La Tribune

Et si on partageait le pouvoir dans l'entreprise?

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Sophie Péters  |   -  2059  mots
Le malaise qui grandit dans le monde du travail sonne le glas du management, voire du modèle d'organisation pyramidale. A l'heure où la mobilisation des salariés est en souffrance, certains patrons ont fait le pari de laisser plus de liberté à leur personnel. Le meilleur moyen selon eux de rester compétitifs. Vu de loin, de très loin, on pourrait croire au monde des bisousnours. Ou à une énième élucubration managériale dont les consultants auraient le secret. Mais de management point. Il est question de s'en libérer. Visite guidée chez ces patrons «libérateurs» pour lesquels la confiance n'est pas un vain mot et qui engrangent aujourd'hui des résultats financiers insolents.

Des dîners entre copains jusqu'aux débats les plus prestigieux, comme ce week-end à la Cité de la Réussite à Paris, en passant par des notes de conjonctures sociale et autres sondages, le constat est identique: ça ne peut plus continuer comme ça! Qu'est-ce qui ne peut plus continuer? Le manque d'autonomie, de dialogue, de partage, de responsabilités en un mot de "liberté" dont souffrent les salariés aujourd'hui. "Dans un groupe où la structure n'est pas toute puissante, il est possible d'accorder une plus large place au partage d'expérience et à l'échange. On manage alors autre chose que du temps de travail. Les entreprises les plus innovantes sont celles qui incitent leurs acteurs, à tous les niveaux à échanger et à s'écouter mutuellement. Et là tout le monde se sent responsable!", a martelé Pascal Picq, le célèbre paléoanthropologue qui intervenait à la Cité de la Réussite sur "l'économie du partage". Isaac Getz, professeur à ESCP Europe et auteur de "Liberté&Cie, quand la liberté des salariés fait le bonheur des entreprises", a lui aussi esquissé le partage des pouvoirs dans l'entreprise comme solution à la crise... mieux, comme levier de performance. C'est là que les dirigeants commencent à être attentifs, puisque la crise a l'immense mérite de mettre les "sachants" au même niveau ou presque que les "ignorants".
Pendant quatre ans, Getz se passionne pour ces entreprises qui ne connaissent pas la crise et où les salariés coulent une vie professionnelle épanouie. Au terme de son enquête, il cherche à démontrer que la liberté donne de meilleurs résultats que le caporalisme:  "l'exercice d'un contrôle autoritaire s'accompagne d'une multitude de coûts cachés qui ne pèsent pas seulement sur les bénéfices mais sur la santé des employés (...) La grave erreur des bureaucrates est de s'imaginer que, parce qu'une chose s'appelle règle, elle est préférable à un arrangement moins formel. D'autant que la plupart de ces règles ne se bornent pas à saper le moral des salariés: elles empêchent la grande majorité d'entre eux de faire ce qui conviendrait".

Considérer les salariés comme des adultes responsables

Qu'elles s'appellent Chronoflex à Nantes, Favi à Hallencourt en Picardie, Poult à Montauban, ou encore Lippi à Mouthiers-sur-Boëme en Poitou-Charente ou Usocome à Haguenau, elles tendent à considérer leurs salariés comme des adultes responsables et non comme de bons petits soldats... à l'instar de leurs modèles: des géants mondiaux comme Harley-Davidson, Sun Hydraulics, ou encore W.L.Gore et Southwest Airlines. La plupart n'ont pas de parking réservé à la direction, ni de bureaux plus spacieux pour les cadres. Certaines ne regroupent pas leurs collaborateurs par service... mais par client. Beaucoup ne dispose plus d'une pointeuse. La plupart autorisent les salariés à fixer leurs propres emploi du temps et certaines n'ont plus aucuns managers, ni titres, ni grades. Les salariés choisissent leurs leaders, définissent eux-mêmes la description de leurs postes. Qu'est-ce qui unit ces entreprises performantes aux retours sur investissement élevés et au taux de rotation des salariés excessivement bas? La considération et le respect qu'elles donnent à leurs salariés. "Ici on les écoute au lieu de leur dire quoi faire. On leur transmet toutes les informations sur la marche de l'entreprise leur permettant de prendre collectivement les meilleures décisions. On encourage la prise de risque sans avoir recours aux carottes et aux bâtons", résume Jean-François Zobrist, l'ancien patron de Favi, devenu leader mondial en fonderie sous-pression d'alliage cuivreux.

