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Pascale Besses-Boumard | 31/10/2012, 12:12 - 824 mots
La création de la Bourse des valeurs moyennes, la Bourse de l'Entreprise, est donc dans sa dernière ligne droite. Encore faut-il que Nyse Euronext, l'opérateur boursier se hâte de présenter un projet dûment ficelé et cohérent d'ici au mois de décembre, a prévenu Fabrice Demarigny, le président du Comité stratégique (COS) ayant planché sur le sujet. Car pour lui, il y a effectivement urgence à concrétiser les choses si la place de Paris mais aussi les autres Bourses intégrées dans Nyse Euronext (à savoir Bruxelles, Lisbonne, Amsterdam) veulent pouvoir compter sur cette nouvelle structure d'ici à l'été 2013.
L'opérateur boursier parviendra-t-il à respecter ce timing ? En a-t-il réellement envie ? Nous serons donc rapidement fixés.
En attendant, l'absence quasi totale de relais régionaux pour la promotion de la Bourse et celles des entreprises locales, actions que menaient au jour-le-jour les anciennes Bourses régionales, disparues à la fin des années 80, a donné des idées à plusieurs interlocuteurs. Au moment où l'investissement direct en actions n'a jamais été aussi impopulaire, les dirigeants d'organes publics et privés ont décidé de remettre au goût du jour l'intérêt pour les entreprises moyennes et l'intérêt pour ces mêmes sociétés de recourir à la Bourse.
Les Chambres de commerce et d'industrie de Lyon et la région Rhône Alpes à la manoeuvre
La première région à s'être organisée et mobilisée pour cela est donc Rhône Alpes. Ainsi, selon nos informations, Lyon est-elle sur le point d'annoncer qu'elle a décidé de recréer une Bourse régionale. A cette occasion une association dénommée "Lyon, place d'échanges" vient d'être créée. Participent notamment à cette association, les chambres de commerce et d'industrie de Lyon et de la région Rhône Alpes, la Caisse des Dépôts, la Banque de France et Oséo. La mission de cette association : promouvoir grâce à la puissance de feu de tous ces interlocuteurs régionaux et nationaux, les entreprises locales, redonnant à la notion de proximité tout son poids. Mais aussi partir à la recherche d'entrepreneurs susceptibles d'être intéressés par une cotation. Pour autant, il semble, d'après les commentaires qu'ils ont reçu lors de la préparation de ce projet, que les candidats potentiels ne veuillent pas d'une cotation classique, les conditions réglementaires requises, y compris sur Alternext, apparaissant trop contraignantes financièrement... et chronophages. Du coup, les promoteurs de Lyon, place d'échanges ont demandé aux dirigeants d'Alternativa, la plateforme de cotation dédiée aux valeurs non cotées de s'associer au projet de manière à permettre aux sociétés intéressées d'avoir accès à une liquidité certaine.
Symbole très fort
Cette initiative est symboliquement très forte. Elle traduit en effet parfaitement l'attente des entreprises régionales confrontées aujourd'hui à une double peine : les banques rechignent en effet à les accompagner dans leurs projets de développement et les fonds d'investissement ont eux-mêmes des difficultés à se financer, les rendant beaucoup plus frileux pour injecter des capitaux dans ces véhicules. D'où le besoin impératif de redynamiser les flux boursiers qui ne sont rien d'autres qu'une mise en lien entre investisseurs et émetteurs. Avec l'assurance pour les investisseurs d'être en face d'entreprises prêtes à faire preuve de la plus grande transparence sur leur compte et leurs axes stratégiques. Une initiative qui devrait très certainement donner des idées à d'autres grandes régions françaises confrontées aux mêmes problèmes et recelant d'un très riche bassin de sociétés en mal de fonds pour croître et perdurer.
Concurrence pour Nyse Euronext ?
Nyse Euronext ne va-t-il pas voir dans ce projet l'émergence d'un concurrent embarrassant? Dans le rapport rendu hier par le COS à Nyse Euronext en vue de la création de la Bourse de l'Entreprise, il était bien stipulé que cette structure devait à tous prix se rapprocher des régions et de ces écosystèmes en mal d'intérêt et de reconnaissance. Il ne fait pourtant aucun doute que l'entité en gestation sera plus particulièrement attentive aux entreprises d'une taille déjà relativement importante puisqu'il est prévu d'y inclure des sociétés ayant jusqu'à 1 milliard de capitalisation boursière. Le spectre des entreprises visées par l'association "Lyon, place d'échanges" et sans doutes les autres Bourses régionales à venir, sera d'une bien moindre envergure. Du coup, il semble que ce projet autour des TPE (toutes petites entreprises) ne vienne absolument pas s'interposer sur les plates-bandes de Nyse Euronext. Au contraire, même, puisqu'il est de notoriété publique que l'opérateur boursier est bien embarrassé avec la problématique des très petites entreprises cotées sur le Marché Libre, ce compartiment regroupant des sociétés sur lesquelles il n'y a parfois aucune cotations pendant des années ou ne communiquant jamais. Un compartiment ne générant donc que très peu de flux financiers.
