La Tribune

La montée d'une « terrifiante solidarité négative » nous menace

Hannah Arendt (1906-1975),  philosophe allemande naturalisée américaine, devenue célèbre pour ses analyses sur la politique, le totalitarisme et la modernité. Copyright jewishvirtuallibrary.org.
Hannah Arendt (1906-1975), philosophe allemande naturalisée américaine, devenue célèbre pour ses analyses sur la politique, le totalitarisme et la modernité. Copyright jewishvirtuallibrary.org.
Sophie Péters  |   -  849  mots
Alors que le mariage gay déchaîne les passions françaises, que les salariés sont presque autant inquiets que les chômeurs, il est urgent de se (re)plonger dans l'oeuvre d'Hannah Arendt à l'occasion de la sortie cette semaine sur grand écran du film de Margarethe von Trotta qui lui est consacré. En 1958, la philosophe allemande pointait du doigt la crise économique, la surproduction de capital et l'apparition d'argent « superflu », une « terrifiante solidarité négative » qui transforme les classes sociales en « une masse informe d'individus furieux » aisément manipulables. Nous y sommes.

"Ce que nous avons devant nous, c'est la perspective d'une société de travailleurs sans travail, c'est à dire privés de la seule activité qui leur reste. On ne peut rien imaginer de pire", écrivait Hannah Arendt dans "La condition de l'homme moderne" en 1958. Prophétiques, ces propos, tenus à une époque où le sens du travail ne posait pas encore un tel problème, laissent imaginer la modernité de l'oeuvre d'Hannah Arendt. Une raison suffisante pour se (re)plonger dans l'oeuvre de cette philosophe allemande ayant fuit le nazisme en France puis aux Etats-Unis, que la sortie du film de Margarethe von Trotta le 24 avril, rend nécessaire. "Hannah Arendt" éclaire un épisode précis de la carrière de la philosophe, la « banalité du mal », évoquée par elle lors du procès du criminel de guerre nazi Adolf Eichmann, à Jérusalem, en 1961. Elle y dénonce la stupidité bureaucratique débouchant sur l'obéissance consentante, qui relève selon elle, d'un vide de pensée. Et imaginera, à juste titre, le règne de la bureaucratie comme type futur de tout gouvernement.

Des actes dénués de pensée

La pensée d'Arendt est donc moderne à double titre. Sur le plan politique, elle donne à voir notre récente actualité (affaire Cahuzac, manifestation contre le mariage pour tous, patrimoine des ministres, etc.) pour ce qu'elle est, c'est-à-dire des actes dénués de pensée. Si la pensée n'est pas une garantie de bonté, nous dit Arendt, l'activité pensante - conçue comme pluralité, c'est à dire dialogue, écart de soi à soi qui vise une réconciliation - reste le seul fondement de la conscience morale. Pour cette philosophe, qui a laissé une ?uvre majeure sur les « origines du totalitarisme », sortie de l'ombre en France dans les années 1970, le pouvoir est l'expression d'une initiative à plusieurs et non pas l'exercice d'une domination.

En cherchant à expliquer une période tragique, Arendt a désigné le totalitarisme comme un régime politique apparu à l'ère moderne, prenant assise dans le sentiment d'une perte d'appartenance au monde, que la philosophe appelle désolation. Un déracinement produit, selon elle, par l'effondrement de la société de classes et de ses fonctions sociales qui prive les hommes d'un monde référent commun et laisse la place à l'idéologie, seule forme de pensée qui subsiste après la perte du vivre ensemble.

Or comme le dénonce sur son blog du Huffington Post, Jean-François Kahn, les diverses manifestations du week end dernier "prennent une tournure de plus en plus subrepticement terroriste : il ne s'agit plus de faire entendre une voix, mais d'interdire l'expression des autres voix. La demande de débat se transforme en interdiction systématique du débat. Ce qui se voulait contestation démocratique se retourne hystériquement contre la démocratie, vire au coup de force permanent. On joue ostensiblement à la guerre civile, on laisse entendre que "le sang va couler". On n'hésite pas à traiter l'adversaire de "nazi", alors même que l'on retrouve le ton et les méthodes des ligues fascisantes des années 30." De quoi effectivement tenir Hannah Arendt en vigile de nos dérapages actuel.