Lâcher la bride

Entré chez Favi en 1971, Zobrist constate qu'il n'y a "pas de performance sans bonheur", et "pas de bonheur sans responsabilité". Il décide de lâcher la bride à ses ouvriers en supprimant les échelons hiérarchiques. Ces derniers s'organisent en "mini-usines" dédiées à chaque client. Le "leader" de chaque mini-usine, ancien ouvrier expérimenté n'impose aucune directives à son équipe sans en expliquer l'origine, le "pourquoi". Il les laisse en revanche libres du "comment", chacun trouvant alors des améliorations. Libres aussi des cadences, qui, du coup, s'envolent sous le coup de leurs nouvelles responsabilités. Tous ceux qui rencontrent un problème et qui ont une solution l'appliquent. Pas besoin d'en parler avant pour demander l'autorisation, ni après pour obtenir des remerciements. Le leader n'a dans cette organisation que des fonctions d'assistance. Et ça marche comme ça depuis déjà plus de dix ans, Favi ayant évité la crise des équipementiers automobiles avec un cash flow positif à deux chiffres et des parts de marché en Europe passées de 50 à 70% en 2009. Quant à Jean-François Zobrist, il est devenu une "figure" et raconte sa démarche au sein des réseaux APM et Germe, sortes de pépinières des patrons libérateurs, avec des formules digne d'Audiard: "il y a le même taux d'imbéciles chez les ouvriers que chez les ingénieurs, mais les seconds coûtent plus chers"; "les chefs de services s'ennuient, alors ils passent leur temps à emm...les ouvriers"; "RH pour moi c'est rendre heureux et pour ça, pas besoin d'un DRH".

Seul avantage concurrentiel: la façon d'organiser le management

Carlos Verkaeren, PDG des biscuiteries Poult (230 millions de CA, 1700 personnes dont 800 en France) depuis dix ans, en est persuadé: "les RH ne s'occupent que de la surface des choses. En enquêtant auprès des multinationales plus résilientes que les autres, je suis arrivé à la conclusion que le seul avantage concurrentiel, c'est la façon d'organiser le management". En 2006 il arrête pendant deux jours l'usine de Montauban et réunit les 800 salariés pour travailler sur leur vision de l'entreprise. Ils déterminent alors eux-mêmes leur organisation (planning, ligne de production, congés, etc.) et suppriment deux échelons hiérarchiques. "Depuis l'usine fonctionne avec une productivité accrue et le résultat opérationnel a doublé en deux ans", constate Carlos Verkaeren, pour qui le secret d'une bonne organisation consiste à faire coïncider l'intérêt des salariés et celui de l'entreprise. Chez Poult, ni titres, ni organigramme mais juste des communautés d'expertise et un comité de pilotage pour étudier les rémunérations et les recrutements. Au final, un management à la scandinave, où on privilégie les moyens sur les objectifs, et où la liberté se paye par la responsabilité et un engagement collectif. "L'entreprise n'est pas rose tous les jours mais les salariés sont plus heureux car ils sont très investis", convient le président qui avoue avoir lui-même dû "lâcher prise" non sans difficulté et laisser les salariés décider.

La liberté au travail ce n'est ni la hiérarchie ni l'anarchie. Juste un environnement.

