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La Tribune.fr - 10/10/2008 à 19:50 - 724 mots

Le Dow Jones est temporairement passé sous la barre des 8.000 points, une première depuis avril 2003.
Il faut avoir le coeur bien accroché en ce moment à Wall Street. Balayées depuis le début de la semaine par la tempête boursière mondiale, les places américaines ont commencé la séance de ce vendredi par un plongeon. Le Dow Jones a ainsi chuté de près de 8% à l'ouverture, repassant temporairement sous la barre des 8.000 points, une première depuis avril 2003 et provoquant un vent de panique sur l'ensemble des Bourses européennes.
Vers 19h45, l'indice vedette perd 6,55% à 8.017 points, le Nasdaq recule de 5,91% à 1.548 points et le S&P 500 cède 7,06% à 846 points.
Du côté des valeurs, Morgan Stanley s'effondre, perdant 15,02% à 10,58 dollars. Les marchés spéculent toujours sur un possible échec de l'entrée du japonais Mitsubishi UFJ dans le capital de la deuxième banque d'investissement américaine, malgré les propos rassurants tenus par ses dirigeants. Le groupe japonais doit acquérir 21% du capital de Morgan Stanley pour 9 milliards de dollars.
Moody's a par ailleurs annoncé qu'elle pourrait abaisser la note de long terme de Morgan Stanley. L'agence de notation pourrait également en faire de même avec Goldman Sachs, l'autre banque d'affaire indépendant de Wall Street ayant survécu à la crise financière. L'action recule de 2,68% à 98,63 dollars.
A l'opposé, Wachovia s'envole de 38,61 % à dollars. La banque de Caroline du Nord profite du retrait de Citigroup des discussions avec Wells Fargo au sujet d'un éventuel partage du groupe. Une annonce qui ouvre donc la voie à la fusion entre Wachovia et sa concurrente californienne, qui propose 12 milliards de dollars pour la racheter. Citigroup réclame toujours 60 milliards de dommages et intérêts. Le titre prend 12,61% à 14,56 dollars et celui de Wells Fargo gagne 6,75% à 29,09 dollars.
Bank of America est également dans le vert, prenant de 8,61% à 21,26 dollars alors qu'un analyste a relevé sa recommandation sur le titre, passant de "sous-performer" à "neutre", estimant que les marchés avaient trop durement sanctionner les résultats de la banque. Cette dernière avait annoncé mardi un bénéfice net de 15 cents par action, quand les analystes attendaient 60 cents.
American International Group (AIG) poursuit sa chute effrénée. Le premier assureur américain perd encore 10,46% à 2,14 dollars, un cours divisé par dix en un mois. Le groupe aurait déjà emprunté 70 milliards de dollars auprès de la Réserve fédérale, selon le Wall Street Journal. Cela représente 57% des fonds publics pouvant lui être prêtés.
General Electric gagne 5,21% à 20 dollars. Le conglomérat géant, dont les résultats sont considérés comme représentatifs de l’état de santé de l’économie américaine, a publié ce vendredi une baisse de 22% de son bénéfice net au troisième trimestre, à 4,31 milliards de dollars. Par action, il ressort à 45 cents hors exceptionnels, un chiffre conforme aux attentes des analystes. En septembre, GE avait dû abaisser ses prévisions en raison notamment de sa filiale GE Capital. Le groupe table toujours sur un bénéfice compris entre 1,92 et 2,07 dollars pour l'ensemble de l'année.
Ces résultats, combinés aux résultats décevants d’Alcoa en début de semaine, ne laissent rien présager de bon alors que les publications vont s’accélérer la semaine prochaine. De quoi donner corps aux inquiétudes des marchés sur les répercutions de la crise financière sur l’économie réelle.
General Motors est d’ores et déjà l’une des principales victimes du ralentissement économique. L’action du premier constructeur automobile américain a plongé jeudi, retombant à son plus bas niveau depuis 1950, en raison du déclin du marché automobile et des craintes sur sa solidité financière. GM a assuré ce vendredi qu’il n’envisageait pas se placer sous la protection du Chapitre 11 de la loi sur les faillites. L’action regagne 5,88% à 5,04 dollars. Son concurrent Ford prend 19,71% à 2,49 dollars.
Les valeurs pétrolières sont fortement pénalisées par le repli continu des cours du pétrole, dont le baril est repassé sous la barre des 80 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex). Exxon Mobil recule de 8,32% à 62,34 dollars, Chevron perd 5,83% à 60,27 dollars et ConnocoPhillips cède 5,94% à 50,63dollars. Chevron a par ailleurs annoncé qu’il tablait sur une réduction de sa production au troisième trimestre, en raison notamment des ouragans qui ont frappé le Golfe du Mexique.
Enfin, Best Buy perd 1,06% à 26,03 dollars. Le numéro un mondial de la distribution de matériel électronique a vu ses ventes baisser de 2% en septembre, à nombre de magasins comparables.
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