"Professeur de théorie politique"

Mais celle qui préférait qu'on la nomme "professeur de théorie politique" a su aussi pointer du doigt la crise économique, la surproduction de capital et l'apparition d'argent « superflu », une « terrifiante solidarité négative » qui transforme les classes sociales en « une masse informe d'individus furieux », aisément manipulables. Hannah Arendt est donc une penseuse de la crise au sens de ce qui nous préoccupe aujourd'hui : la destruction des valeurs à l'oeuvre dans la société moderne qui confond privé et public, c'est-à-dire ordre économique de la production et ordre politique de l'action. Ceci par un phénomène de confusion des différentes modalités de l'activité humaine (le travail, l'oeuvre et l'action).

"Pour elle, chaque personne, dès qu'elle arrive dans ce monde, possède la possibilité de conquérir sa liberté et d'agir. Hannah s'oppose ainsi aux thèses de Marx. Pour elle, l'homme dispose d'une autonomie en tant qu'être pensant et son indépendance, à l'égard des choses telles qu'elles sont ou telles qu'elles sont advenues, constitue l'essence même de sa liberté", écrit Laure Adler dans la biographie qu'elle lui a consacré en 2005, "Dans les pas d'Hannah Arendt" parue chez Gallimard.

"A quoi croire ? Non pas à soi, mais à nous. A la possibilité de vivre ensemble dans un esprit de communauté. A la citoyenneté morale. A l'idée de raison. A cette liberté à laquelle nous sommes condamnés, que nous le voulions ou non. Hannah, en bonne heideggérienne, savait que vivre, c'est savoir mourir", écrit encore Laure Adler. Attention donc aux déçus et désespérés de tous ordre, nous dit en substance Hannah Arendt. Sa pensée nous exhorte à soigner l'amertume personnelle pour défendre l'intérêt commun. A s'attacher à réfléchir à notre propre destin et exercer notre devoir de liberté. Salutaire par les temps qui courent...

 

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Commentaires

Mamiachat  a écrit le 21/10/2013 à 19:15 :

OH ...PUNAISE,elle avait raison et on y est!

voilier75  a écrit le 19/05/2013 à 13:48 :

Article inepte. Démagogie digne de la propagande stalinienne.

La journaliste Sophie Péters ferait bien de retourner sur les bancs de l'école. Avec la suppression de l'épreuve de culture générale à Sciences Po, sans doute aura-t-elle une chance d'être admise.

Quant à la direction du journal La Tribune, si elle souhaite conserver ses lecteurs, qu'elle s'avise de virer Sophie Péters. La Tribune mérite mieux.

pemmore  a écrit le 06/05/2013 à 14:08 :

Le vivre ensemble?, c'est vrai que cette valeur était normale jusque vers 1960, puis a commencée à se rogner avec l'arrivée des pieds-noirs et s'effondrer complètement en ville après 1968 ou on est passés au "vivre pour moi tout seul".
Il y a quelques petits restes en province intéressants comme le festival des vieilles charrues à Carhaix , ça reste plus ou moins limité aux régions très chrétiennes.
On le voit bien avec le très décevant référendum Alsacien, j'avais jusque la supposé que c'étaient des gens biens, capables de surmonter des petites dissensions.
On le verra quand se fera le référendum du retour en Bretagne de la Loire Atlantique.
Quand on voit que Ayrault, Mélanchon, le pen sont sont contre, gagner ce référendum montrera l'exemple d'humanité des ligériens ou son absence.
Le référendum Alsacien est le pire signal jamais vu depuis 1968 aux Français, ça montre notre incapacité a rebondir face à l'Europe et au monde.
Si celui de loire atlantique rate , on pourra dire vive le tiers-monde.

yvan  a écrit le 05/05/2013 à 20:02 :

Encore une "philosophe" qui a oublié de lire Machiavel. Mais, La Tribune, ce n'est pas une raison pour nous intoxiquer avec un semblant de restant d'américane drim... Qui meure de sa belle mort, amen. Par contre, très bien de laisser s'infiltrer la pensée "économique" autrichienne. A force, comme la pub, ça "pourrait" marcher. Mais un doute m'habite...

Joseph  a écrit le 05/05/2013 à 14:45 :

Les sociétés hétérogènes et multiculturelles sont beaucoup moins solidaires que les sociétés traditionnelles et homogènes car il y a moins d'identification à l'autre . Ce n'est pas pour rien que les ultralibéraux promeuvent l'immigration et l'éclatement des solidarités traditionnelles.