"Lâcher prise"? C'est la clef de ces transformations menée par ces patrons. En supprimant toute surveillance au profit de l'auto-organisation du personnel, ils ont décuplés la motivation au prix d'un intense effort sur leur rapport au pouvoir. A l'instar d'Alexandre Gérard, le fondateur de Chronoflex. En 2009, très inquiet de la baisse d'un tiers de l'activité, il croise le chemin de Zobrist et Getz, et ressort convaincu que le salut de l'entreprise passe par son changement...à lui! En quelques mois, il "nettoie" tous les signes de pouvoir (plus de parking, ni de grand bureau, ni de titre ronflant), histoire de commencer par créer un langage commun. Puis, il réunit le personnel et laisse émerger les solutions. Des sortes d'universités permanentes se mettent en place, chacun formant son voisin sur ce qu'il sait faire, afin de monter en compétences tous les collaborateurs. Les primes sont décidées collectivement et partagées par le groupe. Le management intermédiaire n'existe plus. Il sert de "ressource" à la façon des porteurs d'eau. "Il n'est pas question de dire "faites ce que vous voulez", ni même "faites ce qui vous paraît le mieux", car sans orientation tout le monde se mettra à faire ce qu'il estime le plus utile pour l'entreprise, quitte à être en contradiction avec la vision. Pire encore, les gens risquent de se mettre à agir dans leur propre intérêt et non dans celui de la société. La liberté au travail ce n'est ni la hiérarchie ni l'anarchie. Juste un environnement au sein duquel les salariés se motivent tout seuls", explique Alexandre Gérard. Aux "managers" de comprendre ce qui entrave le fonctionnement et d'y remédier pour que les salariés puissent s'auto-diriger. Poussant la logique de libération de son entreprise à l'extrême, il vient de partir pendant un an faire le tour du monde en famille. Et s'est préparé avec son coach en revisitant ses croyances. A commencer par celle qui voudrait "qu'il se saigne au boulot pour que tout marche bien". "Le premier frein, c'est moi, reconnaît Alexandre Gérard. J'ai compris la différence entre "avoir le pouvoir de faire les choses" et le "pouvoir sur"."

Chemin long et exigeant et nouvel apprentissage du quotidien

La nuance est bien là. Pour Isaac Getz, "tant que le siège de la décision est occupée, les managers obéissent sans trop réfléchir. Quand il est vide, le terrain le remplit. Si on laisse aux salariés le pouvoir de résoudre un problème ils trouvent la solution eux-mêmes. Sinon ils appliquent...mais sans conviction". Ce chantre de la libération compare les entreprises au chêne et au roseau de La Fontaine. Les chênes, adeptes du commandement et du contrôle souffrent aujourd'hui du vent de la crise quand les roseaux acquis à l'initiative individuelle s'adaptent.
Pour qui veut s'atteler à cette nouvelle forme d'organisation du travail, il ne s'agit pas de supprimer des échelons hiérarchiques et de troquer un 4x4 contre une 2CV, ni de lâcher la bride et de dire en substance aux équipes "débrouillez-vous". Le chemin est long, exigeant et semé de chausse-trappes. A commencer par la résistance et la méfiance de salariés habitués à "obéir" et à appliquer des procédures. Quand ce n'est pas le patron qui se voit soupçonné de délit de démagogie. "Il est très délicat de s'interdire de décider quand tout le personnel estime que l'on détient la solution. Et dès que le patron relâche l'emprise d'autres tentent de s'en emparer. Le plus difficile c'est la phase de transition. Tout le monde continue à venir voir le patron. Mon premier problème c'est la tentation de résoudre", admet Frédéric Lippi. Fabricant de grillages et de clôtures, la PME familiale (260 personnes, 40 millions d'euros de CA) qu'il reprend peu à peu avec son frère Julien est engagée dans la démarche. "Nous créons les conditions pour que les choses se fassent. Quand il y a un problème de compétence c'est qu'il n'y a pas les bonnes informations. Ce qui est questionné aujourd'hui c'est la masse d'encadrant qui plombe la masse salariale et pour qui la réussite d'une carrière c'est d'accéder à un poste de contrôle. Le temps où il fallait structurer pour soutenir la croissance est révolu. En période de crise, l'auto-organisation coûte moins cher et rapporte plus à tous points de vue", estime Frédéric Lippi. "Ceux qui n'aiment pas manager pensent que l'autonomie c'est plus facile. C'est tout l'inverse, renchérit Michel Long, dirigeant de Mecabor. N'importe qui peut faire appliquer des ordres venus d'en haut. Mais faire preuve de clairvoyance, d'attention de chaque instant et de souplesse n'est pas donné à tout le monde. C'est un nouvel apprentissage quotidien". Un exercice qui revient pour beaucoup de leaders à "sauter en parachute". Tous admettent avoir dû vivre une forme de "vulnérabilité" en donnant leur confiance à leurs salariés.

