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La Tribune.fr - 19/06/2009 Ã 15:07 - 1473 mots
Vendredi 19 juin. 15h05. Cette semaine aura une nouvelle fois été riche en évènements économiques. Tout d'abord dès lundi, les places boursières internationales plongeaient brutalement en raison du retour de l’aversion au risque, et envers les valeurs boursières cycliques, de la part des investisseurs internationaux. En effet, une grande majorité d’investisseurs préfèrent prendre leurs bénéfices et se retirer avant cet été, période principalement marquée par les résultats trimestriel du premier trimestre 2009.
Mardi, aux Etats-Unis, les marchés attendaient une salve de statistiques économiques. Tout d’abord, l’indice des prix à la production ressortait en baisse de 5%, soit sa plus forte baisse depuis 1949. L’indice ABC de la confiance des consommateurs américains ressortaient lui aussi en berne à -49, cédant 2 points par rapport à la semaine dernière. Dans le secteur de la construction, le nombre de permis de construire a augmenté de 4% en mai par rapport à avril, et les mises en chantier ont également rebondi de 17,2% par rapport à avril. Le mois d'avril ayant été le niveau le plus bas enregistré pour ces indicateurs, ces derniers reculent sur l'ensemble de l'année de 47% et de 45,2% respectivement.
Ces bons résultats immobiliers ont cependant été ternis par l’annonce de la production industrielle américaine ressortie en recul de 1,1% en mai pour le septième mois de baisse consécutive. Ces annonces n’ont pu permettre au Dow Jones de rebondir, et se sont donc l’ensemble des bourses mondiales qui reculaient dans le sillage de Wall Street.
Mercredi, ce sont les valeurs bancaires majeures qui ont particulièrement souffert en raison des inquiétudes liées à une possible baisse de leur notation par l’agence de notation Standards & Poor’s. En effet, déjà en début de semaine, l’agence S&P avait publié un rapport peu confortant concernant la santé financière des principales banques européennes. Selon l’agence de notation, certaines grandes banques européennes devraient continuer de subir des pertes au cours des prochains trimestres.
Aux Etats-Unis, l’annonce des résultats négatifs de la Banque Fédéral, en recul pour le quatrième trimestre fiscal a été très mal perçue par les investisseurs. Malgré leur rebond en fin de séance jeudi, les principales banques de dépôt américaines corrigent fortement cette semaine : Bank of America cède 6%, Citigroup 9,80%, et Wells Fargo 7%. Enfin, les valeurs bancaires américaines ont reçu cette semaine le feu vert pour procéder au remboursement des fonds octroyés par le gouvernement américain dans le cadre du plan Tarp servant à se débarrasser des actifs financiers toxiques.
Jeudi, la journée aura été marquée par des chiffres de l’emploi américain rassurants avec une baisse du nombre de chômeurs indemnisés cette semaine. De plus, l’indice de la Fed de Philadelphie a aussi rebondi à -2,2 en juin, alors que les analystes tablaient sur un recul de 17 en juin. Ces annonces ont orienté les indices boursiers dans le vert, permettant aux marchés de respirer après plusieurs séances négatives. Cependant, les mauvaises performances des valeurs technologiques ont freiné le rebond des marchés à l’image du Nasdaq qui perd 2,50% à 1.450 points sur la semaine. Enfin, les bourses internationales auront surtout accueilli avec soulagement la publication de l’indice du Conference Board relatif à l’évolution de la conjoncture économique américaine pour les deux ou trois prochains trimestres à venir. L’indice est ressorti en hausse de 1,2% en mai. Ken Goldstein, l’un des économistes présent au Conference Board a ainsi affirmé que la récession perdait en puissance, que la confiance renaissait, et que la volatilité déclinait. Goldstein a cependant rappelé que les résultats d’entreprises au deuxième trimestre seront le véritable test confirmant le démarrage de l’économie et le rally haussier des marchés.
Sur l’ensemble de la semaine, le Dow Jones perd 2,80% à 8.550 points, et le S&P500 2,90% à 918 points. En Europe, le CAC40 perd 3% autour des 3.200 points, le DAX 4,50% à 4.840 points, et le Ftse 100 2%. Au Japon, la bourse nippone signe sa plus forte baisse depuis trois mois, de 3,5% sur la semaine. Vendredi, le FMI déclarait que le Japon devrait s’apprêter à perdre prochainement son rang de deuxième puissance mondiale après une contraction de son PIB de 14% au second trimestre 2009.
Sur le marché des changes, c'est le retour de l’appétit pour le risque qui devrait influencer le cours de plusieurs devises majeures dans les prochaines semaines. Malgré la hausse inévitable du chômage dans la zone euro, les marchés devraient bénéficier des indicateurs économiques de plus en plus rassurants. Au cours des dernières semaines, la monnaie unique s’est dépréciée face aux autres devises majeures, mais de nouvelles mesures monétaires alternatives prises par la BCE pourraient faire rebondir l’euro. Le cours euro/dollar continue d’évoluer dans un range entre 1,38 et 1,42 dollar, avec un test de son support mineur à 1,3750 dollar lundi suite aux plongeons des bourses lundi.