Mycki  a écrit le 01/05/2013 à 15:38 :

D'accord avec Phidias : contresens total de Sophie Péters !
Et l'on voit bien que le projet d'inculquer à nos chères "têtes blondes" une morale "laïque" (qui n'a en fait qu'un but : leur apprendre à obéir !) va à l'encontre de la nécessaire liberté de conscience à laquelle il conviendrait de les éveiller, afin d'espérer un jour échapper à TOUS les totalitarismes.
Descendre librement dans la rue pour manifester son opposition à un projet de loi n'a rien à voir avec, par exemple, les manifestions de liesse "spontanées" des foules en délire de la Corée du Nord.

phidias  a écrit le 28/04/2013 à 11:20 :

Il est à craindre que Sophie Peters fasse un lourd contresens en invoquant la pensée de Annah Arendt pour défendre en clair obscure la position du pouvoir dans cette petite affaire du mariage pour les gay, dans la mesure où c'est le pouvoir qui détermine la réaction de la rue, du moins au début de la confrontation, et ou en l'espèce celui-ci a fait preuve d'un autisme sinon coupable, du moins provocateur. A la menace à peine voilée du retour du totalitarisme évoqué dans les propos de Jean François Kahn, on répondra que le totalitarisme est avant tout affaire d'Etat, et que la position d'un gouvernement raidi dans ses certitudes partisanes, n'est pas en reste pour justifier l'appellation de dérive totalitaire. Aussi bien voit-on dans ces deux cas tiré de l'article lui-même que l'instrumentalisation de la pensée d'un philosophe ne peut se réduire au rapprochement des bords de la pensée où s'expriment le flux et reflux des contraires. La réalité des intentions se mesure à leur empreinte dans le temps, et si la foule a un ressenti, elle n?a que l?instant de son existence pour l?exprimer, elle a donc une humeur (hubris) mais pas une intention élaborée et déployée dans le temps. (ira furor brevis est). Telle n?est pas la position d?un gouvernement pour qui l?instant inscrit ses buts dans la durée pour affirmer ses intentions. C?est pourquoi l?invocation du totalitarisme d?une foule revient à philosopher sur les pensées d?un canard sans tête. On pourra évoquer la pensée d?Annah Arendt mais préférablement à l?occasion de bien d?autres totalitarismes que ceux de l?éthique de la conviction.

bnard  a écrit le 27/04/2013 à 13:37 :

Oui Hannah Arendt est une grande dame. Mais il est mal venu de l'invoquer pour prétendre que les opposants au Mariage pour tous sont dénués de pensée et entravent la liberté de parole et d'action dans l'espace public, qui fait la vie précisément, pour Hannah Arendt, de la politique, et que le totalitarisme empêche. Ce qui m'a frappé aussi dans la mise en place de la loi du "Mariage et de l'adoption pour tous", c'est la surdité de ceux qui y sont favorables aux arguments, variés, sensés de leurs opposants, comme si être contre c'était être nécessairement homophobe, de droite, voire d'extrême droite. Il y a comme une pensée dominante allant de soi, et qui ne se remet pas en question. On a surtout mis en avant parmi les opposants, surtout ces dernières semaines, les éléments les plus radicaux, susceptibles d'être accusés légitimement d'homophobie, on n'a guère entendu les homosexuels qui étaient contre, les juristes, les professionnels de l'enfance, etc. et parmi eux beaucoup ne se sentent nullement à droite. Bref, j'ai été frappé par l'autisme des défenseurs de la loi, contribuant à une exaspération des opposants. Oui, la vie politique suppose la pluralité - comme le disait H. Arendt -, et non l'homogénéité d'une pensée dominante sûre d'elle-même, sûre d'aller dans le vent du progrès... Je ne pas sûr que la loi qui favorise à terme la légalisation de la Pma et de la Gpa aille dans le sens d'un progrès. J'ai l'impression qu'elle contribue un peu plus à la déshumanisation de la société amenée autant par le nazisme, le communisme que par l'hyperbéralisme et l"individualisme (en matière de désirs et de droits) qui le caractérise - cet individualisme dont H. Arendt disait qu'il était le meilleur terreau qui soit pour l'émergence des totalitarismes.

