La Tribune

La finance participative fait des émules

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Pascale Besses-Boumard  |   -  638  mots
La plateforme de cotation des PME Alternativa et le site de finance participative Wiseed se rapprochent. Les épargnants intéressés par des entreprises en phase d'amorçage ou un peu plus mature pourront ainsi investir directement sur Internet, tout en profitant des garanties prudentielles imposées par les régulateurs français.

L'information est symptomatique et dessine bien le nouveau visage de la finance, ce visage que le candidat Hollande avait du mal à visualiser : la plateforme spécialisée dans la cotation des jeunes entreprises en mal de financement, Alternativa et le site de finance participative Wiseed s'allient pour permettre tant aux PME déjà matures qu'aux très jeunes sociétés innovantes en phase d'amorçage de trouver des investisseurs. « En 2011, moins de 300 start-up ont levé autour de 110 millions d'euros alors que pendant le même temps, 85 millions d'euros sont quotidiennement mis dans les jeux de hasard. Il y a clairement quelque chose qui cloche et nous souhaitons redonner le goût pour l'investissement entrepreneurial », lance Thierry Merquiol, président et co-fondateur de Wiseed. « Le financement participatif ou crowdfunding, a le potentiel de devenir l'un des plus puissants moteurs économiques. Une véritable vague de fond(s) ! » assure, de son côté, le directeur général d'Alternativa, Philippe Dardier.

Des liens uniquement commerciaux

De fait, les deux structures ont prévu de se rapprocher commercialement mais pas capitalistiquement, du moins pas pour le moment. Les deux sites seront regroupés et les clients apportés par Wiseed seront orientés vers les services d'Alternativa pour le placement et l'exécution d'ordres. Cette dernière est effectivement à la tête de tous les agréments prudentiels nécessaires que ce soit en tant que PSI (prestataire de services financiers) que de SMN (système multilatéral de négociation), à la différence de Wiseed.
Le principe de la finance participative est simple et tend, en effet, à attirer de plus en plus d'investisseurs déçus par la Bourse ou les FIP et FCPI aux méthodes de fonctionnement pas toujours très transparentes. «Nous avons actuellement 12.000 inscrits sur notre site, 1.500 investisseurs réguliers et nous avons permis à 22 sociétés de trouver des financements l'an dernier », précise Thierry Merquiol. Sachant que le fonctionnement de son site est simple : Plusieurs sociétés candidates sont présentées. Les internautes du site font une présélection et celles qui ont recueilli le plus d'avis favorables font ensuite l'objet d'un audit de la part des experts de Wiseed (des techniciens et ingénieurs). Après quitus de ces experts, les actions des sociétés jugées solides peuvent dès lors être acquises pour des tickets d'entrée très limités (100 euros chez Wiseed, 1.000 euros chez Alternativa). Le site se rémunère de deux façons : une immédiate en récupérant entre 5 et 10% de la somme récoltée auprès de l'entreprise : une autre à terme, en prenant une participation de 20% sur les plus-values éventuellement tirées ultérieurement lors de la revente des titres.

Vers la création d'un écosystème

« Ce que nous voulons créer, c'est un écosystème au profit d'une population aujourd'hui en mal de financements. Notre objectif est de mettre en place des solutions efficaces pour orienter l'épargne des particuliers vers les PME et fluidifier l'apport de capitaux. Avec Wiseed, très implanté dans le sud de la France, nous sommes en outre totalement complémentaires géographiquement », explique Pierre Lasserre, le président d'Alternativa. Un défi effectivement crucial au moment où nombre de banques et de sociétés de capital investissement n'ont pas la possibilité d'aller jusqu'au bout de leurs projets.
Avec cet accord de partenariat, Alternativa réussit ainsi à tisser sa toile et à étendre son champ d'investigation puisqu'il aborde ici les toutes jeunes start-up. Il devrait, à l'autre bout de la chaîne, étendre encore son périmètre lorsque le projet d'une nouvelle Bourse de Lyon sera abouti. Avec à la clef, la cotation d'entreprises encore plus matures mais non désireuses d'intégrer un marché boursier trop contraignant règlementairement et financièrement.
 

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Commentaires

DevHope  a écrit le 28/03/2013 à 18:45 :

En plus de la facilité de fiance participative, le crowdfunding permet à tout internautes de pouvoir participer simplement à une oeuvre en tant qu'investisseurs. C'est le cas sur la plateforme devhope.com où les projets y référencés sont exclusivement d''intérêt général.

Fondatio  a écrit le 30/01/2013 à 20:35 :

La France manque cruellement de Business Angels pour financer "l'amorçage".
Toutes ces initiatives sont excellentes pour le développement des start-up, sous réserve en effet que les frais ne soient pas considérables.

Jean  a écrit le 23/01/2013 à 14:10 :

Et bien, des frais de 5 à 10% de la somme récoltée par l'entreprise plus 20% de la plus-value... Il faut faire une plus-value de plus de 35% pour battre le livret A?
Quel est l?intérêt de la plateforme pour un investisseur par rapport à Alternext où les frais sont plutôt de l'ordre de 1%?
Ça ressemble plus à un don aux entreprises qu'à un investissement...

Robert  a répondu le 23/01/2013 à 15:06:

Une seconde lecture de l'article s'impose...

Candide  a répondu le 23/01/2013 à 16:53:

Une seconde lecture de l'article s'impose... On parle ici de PME au sens communautaire du terme, Alternext est donc hors contexte puisqu'il côte des ETI. Jeannot renseignez vous du cout d'une introduction et d'une cotation sur Alternext, c'est inaccessible pour une PME. Pour l'investisseur l'objectif n'est pas de battre le livret A mais d'entrer au capital d'une PME pouvant générer des flux continus sur le long terme. Prenons exemple sur les premiers «donateurs» de Free ou Amazone, sans eux ces entreprises n'existeraient pas aujourd'hui.

Joy  a répondu le 28/02/2013 à 17:26:

Cher Candide,

Alternext cote majoritairement des PME. Pour les ETI, je vous conseille de jeter un oeil sur le compartiment B ou C d'Euronext. Les frais de cotation sur Alternext ne sont pas chers et ce sont les conseils juridiques, financiers, et les banques qui plombent les PMEs. Pour info, les frais globaux de cotation (0.1% NYSE Euronext et le reste pour conseils, agence de communication, etc.) représentent 6 à 7% de la levée de fonds...sans compter que ces frais sont nécessaires pour structurer la société et peuvent avoir une valeur ajoutée.

Soul  a répondu le 12/03/2013 à 17:02:

Cher Joy, merci pour vos précisions. Cependant, comment osez vous comparer une ETI cotée sur Euronext, quelque soit le compartiment avec une startup ou une PME de croissance? Ces dernières n'ont aucunement la valorisation, les moyens financiers et les ressources en interne, à leur stade de développement, pour envisager une introduction. Vous l'avez justement dit , 6%, 7% mais d'une levée de fonds de combien? Pour Alternext, la capitalisation flottante est de minimum 2.5M?...
Quant au Livret A, Cher Jean, vous pouvez laisser votre épargne dépérir à un taux proche de l'inflation plutôt que de l'investir dans l'économie. Après, il ne faudra pas s'étonner du manque de compétitivité de nos startups et PME ou critiquer l'arrivée d'investisseurs étrangers dans le capital de nos sociétés....

boaf  a écrit le 23/01/2013 à 9:33 :

Heureusement que certains se mettent à aider les Pme innovantes !!!! Certaines créeront de l'emploi d'autres pas mais cumulées c'est quand même elles qui font l?économie réelle d'un pays!!!!!!