Wall Street : le Nasdaq suspend ses cotations à cause d'un bug informatique

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Sans précédent. Les cotations du Nasdaq ont dû être suspendues pendant trois heures jeudi à la Bourse de New York en raison d'un bug informatique. Ces derniers temps, les bugs informatique s se multiplient. Et la rapidité des échanges en décuple les effets.

De mémoire d'homme. La Bourse Nasdaq de New York a suspendu jeudi toute son activité pendant plus de trois heures en raison d'un problème informatique, un incident sans précédent qui met de nouveau en question la fiabilité des échanges électroniques. Le courtage des actions a cessé sur la plate-forme électronique d'environ 16H15 GMT à 19H25 GMT, paralysant l'indice composite Nasdaq, à dominante technologique, et des valeurs phare de la place new-yorkaise comme Apple ou Microsoft.

"C'est la première fois que je vois une plate-forme d'échanges fermer complètement pendant autant de temps en raison d'un problème technique en plein milieu de la journée", s'est étonné Art Hogan, responsable de la stratégie d'investissements à Lazard Capital Markets.

Un système de communication avec les autres plateformes défectueux

Les sources précises de la panne restent à éclaircir, mais elles devraient être liées au système de communication du Nasdaq avec les autres bourses d'échanges.

A la mi-séance, "le Nasdaq s'est rendu compte que les offres de prix (d'actions) n'étaient pas répercutées par le (logiciel) qui les consolide et les dissémine dans tout le secteur financier" et a donc décidé de suspendre les cotations, a-t-il expliqué dans un communiqué.

Les autres places boursières, à l'instar du New York Stock Exchange (NYSE), ont aussi dû suspendre le courtage des valeurs échangées sur le Nasdaq.

La réouverture ordonnée a retardé la reprise des cotations

Le problème lui-même n'a duré que 30 minutes et pendant les deux heures et demies qui ont suivi, "le Nasdaq, les autres plateformes boursières, les régulateurs et les opérateurs de marché se sont coordonnées pour assurer une ré-ouverture ordonnée de la cotation", poursuit le communiqué.

La directrice de la SEC a qualifié, dans un communiqué, l'incident de "sérieux" et s'engage à "faire adopter les nouvelles règles" pour renforcer les plateformes boursières et à tenir à cet effet "une réunion avec les dirigeants des places boursières et autres opérateurs de marché".

Pas de panique sur les marchés

L'incident "n'a pas provoqué de panique sur le marché", observe Art Hogan.

Il "est apparu en plein été, à l'heure du déjeuner, alors que la plus grande confusion règne sur l'avenir de la politique monétaire américaine et qu'aucune grande compagnie du Nasdaq ne publiait ses résultats. Les volumes d'échanges étaient très faibles", renchérit Steven Rosen, spécialiste des marchés à la Société Générale.

L'indice a d'ailleurs clôturé en hausse de 1,08% à 3.638,71 points. L'action du groupe Nasdaq a en revanche perdu 3,42%, à 30,46 dollars.

Pour Peter Cardillo, de Rockwell Global Capital, les investisseurs "n'étaient pas complètement dépourvus, ils pouvaient recourir aux autres plates-formes d'échanges", mais "chaque nouvel incident de ce genre depuis Facebook a bien sûr tendance à saper notre confiance", ajoute-t-il toutefois.

Les incidents techniques se multiplient et peuvent coûter cher

Le jour du lancement en grande pompe sur le Nasdaq de l'action du réseau communautaire en mai 2012, des problèmes techniques avaient coûté des centaines de millions de dollars de pertes aux investisseurs. Plus tôt la même année, la plate-forme électronique d'échange boursiers BATS avait été forcée d'annuler sa propre introduction boursière après un autre "bug" informatique.

L'installation ratée d'un nouveau logiciel de courtage chez Knight Capital en août 2012 s'était traduite pour la société par une perte de 461 millions de dollars et avait conduit à son rachat par un concurrent.

Une situation anormale dont la banque Goldman Sachs se serait sans doute bien passé. Mardi, la banque américaine a été victime d'une erreur de programmation sur des transactions automatiquement générées. Le système informatique aurait en effet pris pour des ordres réels les indications des clients sur leurs intentions. On ne sait pas encore combien cela va coûter à Goldman Sachs.

>> Le trading à haute fréquence, humain, trop humain (abonnés)

Des incidents rares et inévitables selon les experts

"Chaque fois qu'un problème technique se produit, se pose la question de l'intégrité du marché. Cela n'encourage pas les gens à confier leur argent" aux systèmes électroniques, dans des marchés de plus en plus soumis au courtage automatisé à haute fréquence, estime pour sa part Michael Gayed, responsable des investissements à Pension Partners.

Mais, ajoute-t-il, "ces incidents sont relativement rares et, dans un monde où tout dépend des fibres optiques et d'internet, il est impossible de ne pas parfois se retrouver face à des situations anormales."

Si de tels incidents ont toujours existé, l'ennui vient de l'introduction du trading à haute fréquence. En effet, le très grand nombre de positions qui peuvent être prises en très peu de temps en décuple désormais les conséquences.