Au final, l'agilité d'une entreprise est déterminée par son leadership: "pour atteindre la performance forte et durable qu'ils visaient, ces patrons ont renoncé à agir sur l'homme (à le contrôler, le motiver, le manager) et préféré agir sur son environnement pour que ce dernier le nourrisse", résume Isaac Getz. Mais avec deux cartes maîtresses, la transparence et la confiance, et dans un jeu qui implique les salariés, leur inspirant une auto-motivation qu'aucun chèque ne produira jamais.
 

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Commentaires

Guy VENY  a écrit le 12/06/2013 à 12:11 :

Le partage du pouvoir est très certainement la voie. Le partage du pouvoir au sein des pays par l'implantation de la démocratie n'a pas ou n'est plus considéré comme une avancée du communisme ou du socialisme. C'est aujourd'hui une nécessité ! De même au sein des entreprises, le pouvoir de décision devra être partagé entre les représentants du capital et les représentants des forces de travail. L'un ne peut exister que par l'autre et inversement. Cela va devenir une nécessité. Certaines organisation ont déjà fait le pas avec plus ou moins de réussite et parfois même des échecs. Mais on apprend de ses échecs !
Il y a t-il un bon moyen ? Un chemin idéal ? Rien n'est moins sur. A chaque entreprise a trouver sa voie. Ce qui est réellement important et à tenir à l'oeil, c'est qu'aujourd'hui il est essentiel pour une organisation d'être souple, réactive, créative, innovante. Ce n'est possible que s'il existe une intelligence collective à disposition de la hiérarchie et que les décisions prises soient soutenues par les hommes du terrain. A quoi sert de prendre une décision si celle-ci met 3 mois avant d'être mise en oeuvre avec en plus de multiples freins pour être installée ? La plupart des personnes au sein d'une organisation sont plus intelligentes et expertes dans leur domaine ou un domaine que son supérieur. Sans tenir compte de leurs avis dans la prise de décision, cela devient du non-sens !
La créativité ne peut s'installer que s'il y a écoute et confiance. Ce ne sont pourtant pas des thèmes que l'on apprend dans les hautes études commerciales, en économie ou dans les MBA. Force est de constater que tant au niveau de la hiérarchie qu'au niveau des personnes, chacun souffrent abondamment d'un handicap en capacité relationnelle. L'enseignement (et les parents) nous apprend à être les meilleurs, les premiers et des antivaleurs comme l'excellence à tout prix devient une valeur fondamentale justifiant des comportements qui sont loin d'être des plus éthique !
Cet environnement où tant d'ego sont surdimensionnés n'est pas propice à la collaboration et au partage du pouvoir. Mais la contrainte crée l'exigence et à un moment, soit on change son fusil d'épaule, soit on coule.
Pour en venir au syndicat, j'ai un grand respect pour ces institutions. Cependant, les syndicats jouent encore le rôle d'un syndicalisme de revendication sans doute nécessaire en temps de croissance mais totalement inadéquat en temps de crise. Le rôle de feedback qu'ils devraient remplir pour réguler le fonctionnement de l'entreprise est oublié depuis longtemps et finalement, le syndicat en devient une organisation comme une autre avec ses excès. Les commentaires ci-dessous en parle assez bien et fait miroiter une réalité bien présente. Il y a des exceptions, bien sur mais mon expérience va également en ce sens.
Le partage du pouvoir est donc loin d'être facile surtout si le dirigeant a toujours fonctionné autocratiquement. A la moindre difficulté, nous avons tendance à revenir dans nos zones de confort.
Le partage du pouvoir, c'est une question de nécessité, certes, mais c'est aussi une question de croyance et de soutien inconditionnel de la part de la hiérarchie.
Le partage du pouvoir, c'est un apprentissage à quelque chose de totalement différent auquel peu de monde est préparé. Cela demande du temps, de l'accompagnement, beaucoup de remises en question, des développements personnels, une amélioration drastique des capacité relationnelles, un apprentissage du recadrage, l'abandon d'une partie de son ego, le développement des sens des responsabilités, ...
Et cela se fait dans la souffrance (personnelle).
Le partage du pouvoir n'est pas facile mais qu'apporte t-il en plus de la souplesse, de la réactivité ? Tout d'abord de la clarté en matière stratégique, en matière de projet d'entreprise ce qui libère une capacité de délégation pour la hiérarchie. Cela permet aussi aux dirigeants d'être plus serein car le dirigeant participe à la décision et n'est pas seul. Il peut ainsi d'avantage soigner ses relations avec son personnel et mieux les connaître car partager le pouvoir passe par "apprendre à se taire et écouter". Cela va permettre au dirigeant de diminuer drastiquement le temps en réunion et le temps consacré aux conflits de personnes. Que du bonheur pour le chef d'entreprise !
De plus, prendre une décision collectivement cimente le groupe et permet de créer les conditions nécessaires à l'émergence de l'esprit d'équipe : Ce quelque chose qui permet à des hommes ordinaires de faire des choses extraordinaires !