20/20  a répondu le 27/04/2013 à 14:55:

''Il y a comme une pensée dominante allant de soi, et qui ne se remet pas en question'' -> 20/20. la sourde oreille, moi je, j'ai raison, t'as tort, je t'ecoute pas comme t'as tort tes arguments sont nuls.

iota368  a répondu le 27/04/2013 à 17:40:

@bnard: belle réponse que voilà et certainement digne d'éloges pour certains. Toutefois s'il est vrai que Arendt invoque un point important lorsqu'elle se réfère à la multiplicité de la pensée et à la nécessité de l'espace public où cette multiplicité doit avoir son "carré vert" d'expression, il faudrait toutefois ne pas mélanger les choses. Tout d'abord utiliser ceci pour argumenter en faveur de vos croyances contre le mariage pour tous me paraît un peu léger, voire déplacé. En effet, on parle de pensée ou de croyance? Car l'article fait bien référence à la pensée. La croyance est néfaste, on le sait, mais on croit toujours que c'est la croyance de l'autre qui est néfaste et pas la sienne. Comme je dis souvent à mes étudiants: "il ne faut pas croire, il faut savoir". De fait, la croyance ne mènera jamais à la connaissance, tandis que la connaissance, si elle mène un jour à la croyance, ce sera au moins une conséquence de la pensée. Mettre dans un même texte une croyance forte (que vous avez évidemment tout le droit d'avoir, bien entendu) et des termes extrêmes (communisme, nazisme et autres) sent un peu la manip' à deux sous (inconsciente peut-être, tout existe). On s'étale sur la moitié avec des arguments faibles et des croyances sous-jacentes très fortes tout en se victimisant au mieux et on accroche le public avec des termes qui font encore frissonner. C'est quelque peu simpliste pour qui met des lunettes. Maintenant, votre option de croyance se voit renforcée par ces mêmes termes excessifs, mais démontre une très grande faiblesse: celle que vous prétendez combattre. En effet, le communisme, l'"hyperlibéralisme" comme vous le nommez, sont avant tout des philosophies économiques et non des politiques totalitaires. Si vous aviez mis "stalinisme", on aurait mieux compris, car, comme dans le nazisme, la philosophie n'est plus seulement économique, ni même politique, puisqu'elles fomente la haine de l'autre, des autres, mais ce n'est pas ce que vous avez fait, ou alors vous ne saviez pas, mais j'en doute... Quant à la médiatisation des revendications minoritaires, on peut en discuter 50 pages, cela aura toujours des effets détestables pour certains, et il y aura certainement quelque chose de vrai car dans tout il y a des exagérations, mais il faut tout-de-même se rappeler que c'est grâce à cela que certaines pensées et certaines luttes, comme le féminisme, voire les luttes sociales qui ont permis à nos pays d'avoir aujourd'hui encore une certaine sérénité de vie, proviennent justement de cette médiatisation. Je participe de la très fameuse phrase de Voltaire, bien évidemment, la tolérance n'en demande pas moins, mais il faut faire attention à ce que l'on dit sans savoir, car ce sont les croyances qui mènent aux totalitarismes, pas la connaissance, et là, Arendt a été et est toujours un grand maître qui nous le rappelle sans cesse. Pour en terminer, restons sur votre terrain. Il est curieux que l'on crie de concert "laissez-les vivre" pour les animaux, mais qu'on empêche les êtres humains qui veulent vivre autrement que selon nos croyances, de pouvoir bénéficier du même avantage. Alors oui, bien sûr, c'est un droit fondamental que de s'exprimer publiquement et il faut en user, mais réfléchissons tout-de-même: les pays où ce type de minorité est encore détruit par la mort publique sont précisément des sociétés où c'est la "croyance" qui gouverne, pas le savoir. Alors, tant qu'à faire, mordez-vous la langue et soyez content qu'il y ait encore des gens qui puissent vivre différemment de nous et en paix...

bnard  a répondu le 28/04/2013 à 20:57:

Trois erreurs. 1. Je ne dis pas du tout que l'hyperlibéralisme est une politique totalitaire. Je dis que l'hyperindividualisme - ou l'individualisme comme seul moteur de la vie sociale - est un excellent terreau pour les totallitarismes (en quoi je m'inspire d'Hannah Arendt). Il y a une différence entre un terreau qui favorise l'émergence d'une réalité et cette réalité. 2. L'argument selon lequel je suis dans la croyance et non vous est très faible. Croyance contre croyance. Je me pose des questions. Il me semble que penser consiste à ne pas admettre nécessairement pour vrai ce qu'on vous dit être vrai. En effet croire c'est tenir pour vrai, sans vraiment savoir. Que savez-vous - entre autres du mariage gay et de ses conséquences - pour dire que je suis moi dans la croyance ? De quel droit prétendez-vous - au nom de quel savoir que vous posséderiez - je suis dans la croyance et non vous ? 3. Enfin vous invoquez "ce type de minorité" ? De quel type de minorité parlez-vous ? Des homosexuels. Et si j'en faisais partie. Pourquoi n'a-t-on jamais donné la parole aux homosexuels qui sont contre le mariage gay? Car beaucoup d'entre eux sont contre. Vous faites l'amalgame : être contre le mariage homosexuel et la possibilité pour un couple homosexuel de fonder une famille (pour de multiples raisons qui ont analysée par des juristes, des psychanalystes, des philosophes, des sociologues, etc. avec des arguments précis et complexes) cela veut dire pour vous être homophobe. Ce qui est tout simplement une erreur; cela ne relève même pas de la croyance, mais du préjugé. Peut-être est-il utile de discuter, de réfléchir, de confronter des arguments (mais ici il manque de place), si on veut penser, et ne justement pas s'enfermer dans des croyances

Altesco  a écrit le 25/04/2013 à 16:04 :

Bravo Sophie, superbe point Godwin !

iota368  a répondu le 27/04/2013 à 16:44:

bien tapé...

iota368  a répondu le 27/04/2013 à 17:02:

quoique... point de Gräfenberg, ça fait aussi intello... Mais il faut savoir ce que c'est, comme pour le point de Godwin... Je ne trouve pas que Sophie soit à cours d'arguments pour commencer à traiter tout le monde de nazi... Alors revoyez votre leçon et tâchez d'apprécier à sa juste un valeur un article qui est,soyons honn?tes, remarquable en son genre et certainement bien pensé...

JB38  a écrit le 25/04/2013 à 9:08 :

Si la liberté n'avait pas été confisquée depuis longtemps par les institutions, partis, religions, il n'y aurait jamais eu besoin de faire une loi. Les religions sont d'ailleurs à l'avant-garde de cette confiscation des libertés, bien servies par leurs armées d'intégristes, fanatiques de dieux père fouettards.

JB38  a écrit le 25/04/2013 à 9:08 :

Si la liberté n'avait pas été confisquée depuis longtemps par les institutions, partis, religions, il n'y aurait jamais eu besoin de faire une loi. Les religions sont d'ailleurs à l'avant-garde de cette confiscation des libertés, bien servies par leurs armées d'intégristes, fanatiques de dieux père fouettards.

bof  a écrit le 25/04/2013 à 5:36 :

titre d'un livre de Arendt" crisis of the republic" traduit en français par:" du mensonge à la violence",effectivement prémonitoire

Britannicus  a écrit le 24/04/2013 à 22:38 :

Tiens, on n'aurait donc pas tous le droit de nous "indigner" ? La pensée unique fait décidément des ravages ! Réfléchir, c'est déjà désobéir, n'est-ce pas ... Pauvre JFK.

Noblejoué  a écrit le 24/04/2013 à 21:42 :

JFK est confus mais j'ai l'impression qu'il veut dire, chose banale qui n'a pas besoin de la caution de Harenth, qu'en cas de crise on s'unit plus facilement que jamais contre des boucs émissaires.
Je dirais : pour les anti-mariage pour tous, les homosexuels, pour les partisans de cette avancée, les opposants. De toute façon, crise ou non, on adore les polémiques dans notre pays.
Mais le ciel ne va pas nous tomber sur la tête parce que les homosexuels auront l'opportunité de se marier.

mcvm  a écrit le 24/04/2013 à 21:34 :

Contrairement, ?e qu'?it JF Kahn il ne s'agit pas " d'interdire l'expression des autres voix". Mais qu'elle est cette d?cratie qui impose (sous quel pr?xte d'ailleurs?) une r?lution soci?le dont une part importante de la population ne veut pas.
Est ce qu'une d?cratie ne devrait pas rechercher une reponse qui apporte une solution aux uns et respecte les autres?
Est ce cela une d?cratie : une majorit?ui impose ?ne minorit?
Ou ne serait ce pas la recherche d'un compromis acceptable par le plus grand nombre? Et ainsi pr?rver le vivre ensemble.

grotesque  a écrit le 24/04/2013 à 19:43 :

Les propos de JF Kahn sont grotesques ! Ce n'est pas une manifestation des familles (le plus jeune manifestant avait 3 mois, la plus vieille 89 ans !) qui peut faire craindre un nouveau nazisme !! Et il n'était à tout le moins pas nécessaire d'avancer le vote de cette loi (votée à main levée au sénat !) ! Non, comme d'habitude JF Kahn traite les autres de termes qu'il ferait mieux de s'appliquer à lui-même et à sa prose haineuse.