Qui des investisseurs?
Le retour des Bourses régionales est-il une bonne nouvelle pour les PME ? Cette initiative va indéniablement dans le bon sens et démontre à quel point les acteurs publics et parapublics ont pris conscience des difficultés du Poumon de la France et dans quelle mesure ils sont prêts à se lancer dans des projets concrets. Reste à voir si les investisseurs répondront présents.
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Thibaut a écrit le 01/11/2012 à 13:37 :
L'Allemagne, dont la performance du modèle économique n'est plus à démontrer a conservé de nombreuses Bourses « régionales ». En dehors de Francfurt (Deutsche Börse) il existe Berlin, Hambourg - Hanovre, Munich et Stuttgart. La stratégie du Groupe Nyse Euronext est avant tout tournée vers les grandes capitalisations internationales et les investisseurs institutionnels (High Frequency Trader). La part des exécutions réalisés par ces investisseurs algorithmiques n'ayant aucun intérêt dans les fondamentaux de l'entreprise et son financement à long terme est comprise entre 60 à 80% des volumes. Le financement des entreprises est trop important pour la sortie de crise de notre pays pour le confier uniquement à des intérêts privés (Nyse Euronext / banques). Les pouvoirs publics doivent mettre en place des infrastructures permettant de mettre en relation les investisseurs locaux avec les entreprises locales ayant des besoins de capitaux. Il faut redonner du sens à l'investissement pour que les français se réconcilient avec les mécanismes de fonctionnement du marché.
cfc a écrit le 01/11/2012 à 10:19 :
Mauvaise bonne idée C'est vrai qu'il y a beaucoup de cash sur les marchés mais pour le drainer sur Lyon bon courage...
charlib a écrit le 31/10/2012 à 21:11 :
Beaucoup de blabla et de symbole sur cette histoire, sans compter la pub pour les autorités régionales. Personne ne parle du cadre légal, car évidemment l'introduction en bourse induit de telles exigences de production d'information qu'elles ne sont pas à la portée des PME. L'appel public à l'épargne locale devrait avoir ses "propres" contraintes. Il n'est pas évident que le logiciel Euronext ou similaire puisse gérer aisément des microbourses locales sans opérateur de marché agréé. La logique technologique ressemble à celle du passage des mainframes aux micro ordinateurs. A l'époque, le tenant du titre, IBM, n'a pas pu s'adapter. Quel sont les logiciels de microbourse en compétition? Alternativa ou Ebay?
yvan a répondu le 31/10/2012 à 21:47:
Laisses faire Charlib. L'ensemble des personnes de la vallée du Rhône connaissent les Lyonnais. Les Lumières.
aka a écrit le 31/10/2012 à 20:07 :
Après avoir bradé la bourse de Paris nous revoilà case départ en 1800. Ceci dit bonne initiative, et bon courage pour repartir de 0.
des bourses locales sans intermediaire a écrit le 31/10/2012 à 19:49 :
A savoir?Le CIIB et L?association Love money pour l?emploi créent depuis 4 ans des mini bourses Love Money, entre voisins, pour permettre aux français de devenir actionnaires de leurs TPE locales créatrices d?emplois locaux. L?objectif du CIIB et de Love Money est de relancer un marché pour les TPE au niveau national mais sans la bourse, qui ne trouve aucune rentabilité pour gérer ce concept et ne s'en intéressera pas. Ce «Troisième marché» qui fonctionne grâce à internet, de gré à gré de particulier à particulier sans la bourse. Une plateforme de négociations d?actions interne à chaque à chaque TPE, et mise en place à un faible coût qui permet d?intéresser et recueillir une épargne de proximité ou régionale. C?est cette démarche que le CIIB a développé depuis 2007 et qui répond aujourd?hui à un besoin économique à l?échelle nationale voir w w .bourse-introduction.com Ce troisième marché dans ce contexte national de sinistrose vise à sensibiliser, les épargnants à investir dans les TPE locales, et les dirigeants de ces TPE à ouvrir le capital de leur entreprise aux épargnants locaux sans en perdre forcément le contrôle. Le CIIB prévoit ainsi en complément de mettre en place à travers la France un réseau de diverses professions libérales s?inspirant de ce qu?étaient «La Coulisse», les Courtiers et les Remisiers sur valeurs mobilières. Ces « Coulissiers» avaient d?ailleurs créé leur propre marché boursier mais ont été absorbés par les Agents de change en 1962 voir ww love-money .org. Jean et Didier
yvan a écrit le 31/10/2012 à 19:41 :
Clair que nous manquions de bourses et autres spéculations. D'ailleurs, il suffit de regarder objectivement la GB pour se rendre compte du souci énorme qu'ils ont actuellement. Mais soyons toujours "confiants" : "S'endetter est avoir confiance en l'avenir"...
lerivage a écrit le 31/10/2012 à 18:57 :
Félicitations. Et si possible, débarassez-vous de Nyse Euronext qui est devenu un parasite ne correspondant plus aux besoins locaux.
villeroy a écrit le 31/10/2012 à 17:50 :
Pour que cette généreuse idée fonctionne, encore faudrait-il que l'actionnaire sollicité in fine ne soit plus considéré comme un corbeau à flatter, pour qu'il lache son fromage puis crache des impôts, des taxes sur ses dividendes, ses plus values, etc...
