La Tribune

Une carte de Paris pour repérer les start-up

Capture d'écran
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Marina Torre  |   -  763  mots
Calquant l'idée sur la New York Tech Map lancée par l'équipe du maire Michael Bloomberg, un jeune français de 28 ans a créé "sa" carte des start-up parisiennes. Une aubaine pour la Mairie de Paris.

En rentrant de New York où il travaille, Gwendall Esnault, 28 ans, cherchait à faire du "networking". Mais, difficulté : comment trouvez les entreprises qui comptent? Et où s'adresser? Ce qui lui manque, c'est un outil pour trouver rapidement les start-up, incubateurs, etc qu'il cherche, il décide de le créer. En "un week-end", raconte-t-il, il a fait tout de A à Z : code, design, développement... et, le 17 décembre, la carte interactive  Paris Tech List est née. Pour le moment, seules 159 start-up sont repertoriées, dont certaines avec la mention "nous recrutons". D'autres organismes comme des incubateurs sont également présents, mais aussi des investisseurs et des espaces de travail partagés. Seul, il choisit celles qui méritent d'y figurer.

Accès gratuit

L'idée de la carte vient d'un site similaire lancé à New York par l'équipe du maire Michael Bloomberg. "A New York, la communauté est très soudée, tout le monde sait qui fait quoi", commente ainsi Gwendall Esnault, qui regrettait l'absence d'équivalent en France. Et pas question de faire payer pour accéder aux informations présentes sur le site. Pour l'instant du moins, il tient à la gratuité. Les quelques milliers de visiteurs qu'il a pour l'instant réussi à attirer sur son site ne lui rapportent rien. Pas de bannière publicitaire, ni de péage. "A l'heure actuelle, il n'y a pas de monétisation", indique le jeune entrepreneur passé chez Goldman Sachs.

Bonne affaire

Très vite, la Mairie de Paris renifle la bonne affaire. Deux jours après son lancement, le service chargé du numérique qui l'a repéré sur Twitter tente de le contacter et une rencontre est organisée début janvier. "Nous échangé sur les fonctionnalités, sur les possibilités de business model", explique-t-on au cabinet de Jean-Louis Missika (PS), adjoint au maire de Paris chargé de l'innovation. Pas de soutien financier de la part de la Mairie, donc, mais simplement des conseils sur les améliorations à apporter au site. Le cabinet "se félicite" d'un tel projet qualifié de "Meetic des start-up" puisqu'il permet une mise en relation rapide entre entrepreneurs, designers, ingénieurs, investisseurs etc. Une interactivité qui va bien plus loin que la carte des incubateurs déjà mise en avant sur le site officiel de Paris. En outre, la démarche s'inscrit dans celle de la Ville de Paris qui multiplie les événements pour tenter de mettre en avant des jeunes pousses.

>> Fausses introductions en Bourse pour vraies start-up

Attirer le capital-risque étranger

Cette carte met en valeur un "écosystème" qui souffrirait d'un manque de visibilité, notamment à l'international. Surtout à l'heure où le capital-risque se fait rare "en raison d'une tradition bancaire, du système fiscal et de la barrière de la langue", pointe-t-on du côté de l'Hôtel de Ville. Et l'avantage de l'initiative privée, outre bien sûr le fait qu'elle permet de ne pas "dépenser l'argent du contribuable", ce serait la souplesse et la créativité.

Molière contre Shakespeare

Par exemple, cette carte est développée d'abord en anglais, ce que ne pourrait pas faire la Mairie, tenue de privilégier la langue de Molière face à celle de Shakespeare. Or l'initiative s'adresse d'abord à un public non francophone, selon son fondateur. Ainsi Gwendall Esnault dit penser à "ceux qui viennent de l'étranger et ne connaissent pas forcément l'écosystème parisien". Certes, des étrangers venus en France pour y faire des affaires, il n'en "connaît pas beaucoup", mais pense plutôt à ceux qui viennent à l'occasion de séminaires ou de salons.

Les talents de la "Silicon Valley parisienne" eux aussi répertoriés

La carte a déjà été importée ailleurs comme à Tel Aviv, la "Silicon Valley" israélienne, ou bien en Espagne, après une première tentative française réalisée par le pôle Cap Digital. Une autre initiative du même type est prévue pour l'ensemble de la France. Fleur Pellerin a en effet confié à Tariq Krim, le fondateur du site d'agrégation de contenu Netvibes "d'établir une cartographie des talents émergents". Un projet annoncé en même temps que celui de la "Silicon Valley" parisienne, le grand chantier à venir pour le service chargé du numérique à la Mairie de Paris qui tout en affirmant "collaborer avec les services de l'Etat", tient à préciser à ce sujet: "pas question de déshabiller un quartier pour en rhabiller un autre". Ou quand la géographie de l'innovation révèle aussi des enjeux politiques...

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Commentaires

InnovaGeek  a écrit le 14/01/2013 à 10:02 :

Nous avons aussi une plateforme pour présenter gratuitement l'activité de sa startup : http://www.innovageek.com

Nioogo  a écrit le 10/01/2013 à 9:56 :

Merci pour l'info. Excellente initiative...
http://www.nioogo.com/actu/breakfast-news-du-10-janvier/

et oui  a écrit le 09/01/2013 à 15:30 :

rien ne vaut l initiative privée la ou es bureaucrates et leurs voitures avec chauffeur ne verraientt pas un ovni atterir sur Paris

Mecatroid  a écrit le 09/01/2013 à 14:53 :

Très bonne initiative. Pourquoi c'est un individu qui est à l'initiative de cela, alors que nous injectons des millions d'euros d'argent public dans des organismes, commission et autres officine qui devraient déjà s'en charger, cela reste pour moi un mystère ... Cela en dit long sur le manque d'éfficacité de nos structures.

Yann Kolovic  a répondu le 09/01/2013 à 17:13:

Je ne suis pas d'accord avec vous. Il se trouve que c'est une initative privée, ça arrive, mais pour autant, ça n'enlève pas aux organismes publics d'avoir parfois de bonnes idées. (et je travaille dans le privé).

Mecatroid  a répondu le 09/01/2013 à 17:40:

Je ne dis pas que ca n'existe pas, je dis que ce n'est pas assez efficace. Le retour sur Investissement est simplement ridicule. Combien de fonctionnaires, de prestataires pour peupler des comissions et des officines qui au final ne produisent rien d'exploitable par le commun des mortel ?

Yan Kolovic  a répondu le 09/01/2013 à 18:12:

Et àaQu'il y ait de la lourdeur dans les très grosses organisations, je n'en doute pas une minute. Maintenant je m'interroge? Pouvez-vous précisément donner un chiffre de ces fonctionnaires et prestataires qui ne "produisent rien d'exploitables" où est-ce disons, un ressenti général qui vous conduit à vous méfier par de sombres bureaucrates payés à ne rien faire? Et pour aller plus loin, les missions d'expertise ou de prospective qui, parfois, n'aboutissent pas directement à des projets concrets. Sont-ils si "inutiles" que cela? La recherche de "bonnes idées" dans quelque domaine que ce soit, ce n'est après tout qu'un tâtonnement. Pas étonnant qu'elle puisse rester dans le noir. Après toute la question est de savoir si c'est l'argent public, la contribution du plus grand nombre de citoyen donc, qui doit financer cela et COMMENT elle le finance pour que ce soit le plus efficace possible pour le plus grand nombre de gens. Et ça, c'est une vraie question politique.