Pierre  a écrit le 12/11/2012 à 18:00 :

Pour avoir travaillé pour l'une de ces entreprises, la réalité n'est pas conforme à ce qui est écrit sauf sur un point : "En période de crise, l'auto-organisation coûte moins cher". Nous sommes 85% du comité de direction à en avoir fait l'amère expérience. Je constate également que sans règlement des conflits sociaux en amont (salaires gelés plusieurs années, manque de reconnaissance, direction générale se baladant dans les usines avec chaque jour une montre différente valant une dizaine de smic, absence récurrente de participation - ), il arrive que ceux qui prennent leurs nouvelles fonctions, demandent autre chose que de l'autonomie : une rémunération plus appropriée. Ce que je vois dans ce système ressemble comme deux gouttes d'eau à une délocalisation sociale sans perspective d'évolution pour ceux qui aspirent à une vie meilleure.

Laurent  a écrit le 12/11/2012 à 1:25 :

Merci pour cette article.

Je suis assez frappé de voir les réactions qui comparent vite ces idées à des idées communistes ou socialistes.
Il ne s'agit pas de ça.

Il s'agit de trouver le moyen optimal pour faire avancer l'entreprise sans créer une bureaucratie et privilégier la prise d'initiative des salariés. Les grands pays "capitalistes" comme les USA ou le Royaume Uni fonctionne déjà de cette façon... rien dans ces idées n'est communistes.. Il ne s'agit pas d'anarchie, ni de kolkoz !

C'est stratégique dans le sens où c'est à mes yeux la seul façon de déclencher l'innovation et par conséquent la croissance future de l'entreprise.

Pour préciser ma pensée, j'ose vous renvoyer sur mon blog, et particulièrement deux billets qui détaillent mes idées sur la question :
http://laurent.hausermann.org/archive/2011/02/21/etre-agile-ou-mourir-ou-l-agilite-vue-comme-une-valeur-d-ent.html
http://laurent.hausermann.org/archive/2012/08/25/management-de-l-innovation-ou-comment-la-declencher.html

Merci encore de sensibiliser l'opinion à ses idées.

Laurent

Marc  a écrit le 04/11/2012 à 17:38 :

Tout est dit!
Derriere çette synthese saisissante, on espere etre enfin liberes de comportements manageriaux herites des struçtures du XIXeme siecle

Tomibiker  a écrit le 22/10/2012 à 18:48 :

Tiens cela ne vous rappelle rien en 1917 ? le comité du peuple organe suprême des soviets, c'est vrai que les Français non seulement n'ont jamais aimé les capitalistes mais sont des communistes que le pays coule !

Pemmore  a écrit le 22/10/2012 à 18:08 :

Je partage entièrement cette analyse ,ayant travaillé des années de week-end ou la seule personne faisant office de cadre c'était le technicien de maintenance ,moi ou mon copain de l'autre équipe ,tout s'enchaînait dans l'ordre des capacités de chacun ,aucun abruti de contremaître venant mettre le foutoir ,nous produisions en moyenne plus que les gens de semaine avec moins de rebuts et moins de défauts(c'était de toute façon notre challenge personnel comme une équipe sportive) et tout ça dans le bonne humeur et une franche rigolade à l'occasion.
Et si quelqu'un avait un problême sur une machine au lieu de se dire chouette une heure de pause tout le monde venait aider pour que ça redémarre au plus vite.