GE92  a écrit le 24/04/2013 à 17:48 :

L'auteur fait preuve d'un certain amateurisme sur le sujet. D'une part, si Hannah Arendt a été une chercheuse et auteure remarquable et originale, elle connaissait quand même les ravages du chômage, aussi bien en Allemagne qu'en France, et c'était une époque où le sens du travail posait encore plus de problèmes qu'aujourd'hui. Il conditionnait simplement la survie de la personne (l'homme à cette époque). Le totalitarisme (marxiste ou nazi) était en plein développement, et semblait la seule voie de survie. La haine en est rapidement devenue le seul moteur. Le lien avec le mariage "pour tous" est difficile à établir. A la limite, il peut être associé à une libéralisation de la société, parallèle au libéralisme économique, qui allait contre les totalitarismes. Mais c'est une thèse de l'auteur de l'article qui demanderait à être un peu plus travaillée. N'est pas Hannah Arendt qui veut.

JB38  a répondu le 25/04/2013 à 8:13:

@ge92
En matière de totalitarisme, vous oubliez le néo-libéralisme qui contient les germes qui produiront les mêmes effets que le marxisme et le nazisme.Question de temps.

BEBERT LERIPPON  a répondu le 25/04/2013 à 9:48:

L'article fait référence à La Condition de l'Homme Moderne, ouvrage écrit par Hannah Arendt APRES le nazisme, dans une perspective autre.

Yves  a écrit le 24/04/2013 à 17:43 :

Arendt recommande la "pluralité", le "dialogue", ... "qui vise une réconciliation". Manifestement la leçon a été oubliée dans l'exemple du mariage pour tous ! Aucune réconciliation n'a été tentée, ni aucun dialogue n'a été ouvert... On se serait alors aperçu que ce que refusaient les manifestants n'était pas le mariage en tant que tel, mais l'adoption qu'on N' A PAS VOULU DISSOCIER... Voilà pourquoi cette démarche politique peut être qualifiée de CLIVANTE.

Papou  a écrit le 24/04/2013 à 17:19 :

Ils occupent bien la toile les mauvaises pensées . Quant on lit les commentaires quelques soient les articles , la pensée ecrite rapidement en commentaire sans reflexion mais simplement avec une démarche partisane n'est qu'une ouverture vers l'imbécilité qui bouffera tout ce qui ne rentre pas dans leur code .

@papou  a répondu le 24/04/2013 à 18:09:

toi tu as la bonne pensée et la vérité

Contre sens  a écrit le 24/04/2013 à 17:15 :

Si j'ai bien lu, l'auteur considère que manifester contre la morale imposée par le gouvernement et sa bureaucratie est une attitude qu'aurait condamné Hannah Arendt alors que justement cette philosophe Allemande s'indignait non seulement de l'obeissance mais de l'acceptation par le peuple . Je crois que l'auteur et jean françois Kahn font un énorme contre sens. On peut expliquer ce contre sens, il est vrai qu'après 1 an de pouvoir, devant l'inaction du gouvernement la majorité comme l'opposition oublient qui est au pouvoir, et c'est seulement en imposant brutalement un texte baclé que Hollande entend rappeler qu'il existe.

eh ben voila!!  a répondu le 24/04/2013 à 17:48:

ca faisait longtemps... ! ! !! c'est la faute a hollande. !

JB38  a répondu le 25/04/2013 à 8:39:

@Contresens
Double contresens. Votre commentaire est partisan et reflète bien la pensée de droite, pensée unique qui prône que seule la droite est capable de gouverner.Les autres sont inactifs, brutaux, imposent, bâclent.Mauvais procès, mauvaise attitude qui creuse le sillon des extrêmes.

triple contre sans  a répondu le 25/04/2013 à 19:41:

La droite veut bien admettre qu'elle est minoritaire, et que des lois contraires a ses idées soient promulguée mais de là à accepter l'interdiction de pensée et en plus en invoquant la pensée mal comprise d'Arendt il y a un fossé. Manifester est un droit, y compris contre une loi votée, rappelez vous donc le CPE et les manifestations de gauche!

