" dans leur tête pendant les cours de moraline du minustre Peillon.

@@gnarf  a répondu le 06/09/2012 à 0:28:

Remarquez, moi j'ai essayé de voyager dans ma tête les cinq dernières années pendant les cours de pralines des sinistres de Sarkozy. A chacun son tour. Et puis, peut-être que si ces minus-tres avaient goûté un peu de moraline à l'école ou chez eux, ils auraient été moins amateurs de pralines.

diamant  a répondu le 06/09/2012 à 12:12:

certes vous étes tous en farnce venez vivre en RD Congo et vous ne vous plaindrez plus ,je ne dis pas que les uns et autres ont tors .mais franchement quand on suit les news de france avec vos gréves incessantes venez voir si nos gouvernement ici se préoccupe des besoins du peuple

carbone  a répondu le 06/09/2012 à 12:47:

La RDC comme "benchmark" de politiques publiques, c'est intéressant comme proposition... Pour nier des problèmes, le plus simple est effectivement de prendre les pire exemples, de les instituer comme références, puis d'expliquer qu'on n'a pas à se plaindre, que les problèmes initiaux n'en sont pas. Vous seriez-pas manager pour une grosse multinationale ou politicien conservateur? Je suggère dans le même ordre d'idée de considérer les populations du Sahel en ce qui concerne la gestion de l'eau, les boat people, pour penser les politiques touristiques et la prostitution des mineurs pour réfléchir à l'Education Nationale.

frelate  a répondu le 06/09/2012 à 13:06:

En tous cas les sociétés sont composées d'un grand nombre de "presenteiste ": physiquement la, mais moralement absent ou jmenfoutiste ,c'est ce dont on parle surtout dans cet article .
Ces guerriers de la glandouille se débrouille pour arriver tôt le matin ou rester tard le soir !
parfois même les deux d'ailleurs !..
Ils font semblant de s'agiter avec vigueur et conviction au moment ou il le faut et devant un patron malheureusement ça marche dans 90% des cas !!...
Ce sont les plus inefficaces et les plus nuisibles..

hors-sujet  a répondu le 06/09/2012 à 13:45:

Je ne sais pas si vous savez lire mais cet article traite d'un réel problème psycho-social et non de "glandeurs" ou "jmenfoutiste" ... La réalité ne se conforme pas forcément à vos croyances, je vous assure!

@HS  a répondu le 16/09/2012 à 16:49:

L'expérience montre que ceux qui ont des problèmes psycho-sociaux sont d'abord des glandeurs qui vivent mal leur glande.

@@HS  a répondu le 17/09/2012 à 17:59:

@@HS. "L'expérience montre que ceux qui ont des problèmes psycho-sociaux sont d'abord des glandeurs qui vivent mal leur glande." De quelle expérience parlez-vous? Vous avez mené une expérimentation détaillée? Mis en place un protocole de recherche? Recoupé ces informations avec la littérature existante? L'expérience montre que ceux qui parlent d'expériences qui montrent quelque chose feraient peut-être de mieux se renseigner avec des arguments qui dépassent la simple anecdote non analysée. Encore une fois, des chercheurs ont beau se "décarcasser" pour décortiquer la complexité de la réalité quitte à ne pas plaire à tout le monde, il y aura toujours une personne pour croire que sa croyance personnelle est supérieure à ce travail. Comment arriver à avancer dans ce contexte. Il ne s'agit pas de ne pas partager son témoignage mais plutôt d'accepter de nouvelles informations. Ainsi, cet article ne parle VRAIMENT pas de "glandeurs" et les problèmes psycho-sociaux n'ont VRAIMENT rien à voir avec ces mêmes "glandeurs". Si vous êtes persuadé d'avoir raison, cf Google Scholar.