Contenu :
Lien permanent vers cet article :
http://www.latribune.fr/bourse/devises/fiches-techniques/20080930trib000337688/fiche-technique-n17-analyser-le-marche-des-changes-partie-3.html
La Tribune.fr - 30/09/2008 Ã 11:43 - 2095 mots
Partie III : Les indicateurs techniques
Une fois la lecture des graphiques assimilée, nous pouvons désormais nous pencher sur quelques indicateurs plus techniques constituant de bonnes bases pour orienter dans vos processus d’achat et de vente. Les indicateurs sont en fait des calculs généralement mathématiques dont les résultats, représentés sous forme de courbes, servent à anticiper l’évolution future des cours. Bien sûr, ils ne donnent pas des informations fiables dans tous les cas et doivent être utilisés avec parcimonie en complément des autres informations à votre disposition.
1. Les Moyennes Mobiles
Les moyennes mobiles sont des indicateurs très utilisés dans l’analyse technique. Elles indiquent la valeur moyenne du cours d’un cross sur une période donnée. Il existe sept moyennes mobiles différentes mais nous ne traiterons ici que les plus courantes : la moyenne mobile simple et la moyenne mobile exponentielle.
La moyenne mobile simple
Lorsque l’on utilise une moyenne mobile simple, il s’agit en fait de calculer la moyenne arithmétique des cours de clôture d’un cross sur un total n de périodes choisies. Ainsi, en considérant une périodicité journalière et un nombre de périodes n = 10, la moyenne mobile (qui correspond donc à un prix moyen) sera égale à la somme des cours de clôture du cross lors des dix derniers jours, divisée par 10. Ce calcul est ensuite répété à chaque nouvelle période.
La moyenne mobile ne pourra donc être calculée qu’à partir de la dixième période. La moyenne mobile d’un cross est généralement représentée graphiquement par une ligne continue évoluant en temps réel sur le graphique du cross en question.
La comparaison du cours spot et de sa moyenne mobile peut constituer un bon indicateur de changement de tendance. Ainsi, lorsque le cours du cross croise sa moyenne mobile par le bas, c’est-à-dire lorsque le cours du cross devient supérieur à sa moyenne mobile, on considère que les intervenants ont revu à la hausse leur anticipation sur la devise de base, et c’est un signal d’achat (et inversement si le cours du cross croise sa moyenne mobile par le haut). Certains logiciels décèlent automatiquement ces signaux d’achat/vente et peuvent être utilisés en complément des plateformes de trading. En utilisant cet indicateur, vous « collerez » toujours aux tendances du marché. Par contre, le risque est de prendre position trop tardivement sur le marché et de se priver du même coup de plus-values potentielles. Ceci est surtout vrai pour des moyennes mobiles sur de courtes périodes qui ne décèlent pas de vraies tendances long terme.
La moyenne mobile simple agit également comme un lisseur des données et permet donc une meilleure visualisation des tendances sur un graphique, notamment des tendances à long terme.
La moyenne mobile exponentielle
Contrairement à la moyenne mobile simple qui donne une importance équivalente aux cours de clôture des n périodes précédentes, la moyenne mobile exponentielle est une moyenne pondérée de ces n cours de clôture. Ainsi, les cours les plus anciens sont affectés d’un coefficient inférieur aux cours récents. Il s’agit donc essentiellement de choisir le type de pondération que l’on souhaite appliquer.
La méthode est la suivante : sur un total de 100 %, l’investisseur décide du poids p1 qu’il va donner au cours de clôture du jour. Le pourcentage restant (soit p2 = 100% – p1) va être multiplié à la moyenne mobile exponentielle de la veille. Ces deux résultats sont ensuite additionnés pour donner la moyenne mobile exponentielle.
Reste à déterminer le pourcentage p1 à choisir. Pour cela, on retient en général la formule suivante :
p1 = 2 / (périodes + 1)
Ainsi, pour une période de 4 jours par exemple, on aura :
p1 = 2 / (4 + 1) = 0,4 soit 40 %
On peut en déduire le pourcentage à appliquer à la moyenne mobile exponentielle de la veille, c'est-à-dire :
p2 = (1 – 0,4) = 0,6 soit 60 %
et pour finir, on aura donc :
moyenne mobile exponentielle = 0.4* clôture + 0.6* moyenne mobile exponentielle de la veille
Un grand nombre d’investisseurs préfère d’ailleurs se servir du nombre de périodes dans le calcul de la moyenne mobile exponentielle. Ainsi, en reprenant l’exemple ci-dessus, les investisseurs parleront d’une moyenne mobile exponentielle à 4 jours. Les interprétations de la moyenne mobile exponentielle sont en tous points identiques à celle de la moyenne mobile simple. Il dépend donc de vous de choisir le poids que vous voulez donner aux informations passées.
