Les 300 milliards magiques de la Commission

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Les membres de la nouvelle Commission européenne présidée passent leur grand oral devant le parlement européen à partir du 29 septembre. Mais ce qui focalisera l'attention c'est la façon dont seront utilisés les 300 milliards d'euros du plan de la Commission annoncés par son président Jean-Claude Juncker .

Le compte à rebours a commencé pour la Commission Juncker. A partir du 29 septembre, son équipe va passer sous les fourches caudines des députés européens pour des auditions qui promettent d'être serrées. Au centre de cet examen parlementaire, il y aura... un chiffre : les fameux 300 milliards d'euros du plan d'investissement  promis par Jean-Claude Juncker au début de l'été aux députés.

Insuffisant selon certains

300 milliards, c'est à peu près 0,7% de PIB.  Insuffisant, disent certains économistes ! Le centre de recherche Bruegel estime qu'il faudrait aller jusqu'à 1% de PIB. Mais c'est tout de même autant que le budget annuel de l'Union européenne. Pas vraiment une paille.

Alors comment se composera ce paquet destiné à sortir l'Union européenne et particulièrement la zone euro du cercle vicieux stagnation, chômage élevé et faible inflation ? Comment sera-t-il financé et que devra-t-il financer ? Il faut reconnaître que, pour l'instant, nous n'avons que des bribes de réponse.

Côté financement du plan, on se tourne beaucoup du côté du Luxembourg. La Banque européenne d'investissement a engrangé en 2013 une augmentation de capital géante de 10 milliards d'euros qui lui a permis de booster encore un peu ses engagements. Mais elle opère déjà à ses limites. En 2013, ses activités de financement ont augmenté de .... 37% à 75 milliards. D'où l'idée de procéder à une nouvelle augmentation de capital. Pour l'instant, son président Werner Hoyer a une autre idée en tête : faire garantir les engagements de sa banque par de l'argent public.  De l'argent qui viendrait soit des Etats, soit du budget européen.

Un effet multiplicateur de 10

Werner Hoyer est un libéral. Et il ne cesse de répéter : un euro pris au contribuable et dépensé en subventions est perdu, alors que le même euro utilisé pour garantir un prêt peut avoir un effet multiplicateur de 10, autrement dit permettre de disposer de 10 euros pour financer des investissements.

Autrement dit il suffirait de dégager 10 milliards de fonds européens par an, pour financer le plan Juncker.... Grâce à l'effet de levier de la BEI.

Autre piste : soulager les bilans bancaires en relançant la « titrisation » autrement dit le "repackaging" des crédits aux entreprises. Ici les travaux sont en cours mais l'exercice est éminemment compliqué. Et là encore, la question se pose : qui garantira les risques émanant fatalement de ces montages financiers. D'aucun pensent même qu'il serait temps de relâcher un peu la contrainte règlementaire sur les banques. Un tabou absolu... pour l'instant.

Mettre des mots sur ce chiffre magique

En résumé tout est fait pour éviter que ces 100 milliards annuels ne soient financés par de la dette publique.

Bref ! Nous n'en sommes plus tout à fait aux prémisses de ce grand plan européen. Et pour cause. L'une des tâches les plus urgentes de l'équipe Juncker qui doit prendre ses fonctions le 1er novembre sera de mettre des mots sur ce chiffre magique. Car c'est, pour l'instant, le principal gage donné par le nouveau président de l'exécutif européen pour attester de sa volonté de sortir de la politique de rigueur qui a marqué le mandat de son prédécesseur.

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Commentaires
a écrit le 27/09/2014 à 23:59 :
Un effet de levier de 10 en garantissant des prêts n'a aucun sens ... La garantie ne pouvant porter que sur 10% du prêt mais pourrait contribuer à un réhaussement de crédit (la note) et on referrait les mêmes erreurs qu'avec les sub-primes ... Quant à : soulager les bilans bancaires en relançant la « titrisation » autrement dit le "repackaging" des crédits aux entreprises. Cela consiste à mettre des crédits de différentes qualités dans un meme véhicule spécial (SPV) et que la BCE les rachète ... En d'autres termes, cela revient à donner de l'argent aux banques pour les alléger des branches de moins bonnes qualités de leur bilan ... Mais à la fin qui répond pour la BCE ? Les Etats de la zone euro, et la France pour 14.7% du bilan de la BCE ... Mieux vaut donc que tout cela ne finisse pas comme en 2008 sinon on est foutu ... Enfin, la bonne approche serait que la BCE fasse de la création monétaire pour donner aux Etats les moyens de rentrer dans le capital des banques dont les fonds propres ne seraient pas suffisants. Ainsi, les banques paieraient pour leurs erreurs en voyant leurs actionnaires dilués pour respecter les règles de fonds propres, et en plus les Etats auraient la capacité d'orienter la stratégie des banques vers les entreprises et le crédit aux particuliers. On a le droite de réver, mais nos politiciens ne feront jamais cela car qui finance leurs campagnes électorales ?
a écrit le 24/09/2014 à 9:56 :
Tout ce qui intéresse Bruxelles c'est son plan com. et que son nom soit cité lors du moindre "mise en chantier" de façon a apparaitre comme indispensable!
a écrit le 24/09/2014 à 8:43 :
De l'argent qui va être dilapidé en fonction des intérêts de quelques personnes et en fonction des chèques qui seront judicieusement glissés par les lobbies dans certaines poches.
a écrit le 24/09/2014 à 7:26 :
C est vrai que 300 milliards c est peu quand on sait que la moitie sert a la masturbation inteltuelle...

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