Luquet  a répondu le 12/11/2012 à 21:51:

Bravo

Déni de réalité  a écrit le 22/10/2012 à 15:57 :

Je suis (d'une manière latente) à la recherche d'un emploi et d'une participation aux capitaux (ainsi aux risques) et en retour, au pouvoir d'une entreprise qui le proposerait. Si je voulais continuer à travailler dans l'industrie, (et ne pas me résoudre à proposer des services) impossible pour moi de me mettre à mon compte, car l'investissement en machine /main-d'oeuvre serait inabordable. Le monde du travail est en déni. Une forme de déni a été nommé "présentéisme". Un grave problème. L'autre problème : le "patron" dans le sens traditionnel des entreprises familiales (ou même plus grande) qui ne souhaite pas ou ne peut pas partager le pouvoir. Il y les 2 angles à voir.
Cette problèmatique de manque de partage de pouvoir et de responsabilité est particulièrement présente dans la société française. Les problèmes de légitimités président, premier ministre, gouvernement, quinquennat: la confusion et désorganisation politique est actuellement instructive. Le partage de pouvoir entre la fonction publique et le privé: pourquoi, il y a t'il autant de concentration de pouvoir dans la fonction publique par rapport au secteur privé? Quid la bonne vielle "décentralisation"? La représentation syndicale dans les entreprises? Outre-rhin, les syndicats font parties de la direction (des grandes entreprises) et sont dotés d'immenses pouvoirs (et miracle, de reponsabilités). La société française est désorganisée. Quelle déni de penser que l'innovation se décrete, se ferait à travers des coups de maîtres, que l'excellence se trouve à travers l'arrosage arbritaire de moyens financiers et par la facilité de financement des PME. L'innovation est aussi et avant tout dans l'organisation; Organisation de la société au niveau politique et économique. Qu'en je pense à certains jeunes qui souhaiterait travailler pour une entreprise comme "Apple", je pense aussi qu'il faudra leurs dire un jour qu'il n'y aura pas d'Apple français de sitôt. Arrêtons de rêver, de faire rêver et partageons (et oui encore partager!) plûtot le monde du travail avec les jeunes, ce qui ne se fait également pas ou trop peu. Article intéressant.

yvan  a écrit le 22/10/2012 à 15:15 :

"qu'aucun chèque ne produira jamais. " Comme ça, au moins, on identifie le but...

yvan  a écrit le 22/10/2012 à 13:35 :

Savent plus quoi inventer et on les comprend : les temps sont durs. Sinon, revalorisation salariale doit rester en dehors du champs, je suppose..?? ;-)

descartes  a écrit le 22/10/2012 à 13:14 :

"Et si on partageait le pouvoir dans l'entreprise? "
Pas la peine!, les syndicalistes sont à la manoeuvre, enfin pour ce qui reste d'entreprises.

yvan  a répondu le 22/10/2012 à 13:33:

Aïe aïe aïe... Soyez réaliste : les syndicats n'ont quasiment plus aucun pouvoir. A moins que vous ne connaissiez pas le monde de l'entreprise, évidemment. Et si vous avez une dent contre les syndicats par le bout de la lorgnette des entreprises privées en grève, donnez-moi 1) le pourcentage réel, 2) ce qui pousse les salariés à faire grève. Et vous verrez que les syndicats sont le dernier du dernier recours. En fait, ils se font mousser juste grâce au désespoir des salariés. Petit, comme manoeuvre.

descartes  a répondu le 22/10/2012 à 14:24:

@yvan
Mon pauvre ami!, j'ai travaillé pendant 42 ans dans des unités de production, et je peux vous parler en connaissance de cause de ce cancer que sont les syndicats!.
J'ai même pris des coups pour ne pas avoir voulu rejoindre les rangs des manifestants!.
En ce qui concerne les chiffres, (ceux là doivent suffire), ils représentent à peine 6% des salariés en France!, heureusement que leurs complices au gouvernements octroient de généreuses subventions à ces "partenaires sociaux", car il y a belle lurette que ces saboteurs auraient disparus!.
Si les entreprises qui étaient autrefois installées en France ont fui l'hexagone, c'est en grande partie à cause des entraves que représentent ces fameux syndicats, une législation du travail contraigante et racketteurs professionnels que sont les pouvoirs publics!.

papy pomme  a répondu le 22/10/2012 à 14:29:

J'ai eu comme collègue de travail des syndicalistes, et je peux vous certifier que ce n'était pas les plus productifs, loin s'en faut.
Leur leitmotiv toujours le même: le patron nous exploite!, jamais, je n'ai entendu de la bouche d'un syndicaliste, un mot une phrase positive qui pouvait faire avancer l'entreprise dans le bons sens.

