La Tribune

Marchés boursiers et obligataires mettent Berlusconi sous pression

Copyright Reuters
Copyright Reuters
Robert Laveran à Rome  |   -  436  mots
L'annonce, lundi matin, de la démission du Président du Conseil italien, démentie un peu plus tard, avait fortement plu aux marchés.

"Les rumeurs qui évoquent ma démission sont privées de tout fondement" assure le Cavaliere. Lâché par une partie des siens, mis sous surveillance par la communauté internationale et au plus bas dans les sondages, Silvio Berlusconi n'entend toujours pas quitter son fauteuil. Pourtant, l'hypothèse, alimentée par son ancien porte-parole et directeur du quotidien Il Foglio, Giuliano Ferrara, qui avait assuré lundi matin que le Cavaliere "s'apprêtait à passer la main" a, un temps, redonné de la vigueur aux places boursières.

En précisant qu'il s'agissait "d'une question d'heures, peut-être de minutes même", ce proche collaborateur de Silvio Berlusconi a favorisé l'inversion de tendance à Piazza Affari. Alors que l'indice de la Bourse de Milan perdait 2 % en début de séance, les propos de Giuliano Ferrara ont dopé le marché qui est reparti à la hausse atteignant même un gain de 3 % en quelques heures.

"Les signaux qui arrivent des marchés sont sans équivoques", a immédiatement commenté Matteo Colaninno, responsable économique du parti démocrate (Pd), "Silvio Berlusconi doit en prendre acte". D'autant que les rendements des obligations italiennes à dix ans se sont encore envolés lundi à presque 6,64 % par an. Un nouveau record difficilement gérable. Quant aux autorités européennes, elles ont une nouvelle fois rappelé à l'ordre l'Italie hier par la voix du porte-parole du commissaire aux affaires économiques Olli Rehn, qui a critiqué la lettre de projet de réformes adressée par le gouvernement Berlusconi en estimant qu'il manquait "une analyse économique de ces mesures ainsi que leur impact sur le budget " et qu'il n'y avait même pas "les détails sur la réforme du travail" promise.

Départs au gouvernement

Silvio Berlusconi n'a pas répondu à ces remarques préférant concentrer le tir sur ses anciens fidèles qui quittent la majorité. Ancienne animatrice vedette des programmes de ses chaînes commerciales et sorte d'emblème du berlusconisme de la première heure, la députée Gabriella Carlucci a par exemple rejoint les centristes qui demandent la démission du Cavaliere pour donner naissance à un nouveau gouvernement plus large pour affronter la situation économique.

À la suite de ces défections, le chef du gouvernement a perdu la majorité à la Chambre des députés. "Cela ne sert à rien de s'acharner, il n'y a plus de majorité" a confirmé le ministre (Ligue du Nord) de l'Intérieur Roberto Maroni. Silvio Berlusconi semble néanmoins décidé à aller jusqu'au bout c'est à dire jusqu'à un vote de confiance. Et d'avertir: "je veux voir en face qui aura le courage de me trahir".

Réagir

Commentaires

L'Ancien  a écrit le 08/11/2011 à 10:02 :

Il est tout de même effarant que personne ne trouve à redire qu'un chef de gouvernement - quel qu'il soit - soit « mis sous pression » de devoir démissionner par les « marchés boursiers et obligataires » et pas par son peuple. Il y a quelque chose qui cloche non ?