>> Trading à haute fréquence: vraie menace pour l'économie?

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Commentaires
a écrit le 23/08/2013 à 12:59 :
C'est là qu'on voit que l'URSS et les économies socialistes planifiées auraient pu marcher avec les technologie informatique d'aujourd'hui. Une bonne partie de notre économie aujourd'hui est contrôlée par des machines et ça marche plutôt bien.
Quel dommage que l'empire soviétique est disparu. C'était pourtant un contre poids dans le monde. Une société contrôlée mais solidaire et sécurisante. Une nation qui a réalisé maintes prouesses technologiques. Et puis ces magnifiques parades militaires, ça avait de la gueule. Un nostalgique....
Réponse de le 23/08/2013 à 13:56 :
Du Communisme au Nouveau capitalisme: la guerre des mondes ou '' le meilleur des mondes selon Huxley ou encore Orwell ? [...Aujourd?hui, on laisse les lois du marché s'exercer uniquement en phase de hausse, lorsqu'elles permettent aux firmes de s'enrichir au plan privé sans limites. Et quand ces mêmes firmes défaillent suite à leurs propres abus, l'Etat canalise des ressources publiques illimitées pour les dédommager. Récompenser l?échec, c'est tout sauf du capitalisme libéral. C'est de l?économie planifiée. Sauf qu'ici, l'Etat ne planifie pas pour le plus grand nombre, comme le faisait l'URSS ; il planifie pour le plus petit nombre. C'est le pire des deux mondes: du socialisme inversé, du capitalisme assisté par l'Etat, de la spéculation subventionnée, de l'individualisme entretenu, de l'irresponsabilité financée à crédit. Un système perverti où l'Etat, au lieu de jouer l'unique rôle qui justifie son existence ? à savoir veiller au maintien de conditions de vie décentes pour la majorité des habitants de son territoire ? n'est plus là que pour redistribuer le bien collectif en faveur de firmes puissantes (...) Le vrai débat doit opposer les étatistes aux libéraux. Se réclamer aujourd'hui du capitalisme libéral et défendre en même temps des firmes capitalistes vivant aux crochets de l?Etat relève de l?imposture. Quant aux Etats du monde capitaliste, qui (à part leurs clients minoritaires) peut encore leur faire confiance ?... ]> Retranscription des propos tenu par une ex-analyste financière, libérale de surcroît.
Réponse de le 23/08/2013 à 16:41 :
Sauf que les capitalistes d'aujourd'hui paye le prix de leur forfaiture. Leurs placements financiers s'évanouissent, la guerre économique les ruine, leur environnement les tue à petit feu. La paix sociale devient de plus en plus instable et les privilégiés doivent vivre eux aussi dans ce monde infernal qu'ils ont bâti : insécurité et maladies résurgentes sont aussi le lot des riches maintenant. Voilà le monde meilleur qu'ils ont créé et bienfait pour eux...
Réponse de le 24/08/2013 à 10:36 :
Lénine, revient!!!
lol
Réponse de le 24/08/2013 à 19:52 :
Même les capitalistes n'y croient plus , à ce monde de m.... Ils engrangent des plus-values le plus vite possible , en trichant avec les systèmes de côtations pour pouvoir se tirer.
Je me MARRE.
Réponse de le 25/08/2013 à 17:59 :
Sauf qu'ils ne peuvent pas se tirer, car la merde est mondiale. Penser que l'herbe est plus verte ailleurs n'est qu'une fuite en avant inutile. Et les riches commencent à ce rendre compte qu'ils n'ont nul par ou s'enfuir. Même Mars ne leur est pas encore accessible malgré tout leur argent et leur pouvoir.
a écrit le 23/08/2013 à 12:16 :
["C'est la première fois que je vois une plate-forme d'échanges fermer complètement pendant autant de temps en raison d'un problème technique en plein milieu de la journée", s'est étonné Art Hogan, responsable de la stratégie d'investissements à Lazard Capital Markets]. Comme moi, s'était bien la première fois - le 6 mai 2010 - que j'ai assisté à un '' Flasch Crash '' ! Ce jeudi noir, l'indice Dow Jones Industrial Average avait perdu environ 998,52 points avant de regagner 600 points, entre 14 : 42 et 14 : 52 au New York Stock Exchange. Une baisse de 9,2 % en l'espace de...seulement 10 minutes (sans précédent dans l'histoire). Cet incident a permit de mettre au jour l'implication du high frequency trading (HFT- Trading à la nano-seconde) qui représente désormais les deux tiers des transactions boursière sur le NYSE. (De mieux en mieux, non ?)



a écrit le 23/08/2013 à 11:51 :
Un bug informatique? Tiens, ce n'est pas ce qu'en disent ceux qui épluchent les transactions il me semble:
http://www.zerohedge.com/news/2013-08-22/blame-game-begins-nasdaq-accuses-nyse-arca-casuing-glitch
http://www.zerohedge.com/news/2013-08-22/it-was-aapl-after-all http://www.zerohedge.com/news/2013-08-22/nbbo-breaks-aapl-offers-are-below-bids

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