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La Tribune.fr - 24/07/2009 | 15:38 - 1683 mots
Vendredi 24 juillet 2009, 15:27. Cette semaine, les places boursières internationales auront une nouvelle fois atteint des niveaux de volatilité record. Celle-ci s'est faite ressentir sur les marchés actions et sur le marché des changes, du fait de la forte corrélation présente entre ces deux marchés. Tout d'abord sur les marchés actions, la semaine a été marquée par la salve de résultats semestriels d'entreprises tant attendue. Aux Etats-Unis, plus de 15% des entreprises listées sur l'indice S&P ont désormais révélé leurs chiffres d'affaire pour le deuxième trimestre 2009. Plus de 75% d'entre elles ont publié des résultats supérieurs aux attentes.
Le grand gagnant de la semaine est le Nasdaq Composite qui avance de plus de 10% depuis lundi dernier, soit une série historique de 12 séances consécutives de hausse. Ce record a été rendu possible grâce notamment à d'excellents résultats d'Apple, d'Intel et de Yahoo lesquels ont tiré l'indice vers les 1975 points. Les seuls bémols auront été les résultats décevants de Texas Instrument et de Microsoft, dont les bénéfices nets ont chuté respectivement de 56% et 17% au deuxième trimestre. A lui seul Microsoft pourrait provoquer un repli sur les marchés en cette fin de semaine.
Dès lundi, les marchés avaient positivement accueilli l'annonce par Goldman Sachs qui a rehaussé son objectif du cours de l'indice S&P pour la fin de l'année de 940 à 1060 points (+14%). Cette bonne nouvelle avait aussitôt été suivie par l'annonce d'une hausse de l'indice composite des indicateurs économiques U.S à 0.7 en juin contre 0.5 en mai. Suite à ces chiffres positifs, les marchés témoignaient d'une réduction significative de l'aversion au risque, poussant ainsi les indices dans le vert en début de semaine.
Sur les valeurs bancaires américaines, après les excellents résultats trimestriels de Goldman Sachs et JP Morgan ressortis la semaine dernière, le secteur financier a été frappé par l'annonce décevante d'un troisième trimestre consécutif de pertes (1.26 milliards de dollars) pour le géant de Wall Street, Morgan Stanley. Rapporté aux actions, la banque d'affaires a annoncé une perte de 1.10 dollar, alors que les analystes tablaient sur une perte de 53 cents par action. De l'autre côté des Etats-Unis, la banque californienne Wells Fargo publiait un chiffre d'affaire en hausse de 81% par rapport à l'année dernière à 3.17 milliards de dollars. Malgré ces bons chiffres, les traders sont restés sceptiques quant à la fiabilité de ces résultats.
CIT Group aura aussi été au cœur des discussions cette semaine. En effet, alors que CIT avait déclaré pouvoir éviter la faillite grâce à un crédit de 3 milliards de dollars accordé par ses obligataires, l'établissement de financement des PME américaines a ensuite annoncé qu'il prévoyait une perte de 1.5 milliard de dollars au deuxième trimestre, provoquant un retour des inquiétudes quant à une éventuelle faillite du groupe. Enfin, on notera les bonnes performances de Citigroup qui s'adjuge 5.70% sur la semaine.
Un grand nombre d'entreprises américaines ont publié leurs résultats cette semaine. L'une des nouvelles les plus marquantes aura été la publication du bénéfice net de Caterpillar à 371 millions de dollars au second trimestre 2009. Mercredi Merck&Co publiait des résultats légèrement inférieurs aux attentes en baisse de 12% enregistrant un bénéfice net de 1.56 milliards de dollars. La compagnie aérienne Continental Airlines a publié des pertes record de 213 millions de dollars au deuxième trimestre. Boeing a pour sa part pu se féliciter d'un bénéfice par action de 1.41 dollar contre 1.16 attendu. Dans le secteur des boissons non-alcoolisées, Coca-Cola a publié une augmentation de son chiffre d'affaire de 43% à 2.04 milliards de dollars au deuxième trimestre 2009. De même, le bénéfice net de PepsiCo a été publié à 1.66 milliard de dollars. Enfin, Starbucks a également publié des résultats fortement supérieurs aux attentes, poussant le cours de l'action de 18% mercredi.
Ces bons résultats ont pu profiter aux indices boursiers américains. Sur la semaine, le Dow Jones s'adjuge +3.72 % à 9070 points et le S&P 500 à +3.82 % à 975 points. En Europe, sur l'ensemble des séances de la semaine, le CAC40 gagne +5.18 % en venant tester la résistance des 3400 points, et a signé jeudi sa huitième séance consécutive de hausse. En Allemagne, la Bundesbank a déclaré observer un ralentissement de la contraction économique outre-Rhin et du PIB allemand. Le DAX gagne 5.50% sur la semaine, et s'établit au-dessus de la barre symbolique des 5000 points à 5284 points. La hausse des indices a été confortée vendredi matin suite à la publication de l'IFO et des PMI (services et manufacturier) en hausse. A Londres, le Footsie s'avance de 4.45% sur la semaine et côtoie actuellement sa résistance à 4575 points. Les bourses internationales ont donc poursuivi leur rally haussier entamé la semaine dernière. Bien qu'une prise de bénéfices de la part des investisseurs soit à anticiper prochainement, la semaine prochaine sera déterminante sur les marchés, puisque d'autres bonnes nouvelles pourraient de nouveau profiter aux indices.