yvan  a répondu le 22/10/2012 à 15:13:

Descartes. Mon pauvre ami. Je suis même allé jusqu'à fournir la convention collective à des représentants du Personnel. Et je ne vous parle même pas de ma présence illégale lors de rencontre entre syndicats et patronat. Et c'est bien là que je les ai vu laminés ou manipulés de façon complètement honteuse. Et donc, je le ré-écris : un syndicat n'a de poids QUE lorsque les salariés n'ont plus que le recours à la grève. Sinon, ils sont quantité négligeable.

boss  a répondu le 22/10/2012 à 15:58:

@papy pomme
Ben on a pas du travailler aux meme entreprises. Moi au cours de ma carrière j'ai connu aussi des delegues syndicaux capables de remetttre sur les rails des salariés trop souvent "malade" par exemple. Par contre j'ai connu beaucoup de salariés qui se vantaient de ne jamais participer à un conflit tout en beneficiant des avancees obtenus. Tout comme des salariés meprisant avec leurs delegues jusqu'au jour ou ils en avaient besoin.
@Descartes
Posez vous la question ? Quel est le veritable cancer de la societe ? Votre commentaire devrait vous aider à trouver la reponse : la betise ...
@Yvan
Tout à fait en accord avec vos propos. Je me suis retrouve dans des situations similaires. De toute facon le syndicalisme est en train de mourir. Trop de contrats precaires, de chomage surtout, Trop de liberalisme, d'individualisme....

lyon69  a écrit le 22/10/2012 à 12:55 :

Partager le pouvoir : pourquoi pas !! ... mais aussi les risques ! Donc des contreparties que doivent accepter les salariés. D'une part, risque financier sur une partie de leur rémunération (comme tout décideur dans l'entreprise) et pas de garantie de l'emploi (donc licenciements facilités) en cas de difficulté, puisqu'ils seront co-responsable des difficultés de l'entreprise !! Chiche ?... ça a l'air moins miraculeux, vu comme ça ! En tout cas, je suis sur que la CGT voudra le pouvoir SANS les responsabilités !!!
Etre adulte, c'est aussi savoir qu'on a rien sans rien !

IledeFrance  a répondu le 22/10/2012 à 15:04:

Tout à fait d'accord sur le principe de partage des risques également, et RAUS les mauvais, dirigeants ou autres. Concernant les syndicats, les entreprises ont les syndicats qu'elles méritent...

tartanpion  a répondu le 22/10/2012 à 18:36:

@lyon69 : je pense que vous n'avez pas compris la démarche indiquée dans l'article. L'objet n'est pas vraiment de partager le pouvoir mais d'installer un environnement favorisant la délégation et la responsabilisation. En dernier ressort, le patron ou le manager doit arbitrer. Ainsi, dans mon entreprise de 9 personnes, je n'interviens quasiment jamais sauf pour gérer les "gros" problèmes. En revanche j'ai tout délégué à mes salariés et chacun d'entre eux est responsable du bon fonctionnement de l'entreprise et des améliorations. Je me contente de donner les ambitions, la stratégie et les objectifs de la société, j'y associe des moyens et après, mes employés se débrouillent. La perte de pouvoir exprimé vient plus d'une perte de compréhension du fonctionnement de l'entreprise, il s'agit donc d'accepter de faire confiance. En revanche la prise de risque est assumée par moi (et donc les gains et les pertes associées). Je confirme que ce mode de fonctionnement responsabilise un max les gens mais n'est possible que si on a des salariés motivés, ambitieux et pas tire au flan. Mon problème est que j'ai trop de compétences en interne et je suis obligé de faire grossir ma boite pour créer des opportunités d'évolution en interne ... Bref des bons problèmes. Je confirme également que mes salariés (ceux qui ont connu d'autres boites) préfèrent travailler chez moi même moins bien rémunéré ... hé oui, la reconnaissance "morale" du travail bien fait est aussi importante que la reconnaissance financière (n'en déplaise à certains)

Luc  a répondu le 13/11/2012 à 17:08:

@Lyon69 Pourquoi votre personnel est-il moins bien rémunéré que chez d'autres ? Le système ne garantit il pas quelques avancées en terme de résultat ? :)