Sébastien  a écrit le 24/04/2013 à 17:13 :

La lecture de cet article laisse une impression étrange. Comme si la pensée de Hannah Arendt, avaient été détournée de son sens universel pour cautionner un point de vue partisan sur les événements politiques récents. L'article en devient une illustration réflexive des dérives dénoncées par Hannah Arendt.

BRAVO  a écrit le 24/04/2013 à 16:49 :

L'auteur traite ni plus ni moins les manifestations contre le mariage gay et lesbiennes d'actes dénués de pensée . La violence n 'est pas là ou la gauche bien pensante la place , elle qui nous ressasse ses théories du gentil de gauche et des méchants/ idiots / beauf / incultes ... de droite voire pire du FN.

JB38  a répondu le 25/04/2013 à 8:49:

@Bravo
Il faut malheureusement constater que ce ne sont pas les droites qui ont fait progresser la société. Par principe elles s'opposent à toute évolution de la société.








bravo@JB38  a répondu le 01/05/2013 à 8:53:

CQFD

Yves  a écrit le 24/04/2013 à 15:52 :

Le pouvoir en place a voulu passer en force une mesure clivante de la société ! Il est malheureux, comme le fait l'auteur, de qualifier de fascistes ceux qui expriment leur souffrance qui résulte de ce clivage...

Ouep  a répondu le 24/04/2013 à 16:17:

Sans compter que c'est bien le mariage pour tous qui est d'essence totalitaire, et non ses détracteurs. Les propos de Madame Taubira durant les débats le démontrent clairement, notamment par les termes de changement de société, d'égalité entre couples de même sexe et couples hétérosexuels et j'en passe.
Sans compter que ce même texte est basé sur une idéologie controversée : celle du genre.

Chich  a répondu le 24/04/2013 à 17:07:

@Ouep : que vous soyez contre le mariage pour tous, je ne comprend pas mais j'accepte. Par contre que vous osiez dire que c'est le mariage pour tous qui est d'essence totalitaire, à part faire de la démagogie je ne vois pas où vous voulez en venir. Une majorité de la population et de l'Assemblée est pour, donc la démocratie veux que ça passe que ça vous plaise ou non (Je n'ai pas voté Sarko en 2007 je l'ai pourtant supporté 5 ans). De plus, les arguments donné par les "anti" sont basés sur une rhétorique fascisante qui veut imposer un modele familiale comme d'autres ont voulu imposer un modele citoyen (la race superieur). Je ne parle ici que de ceux qui ont la parole dans les médias et ne vous accuse en rien d'être "nazi". Dailleurs ce qui me gène le plus chez les anti (et je pense rejoindre l'auteur dans ce cas là), c'est qu'ils auraient probablement été contre à l'époque du vote des femmes, de l'IVG, de la légalisation de la pillule, si je remonte plus loin, ils auraient surement été contre l'abolition de l'esclavage. Pour une seule et bonne raison (qui n'est ni le racisme, ni l'homophobie dans le cas actuel) : ces gens sont contre le changement, contre ce qui peux modifier leurs quotidiens. C'est en ça que l'on peut les comparer à une foule qui marche droit devant sans écart, sans réfléchir.

Mike37  a écrit le 24/04/2013 à 15:11 :

Faire passer au milieu de cet article (assez intéressant au demeurant) que manifester contre le mariage pour tous est un acte dénué de pensée est une véritable stupidité.

Issue peut être d'un journaliste qui serait à l'aise avec les idées économiques, mais qui aurait du mal à appréhender les problématiques sociétales et qui ne comprendrait pas pourquoi des millions de personnes comme moi pensent et agissent en combattant ce que mme Taubira qualifie elle même de "changement de civilisation"
Mme arendt a quitté l'allemagne au moment où le nazisme changeait sa civilisation.

GE92  a répondu le 24/04/2013 à 17:33:

Attention Mike37, l'économie et la société ont en général des points communs, et les théories économiques et sociales également. Les théories marxistes et nazi, pourtant les pires ennemis, partageaient l'idéologie de la lutte, du découpage de la société en bon et mauvais, et la lutte d'un groupe contre l'autre. Ces clivages n'ont jamais apporté rien de bon. Ils associent un vision dichotomique de la société et la lutte économique qui en découle. Mais le lien avec le mariage est effectivement pour le moins saugrenu.