L'autre évènement clé de la semaine aura été les discours du président de la Fed, Ben Bernanke devant la Chambre des représentants et du sénat américain. Bernanke a affirmé que l'économie U.S restait fragile, et que la reprise de la croissance dépendra principalement de l'évolution de l'emploi U.S, ainsi que de la santé du consommateur américain. Selon lui, l'économie américaine connaîtra un niveau de chômage élevé jusqu'en 2010. Cependant, le président de la Fed a rassuré en maintenant ses prévisions de sortie de crise à la fin de l'année 2009, et s'est félicité du rebond des marchés financiers récemment rendu possible grâce au retour de l'appétit pour le risque de la part des investisseurs. Bernanke a aussi consacré une grande partie de son discours aux diverses « stratégies de sortie », lesquelles ont pour objectifs principaux d'éviter une augmentation de l'inflation dans les temps à venir, et de rééquilibrer efficacement la balance budgétaire américaine.
Mercredi, le président de la Fed a déclaré qu'une sortie de crise devrait se faire relativement lentement en raison du fait que les consommateurs américains doivent actuellement faire face à des dettes importantes, et en raison de la chute des prix de l'immobilier. De ce fait, les taux d'intérêts américains devraient stabiliser à leur niveau plus bas « pendant une période prolongée ». Monsieur Bernanke a aussi déclaré que la chute de l'activité dans le secteur immobilier avait atteint son point le plus bas. Ces propos ont pu être justifiés par les statistiques immobilières américaines cette semaine. Déjà vendredi dernier, les permis de construire aux Etats-Unis étaient ressortis en juin à 563 000 au lieu des 524 000 attendus, et contre 523 000 le mois précédent. Les mises en chantier sont également ressorties en hausse à 582 000 contre 530 000 attendues. Cette semaine, l'indice des prix des logements a été publié à +0.9% en mai contre +0.2% attendu. Jeudi, les ventes de logements anciens sont ressorties supérieures aux attentes à 4.89M en juin contre 4.77M en mai, soit une hausse de 3 mois consécutifs. Il semble que le secteur immobilier U.S bel et bien sur le chemin de la guérison.
Sur le marché des changes, le cours EUR/USD a évolué dans un range entre 1.4150$ et 1.43$. Malgré certaines nouvelles décevantes dans la zone Euro publiées cette semaine, l'euro aura pu profiter de l'appétit pour le risque des investisseurs. Ce sont les Etats-Unis qui se dirigent les plus vite vers une sortie de crise. Les résultats d'entreprises U.S ont provoqué un élan d'optimisme historique sur les marchés. Mercredi, les commandes industrielles dans la zone Euro ont reculé de 0.2% en mai (-30% sur un an) alors que les analystes prévoyaient une hausse de 2%. Cependant, jeudi la balance courante européenne est ressortie sensiblement meilleure que prévue à -1.2 milliard au lieu des -2.7 milliards attendus. Jeudi, le cours EUR/USD s'échangeait à un plus haut de la semaine juste en-dessous de sa résistance à 1.43$.
En début de semaine, la livre souffrait suite à la publication du déficit public britannique en recul de 22 milliards d'euros. De plus, les performances du « cable » ont été plombées par un article publié dans le Daily Telegraph affirmant que certaines banques anglaises majeures, telles que Barclays et RBS, auraient besoin d'une augmentation de capital, si jamais celles-ci envisageait d'élargir leurs filiales d'investissement dans le contexte économique actuel. Jeudi, la livre reprenait des couleurs avec la publication des ventes de détails au Royaume-Uni à +1.2% en juin en rythme mensuel contre 0.3% attendu, et de 2.9% en rythme annuel au lieu de 2.1%. Ainsi, le cours GBP/USD se négociait à un plus haut de la semaine à 1.6560$ en direction du seuil des 1.66$. Le câble s'est établi dans son large range entre 1.60$ et 1.67$, et il semble qu'il devrait évoluer dans ce canal à moyen terme. Le cours GBP/JPY profite également du retour de l'appétit pour le risque. La paire s'échange maintenant à 157.00¥. Enfin, l'indice des prix immobiliers est ressorti en hausse de 0.6% en juillet contre -0.4% en juin. Cependant, selon l'Institut national de recherche économique (NIESR), les prix immobiliers devrait continuer de baisser en Grande-Bretagne jusqu'en 2010. Cela devrait affecter directement la consommation britannique.
Sur les marchés des matières premières, le cours de baril de pétrole brut reculait vers les 66$ mercredi suite à la publication d'une baisse des stocks de pétrole brut en juillet pour la septième semaine consécutive, le cours oscillait autour des 66.60$ jeudi. A Londres, le baril brent se négocie actuellement à 68.80$ par baril.
Trade de la semaine : Court TRY/JPY
Le cours est revenu sur sa résistance majeure à 64.00 pour la sixième fois en 5 mois. Malgré la dernière baisse des taux directeurs turcs à 8.25% et l'annonce d'une chute record de sa croissance sur le premier trimestre 2009 (-13.8%), le cours avait pu profiter du repli du yen grâce au rebond des marchés. La prise de profit attendue en cette fin de semaine et début de semaine prochaine pourrait renforcer le yen à court terme et reconduire la parité dans son range en direction des 60.00. On vend donc le TRY/JPY au cours actuel (63.70). Objectif à 60.50. Stop à 64.70.
Article rédigé par l'équipe Recherches Economiques et Stratégie de Saxo Banque (France).
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