Bien que les moyennes mobiles soient des indicateurs très répandus, d’autres indicateurs peuvent être utilisés en complément afin d’approfondir votre analyse.
2. Les MACD (Convergences et Divergences de Moyennes Mobiles)
Le MACD est basé sur la différence entre deux moyennes mobiles exponentielles de périodes distinctes, en général celle à 12 jours diminuée de celle à 26 jours. Le résultat est donc une valeur oscillant autour d’une ligne zéro, ce qui nous permet d’effectuer l’analyse suivante :
* Si le résultat est positif (la moyenne mobile à 12 jours est supérieure à celle à 26 jours), cela est significatif d’un mouvement haussier.
* Si le résultat est négatif, cela est significatif d’un mouvement baissier.
On compare alors cette fonction avec sa propre moyenne mobile exponentielle à 9 jours (attention, il s’agit de la moyenne mobile du MACD à 9 jours, et non de celle du cours du cross !) en superposant ces deux courbes sur le même graphique. La courbe du MACD à 9 jours est appelée ligne de « signal » ou de « déclenchement » car lorsqu’elle croise la courbe du MACD, cela indique généralement que le MACD va converger vers la ligne zéro. Ainsi, lorsque le MACD passe au dessus de cette ligne, cela constitue un signal d’achat, et lorsque le MACD passe en dessous, c’est un signal de vente. Ces informations peuvent également être matérialisées par un système de flèches achat/vente, selon le logiciel de trading que vous utilisez.
Les avantages et les limites de l’utilisation du MACD sont relativement similaires à ceux des moyennes mobiles. Ces indicateurs constituent en soi des indicateurs « retardés » car les signaux d’achat et de vente peuvent n’apparaître que tardivement. En effet, sur le graphique précédent, le signal de vente apparaît légèrement après que le cours de l’EUR/USD commence à se déprécier.
3. Le Momentum
Le Momentum est un indicateur utilisé pour mesurer la vitesse de variation d’un cours dans un intervalle de temps défini. Cet indicateur se présente sous la forme d’un ratio comparant le cours de clôture d’un cross aujourd’hui à celui d’il y a n périodes. Ainsi, plus les fluctuations de cours sont grandes, plus les fluctuations du Momentum sont importantes.
Si les périodes prises en compte par le Momentum peuvent varier de 1 à 200 jours, les périodes les plus utilisées restent les Momentums à 12 jours et à 25 jours. Celui à 12 jours est d’ailleurs considéré comme un indicateur particulièrement pertinent dans l’analyse des zones de surachats/surventes à court et moyen terme.
On considère que plus le Momentum est élevé, plus le cross est suracheté, et inversement lorsque le Momentum est bas. On peut donc se servir également du Momentum comme d’un outil permettant de signaler les moments propices à l’achat (lorsque le Momentum marque un pic vers le bas puis se retourne) ou à la vente (pic vers le haut et retournement). Cependant, lorsqu’un pic apparaît, il est fortement conseillé de ne prendre des positions qu’après confirmation de la hausse ou de la baisse.
4. Le Rate of Change (ROC)
L’analyse du ROC est en tous points identique à celle du Momentum, à cela près que si le Momentum se présente sous forme de ratio, le ROC se présente soit sous forme de points (il s’agit dans ce cas de mesurer simplement la différence entre le cours de clôture du jour et le cours de clôture d’il y a n périodes), soit sous forme de pourcentage. Pour comprendre le mode de fonctionnement et l’utilisation optimale du ROC, il vous suffit de vous référer à ce qui a été dit sur le Momentum.
5. Le Relative Strength Index (RSI)
Le RSI est un indicateur très populaire qui permet de suivre l’évolution du cours d’un cross. Cet indicateur prend en compte les moyennes des variations baissières et les moyennes des variations haussières des n dernières périodes, afin de générer un oscillateur de suivi de prix qui s’échelonne entre 0 et 100. Les RSI les plus pertinents sont les RSI à 9 jours, 14 jours et 15 jours. Il est fortement déconseillé de se servir du RSI pour des périodes plus courtes car cela rend cet indicateur très volatile et donne de faux signaux.