Socrate44 a répondu le 03/11/2012 à 21:40:
L'argent c'est les taxes, Sans taxe, point de monnaie... L'ambiance actuelle du "toujours moins d'impôt alors que le volume de monnaie en circulation est devenu sans commune mesure avec la réalité économique (12 fois le pib mondiale "au minimum") me laisse vraiment perplexe quant à l'intelligence économique de mes concitoyens.
OseoDeTousLesPlansBid a écrit le 31/10/2012 à 16:44 :
Une bourse, tout ca pour ca?, avec Oseo et la CCI pour quoi faire? Oseo est dans le coup, avec la CCI, nous sommes au moins certain d?un bid de plus? comme pour l?innovation, la France est reléguée à la 64ème place mondiale pour l?efficacité de l?innovation et 21ème place européenne sur 27 pays? drôles de performances. Les entreprises ont des ennemis, les Agences blas blas banquets, les Cambres de Connivences Inutiles, les Centre de faux experts, toutes ces officines ruineuses en couts de fonctionnement, inutile, en situation d?échec, toutes acoquinées avec Oseo innovation ex Anvar?
Bili hari a écrit le 31/10/2012 à 15:46 :
De l'argent public pour faire un truc inutile.... ce n'est donc pas une "nouvelle"..Mais, soyons positifs, nous aurons ainsi deux bourses régionales, Paris et Lyon..
bruno a écrit le 31/10/2012 à 15:33 :
Ah bon faudrait savoir je croyais que la Bourse et les marchés financiers c'était le mal absolu. Donc, après avoir tapé massivement sur la finance, le vilain capital et les méchants dividendes, après avoir réduit massivement l'attractivité de la place Parisienne, l'Etat et ses cachez-nez divers vont maintenant créer... une Bourse régionale ! Au-delà de l'anachronisme incroyable que cela peut représenter à l'heure d'internet et de la globalisation (mais on a toujours été champions des combats d'arrière-garde), on observe là une constance dans la schizophrénie assez remarquable, qui rejoint parfaitement la fameuse citation de Reagan sur le socialisme : "Si ça bouge, taxe ; si ça bouge encore, réglemente ; si ça ne bouge plus, subventionne"
xavier-marc a écrit le 31/10/2012 à 14:54 :
J'en suis très content, cela faisais des années que j'espérais le retour des bourses régionales. On va recréer des bourses régionales une à une, puis elle vont se lier par un réseau informatique compatible, et vont recréer un nouvel euronext, que nos politiciens vont s'empresser de revendre de nouveau à l'étranger, comme l'ancien qui marchait rudement trop bien pour ne pas être vendu; mais en attendant beaucoup de petites et moyennes entreprises pourront retrouver un financement( la confiance envers les banques a été détruite) grâce à des actionnaires individuels( ou de petits fonds locaux de villes) de proximité.
OL a écrit le 31/10/2012 à 14:32 :
c'est OL groupe qui va être content
LégislationADHOC a écrit le 31/10/2012 à 13:30 :
La corbeille du second marché à Lyon a déjà été un échec. Les PME PME et les ETI n'ont pas besoin d'une bourse de plus, c'est le principe même de la bourse qui est discrédité par les affaires... Les PME PME et les ETI ont simplement besoin d'une législation qui leur permette de créer des holdings avec les mêmes avantages fiscaux que les FCPR FCPI FIP pour les investisseurs, mais des holdings directement rattachées à leurs entreprises... http://www.sylevra.com/capitalisation-startup-PME-PMI-ETI.htm
et la taxation a écrit le 31/10/2012 à 13:06 :
les particuliers rechigneront ou ne pourront plus les accompagner puisque les dividendes qu'ils pourraient alétoirement esperer sont surtaxés donc les bourses regionales sont mortes quand la bourse nationale se meurt un peu plus chaque jour...
DRRW a écrit le 31/10/2012 à 13:03 :
Initiative a suire
xavier-marc a répondu le 31/10/2012 à 15:10:
J'espère une bourse à Marseille, qui permettrait non seulement de coter les pme du sud-est de la France mais surtout d'attirer les entreprises du maghreb et d'afrique, et permettant ainsi aussi de capter les investissements de leur diaspora en Europe, on aurait ainsi une bourse qui pourrait à terme se comparer à celle de Paris voir largement plus.
BAC a répondu le 01/11/2012 à 10:53:
On a déjà la bourse des quartiers nord avec beaucoup de transactions de gré à gré...
Yaniv L. a écrit le 31/10/2012 à 13:03 :
D'ailleurs la rue adjacente à la chambre de commerce de Lyon se nomme rue de la Bourse. C'est là ou j'ai fais mes études.
Ton prof a répondu le 31/10/2012 à 14:40:
Tu peux y retourner si tu ne sais pas conjuguer le verbe faire!