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Sophie Péters | 18/10/2012, 09:55 - 616 mots
L'Hexagone aime les paradoxes. Chaque année depuis dix ans le sondage réalisé dans le cadre de l'opération «J'aime ma boîte» vient rappeler que les salariés aiment leur entreprise. Sans pour autant aimer l'Entreprise avec un grand «E». Il suffit d'un pronom possessif pour faire ici toute la différence. D'un côté les salariés restent attachés à un collectif et à la marque pour laquelle ils travaillent, de l'autre ils sont fâchés avec ce que véhicule la financiarisation de l'économie et la multiplication des procédures et des contraintes qui leur ont fait perdre, pour certains, le goût de leur métier.
Mais en cette période de crise, sans doute aime-t-on plus que jamais «sa boîte». «Les salariés se disent qu'il fait bon chez soi. Pour beaucoup l'ennemi est à l'extérieur. D'ailleurs peu de cadres envisagent de changer de job en ce moment», souligne Sophie de Menthon, présidente du mouvement Ethic et à l'origine de cette initiative depuis dix ans.
Pour preuve, le sondage réalisé par l'institut Opinion Way révèle que 4 salariés sur 6 déclarent aimer leur boîte. Ce qu'ils aiment? Pour les deux tiers d'entre eux, leurs collègues pardi! Ainsi ne croyons plus que seul l'intérêt du travail entre en ligne de compte. Non, aimer sa boîte, c'est aussi et surtout aimer les gens avec lesquels on partage ce quotidien. «Le lien social est indépendant de l'intérêt que les salariés trouvent à leur travail. L'entreprise est devenue un repère, une sorte de seconde famille, surtout dans les villes où il y a une concentration de célibataires et de familles monoparentales», souligne Sophie de Menthon. Crise oblige, il a bien fallu faire une croix sur les augmentations de salaires et les progressions hiérarchiques. Résultat: on plébiscite l'amitié entre collègues et l'ambiance au travail. Ce qui la détériore? Dans l'ordre, la pression hiérarchique, des collègues qui jouent «perso», le manque de temps et d'autonomie. A contrario, ce qui rend les salariés heureux? Le respect de leur travail, un «bon» patron, les succès de l'entreprise et enfin....le confort des locaux.
Pour beaucoup le principal réseau amical est au bureau. «On demande à l'entreprise autant qu'à son couple», en conclut la dirigeante. Avec l'attente et la charge émotionnelle qui vont avec. Bigre! C'est là que les ennuis commencent... car qui dit relation affective, dit risque de relation trop fusionnelle et... désillusions, tensions et agressivité. Attention au burn out, dû à un trop fort engagement et à des attentes excessives. Sophie de Menthon va même jusqu'à voir dans les suicides sur le lieu de travail, le témoignage d'une relation passionnelle, comme un message laissé aux plus proches, en l'occurrence les collègues. Alors aimer sa boîte, pourquoi pas, mais comment? L'aimer pour l'intérêt de ce qu'on y fait protège d'un trop grand investissement affectif. A contrario, n'en faire qu'un lieu froid et désincarné sous couvert de se protéger, empêche une confrontation riche et salutaire avec ses collègues. Car comme dans l'amour, les relations au travail sont des jeux de miroirs qui nous en apprennent autant sur les autres que sur nous-mêmes. Le maître mot: conserver un sain recul. Ne pas céder à l'impulsivité -comme dans la scène conjugale- provoquée par l'impuissance et la frustration de ne pas être en mesure de tout résoudre. Si Michel Sapin a souligné au micro de France Inter que les rapports de force étaient inévitables dans l'entreprise, faites la part des choses entre ce qui vient de vous et sur lequel vous pouvez agir, et sur ce qui vient des autres ou de l'extérieur, et pour lequel vous ne pouvez rien. Regardez loin... pour ne pas être confronté à un échec immédiat ou un problème sans solution. Et s'il vous plait, ne prenez pas votre entreprise pour votre conjoint(e)!
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lolita a écrit le 19/10/2012 à 10:51 :
La légèreté des propos rapportés de M Sapin est inquiétante. Croyez bien que les personnes ayant craqué au boulot ont essayé de faire la part des choses entre ce qui dépend d'elles ou pas. La perversion de certains managers réside justement dans le fait de faire pression en faisant croire à ces personnes et à leur entourage professionnel qu'elles sont responsables de ce qui ne dépend précisément pas d'elles. D'où le désarroi, la dépression.... face au rejet de la responsabilité managériale sur les subordonnés. N'importe qui, sain d'esprit, peut se faire avoir à ce jeu pervers!
docker cgt de marseille a écrit le 18/10/2012 à 12:10 :
j'aime ma boite:pas trop de présence,pas trop de boulot,un bon salaire
imprimeur a répondu le 18/10/2012 à 15:15:
je vous comprends