Le cours dollar/yen rebondi sur les 95,60 yens et évolue actuellement autour des 97 yens après s’être déprécié de 300 "pips" entre lundi et mercredi. Le cours sterling/dollar a évolué cette semaine dans un "range" entre 1,62 et 1,65 dollar. A long terme, le rally haussier de la livre face au dollar commence à montrer des signes d’essoufflement après que la livre ne soit pas parvenue à se maintenir au-dessus de sa résistance à 1,65 dollar, malgré des bons chiffres de l’emploi britannique. La faiblesse de la livre pourrait être attribuée au discours de King, gouverneur de la Banque d’Angleterre, qui a affirmé que les banques auraient besoin d’avantage de capital de réserve. De plus, les ventes de détail ressorties en baisse de 0,6% en mai, alors que les prévisions estimaient une hausse de 0,4%, en sont aussi pour beaucoup dans la dépréciation de la livre face au dollar et à l’euro en fin de semaine. Le cours sterling/dollar pourrait donc s’orienter vers son support à 1,62 dollar. Après s’être fortement apprécié à un plus haut à 0,86 livre, le cours euro/sterling poursuit sa tendance baissière en direction de son support majeur à 0,84 livre.
Alors que le cours de l’euro/franc suisse se stabilisait dans un canal entre 1.50 et 1.51 franc suisse, des rumeurs parvenues jeudi sur les marchés et concernant le rachat par la banque nationale suisse d’une vente massive du franc suisse afin de déprécier la devise helvétique, et de dynamiser les exportations suisses. De fait, le cours euro/franc suisse s’est envolé de plus de 130 "pips" en quelques secondes, passant ainsi au-dessus de 1,51 franc. Le président de la banque nationale suisse a exprimé cette semaine son désir d’adopter de nouvelles régulations internationales pour les banques, et son désir de réduire la taille des deux plus grandes banques suisses afin de diminuer les risques systémiques dues à leur ampleur dans l’économie suisse.
Si le rally haussier des marchés actions perdure, les devises des pays émergents continueront de s’apprécier, et parmi les devises majeures les dollars australien, canadien ou néo-zélandais (appelées devises "matières premières") signeront les meilleures performances. Mais si l’aversion au risque gagnait les marchés (scénario privilégié puisqu’il semble que parler de reprise globale soit prématuré), les investisseurs détenant ces devises se trouveraient dans une situation très inconfortable, et qu’il serait alors plus judicieux de revenir vers les valeurs refuge que sont le dollar et le yen. Les prochaines décisions des banques centrales concernant leur taux d’intérêt représenteront un facteur clé sur l’évolution des monnaies dans les prochaines semaines.
Parmi les valeurs les plus corrélées aux mouvements du marché des devises, on retrouve en premier lieu les matières premières. Si le marché continue de s’inquiéter en vue d’une éventuelle dévaluation du dollar américain à cause de dettes successives, indispensables pour que le Trésor américain puisse garantir les plans de relance et de sauvetage, alors les matières premières pourraient poursuivre leur récente hausse. Si le pessimisme portant sur l’état global de l’économie est accompagné par un dollar fort et des rendements américains à long terme faibles, alors les marchés des matières premières pourraient de nouveau chuter. Cette semaine, le cours du baril de pétrole s’est négocié à plus bas à 69,70 dollars, mais rebondit maintenant progressivement vers les 73 dollars à New York.
Trade de la semaine : Long sterling/francs suisse
La Banque nationale suisse (BNS) poursuit ses actions pour tenter de dévaluer sa monnaie. Hier, le franc suisse a connu une vive volatilité suite à l’annonce du taux directeur, maintenu à 0,25%. Jordan, le gouverneur de la BNS, a en effet avancé hier matin que le marché des devises ne devait pas être un moyen d’intervenir pour dévaluer une monnaie. Seulement, en début d’après-midi, des rumeurs d’intervention de la BNS, qui aurait acheté massivement de l’euro/franc suisse, ont provoqué une onde de choc. La chute du franc suisse n’est pas terminée. Du fait de la forte volatilité, notre stop a été atteint la semaine dernière. On se replace sur la position en achetant au cours actuel (1,7810). Objectif à 1,8000. Stop à 1,7740.
Article réalisé par l'équipe Stratégie et recherches économiques de Saxo Banque (France)
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![]() | ALCATEL-LUCENT | 1,298 € | +2,77% |
![]() | CARREFOUR | 14,360 € | +1,16% |
![]() | VINCI | 32,940 € | +1,03% |
![]() | ACCOR | 24,490 € | -3,41% |
![]() | CAP GEMINI | 27,495 € | -2,83% |
![]() | EADS | 27,250 € | -2,63% |
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