Destins  a écrit le 24/04/2013 à 15:09 :

une perspective....sensationnelle" ! si nous nous posions quelquefois la phrase mythique, : "qui sommes nous...?, dans l'avenir, nous pourrons nous demander" "où allons nous, vers quoi?....avenir plutôt dramatique, non?... une nouvelle ère??...

Ouep  a écrit le 24/04/2013 à 15:07 :

Toujours la même rengaine de la part des pros-mariage gay. Ceux qui sont contre ne seraient que des néo-nazis. Une vacuité de plus à leur actif pour mieux cacher la pauvreté de leur argumentation et de leur pensée. Bref, cet article tourne au ridicule, bien qu'il aurait pu être intéressant à la base.

Chich  a répondu le 24/04/2013 à 17:13:

@Ouep : ce que l'auteur veux dire, c'est que les manifestants anti mariage pour tous ne sont pas concernés par cette loi (ils ne sont pas gays) mais veulent empecher les autres de pouvoir faire la même chose qu'eux. Contrairement à des manifestations contre le CPE à l'époque par exemple ou même une manifestation faisant suite à une fermeture d'usine. Ceux qui manifestent à ce moment sont ceux qui sont directement concernés (les jeunes pour le CPE, les ouvriers pour leur usines, etc...). Attention, je ne porte pas de jugement de valeurs, je note juste que dans un cas une partie de la population veut décider à la place de celle réellement concerné, dan l'autres ce sont les concernés qui manifestent et sont donc plus légitime dans leur démarche (que l'on soit d'accord avec eux ou non je le répète).

Kemalataturk  a répondu le 24/04/2013 à 21:53:

Chich, je reçois bien votre argumentation. Cela étant, en me mettant du point de vue des manifestants "manif pour tous", ils considèrent qu'ils sont concernés, car défendant les droits d'enfants dont l'équilibre affectif pourrait souffrir d'une adoption par des parents gays. En somme, ce sont les gays qui revendiqueraient un droit sans se préoccuper des conséquences pour autrui et là, on prend le contre-pied de l'article. Maintenant, je ne défends pas l'une ou l'autre des parties, car on touche ici à un sujet extrêmement sensible, puisqu' affectif. Il importe donc de ne diaboliser ni les uns ni les autres. Or il me semble que c'est ce que fait Sophie Peters.

lorrain  a répondu le 25/04/2013 à 8:52:

Pour sortir de ces remarques, presque toutes censées, mais finalement assez stériles, le remède est dans l'acceptation d'une confrontation sans tensions : le dialogue quoi ! Facile à dire, mais pour le faire les niveaux de conscience doivent s'élever.

JB38  a répondu le 25/04/2013 à 9:16:

@Le lorrain
Le niveau de conscience n'est pas prêt de s'élever! Les cerveaux sont lavés dans la grande lessiveuse des médias qui relaient à longueur de journée des commentaires, des pseudo-analyses plus partisanes, plus stupides les unes que les autres. Le dialogue n'est plus qu'un affrontement pour défendre des intérêts partisans. Ca dure depuis un certain temps, cela s'exacerbe et....ça finira mal.

JB38  a répondu le 25/04/2013 à 9:16:

@Le lorrain
Le niveau de conscience n'est pas prêt de s'élever! Les cerveaux sont lavés dans la grande lessiveuse des médias qui relaient à longueur de journée des commentaires, des pseudo-analyses plus partisanes, plus stupides les unes que les autres. Le dialogue n'est plus qu'un affrontement pour défendre des intérêts partisans. Ca dure depuis un certain temps, cela s'exacerbe et....ça finira mal.

lorrain  a répondu le 25/04/2013 à 12:00:

Mais si la prise de conscience est en marche, avec l'aide des réseaux sociaux. Tout se sait, tout se voit.Tout se dit ! les cloisons, les secrets tombent les uns après les autres. Le mur des cons du SM, le détournement de fonds publics de Trierweiler, les affres de Cahuzac, ... Il faut rester résolument optimiste

dentzinger  a répondu le 03/05/2013 à 21:27:

tu parles d'une débandouille, Carlitta ! on n'y pourra rien