La principale utilisation du RSI réside dans l’identification d’éventuelles « divergences » à venir (il est en cela un indicateur avancé). Une divergence est une décorrélation entre la tendance du cours et celle d’un indicateur associé. Un tel phénomène est généralement annonciateur d’un retournement imminent du marché, il est donc important de savoir l’identifier ! Avec le RSI, on considère que les divergences se produisent quand les prix effectuent un nouveau haut (ou bas) qui n’est pas confirmé par un nouveau haut (ou bas) sur le RSI.
En plus de l’identification des divergences à venir, le RSI a d’autres applications :
* si le RSI forme un pic au-dessus de 70 (ou un creux au-dessous de 30), il est très probable que le cours du cross en question se déprécie fortement (ou s’apprécie fortement) par la suite.
* quand le RSI se retourne et dépasse un récent pic ou tombe plus bas qu’un récent creux, cela indique généralement une cassure prochaine (le cours du cross va sortir du tunnel support/résistance). On parle alors de failure swings.
6. Les Bandes de Bollinger
Le principe de base des bandes de Bollinger est de considérer que les prix évoluent entre des « bandes » qui correspondent à des moyennes mobiles. On choisit en général la moyenne mobile exponentielle à 20 jours, qui constituera la « bande centrale », la « bande du dessus » sera calculée en ajoutant à la bande du milieu un certain écart-type, et la « bande du dessous » sera, quant à elle, calculée en soustrayant ce même écart-type à la bande du milieu.
L’écart type étant une mesure de la volatilité d’un cours, cela signifie que :
* Plus les bandes sont rapprochées, plus la volatilité du cours étudié est faible et donc que les prix sont contenus.
* Plus les bandes sont écartées, plus la volatilité est forte et les prix fluctuent de façon importante.
En général, après une contraction des bandes due à une baisse de la volatilité, les cours ont tendance à varier brusquement. Ce phénomène est particulièrement remarquable sur le graphique suivant qui représente le cours de l’EUR/USD en périodicité 1 heure avec une base de 20 jours et un écart type de 2 pour le calcul des bandes de Bollinger.
L’utilisation des bandes de Bollinger permet également d’anticiper des variations futures des prix. En effet, on considère que lorsqu’un cours atteint la bande inférieure (ou supérieure), il est très probable qu’il atteigne la bande supérieure (ou inférieure) par la suite.
* Lorsque les cours atteignent les bandes extrêmes, cela constitue de bons signaux d’achat/vente.
* Lorsque les cours dépassent ces bandes de façon significative, il s’agit d’un signal de poursuite de la tendance en cours.
* Lorsque des creux ou des sommets apparaissent à l’extérieur des bandes, suivi de creux ou de sommets à l’intérieur des bandes, c’est un signe d’un prochain retournement de tendance.
À noter cependant que les bandes de Bollinger ne donnent pas d’indication réellement fiable si elles ne sont pas utilisées en complément d’autres indicateurs.
7. Le Commodity Channel Index (CCI)
Le CCI est un indicateur avancé permettant de déterminer à l’avance les divergences et les éventuelles zones de surachat/survente. Le procédé de calcul du CCI étant relativement complexe, nous allons ici nous concentrer sur l’interprétation des variations du CCI par rapport aux variations des prix. De façon simplifiée, on peut considérer que le CCI mesure la variation du cours d’un cross autour de sa moyenne statistique des n dernières périodes. Il s’agit d’un oscillateur dont les valeurs varient généralement entre – 200 et + 200.
L’interprétation du CCI peut donc se résumer en deux points principaux :
* Lorsque le CCI marque des pics à des valeurs hautes (supérieures à 200), alors les cours sont anormalement élevés et nous sommes en zone de surachat (il devient donc intéressant de vendre), et vice versa lorsque le CCI atteint des valeurs basses (inférieures à -200).
* Le CCI annonce une divergence lorsqu’il ne parvient pas à franchir ses hauts (ou ses bas) précédents alors que les cours atteignent eux de nouveaux hauts (ou bas).
![]() | ALCATEL-LUCENT | 1,301 € | +3,01% |
![]() | CARREFOUR | 14,390 € | +1,37% |
![]() | VINCI | 32,945 € | +1,04% |
![]() | CAP GEMINI | 27,310 € | -3,48% |
![]() | ACCOR | 24,520 € | -3,29% |
![]() | EADS | 27,245 € | -2,64% |
|
Les plus commentés |
|
Les plus envoyés |
| Les plus lus |
Pied de page :