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La Tribune.fr - 07/08/2009 | 14:54 - 1213 mots
Vendredi 7 août 2009, 13:55. On retiendra cette semaine que malgré des progressions modestes, les marchés ont franchi de nouveaux records annuels et atteignent des niveaux symboliques. En effet, dès lundi le CAC40 a fait quelques incursions au dessus des 3500 points grâce au retour de l’appétit pour le risque. Néanmoins ce niveau semble être une résistance trop forte pour l’indice parisien, il a été incapable de clôturer une séance au dessus de cette valeur. Par ailleurs, le S&P500 a franchi la barre symbolique des 1000 points. Mais des baisses généralisées mardi et mercredi ont été marquées sur les places boursières européennes suivies par Wall Street avec une journée de retard, et finalement les niveaux de début de semaine ont été retrouvés.
La forte progression des indices ce lundi s’explique notamment par les bons chiffres économiques publiés ce jour, notamment les indices PMI manufacturiers anglais et américains sortis tous les deux meilleurs qu’attendus. Pourtant mardi, il n’y a pas eu de corrélation entre direction des indices et qualité des annonces économiques. Malgré le constat d’une progression des ventes de logements aux Etats-Unis de 3.6% quand les économistes prévoyaient 0.5%, les marchés ont eu besoin de reprendre leur souffle après les performances de la dernière semaine de juillet. La confiance des investisseurs, qui semblait être au plus haut a néanmoins été perturbée mercredi du fait de la publication aux Etats-Unis d’un indice PMI du secteur des services décevant puisque publié à 46.4 contre une anticipation à 48.1. Néanmoins les statistiques déterminantes concernent la situation sur du marché de l’emploi américain sur le mois et notamment le taux de chômage à paraître vendredi après-midi. En effet, le chômage américain semble être l’indicateur le plus pertinent pour apprécier la reprise économique et celui-ci devrait donner une direction globale aux marchés. Ainsi, le nombre relativement faible d’inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage rendu public jeudi, n’a pas eu d’influence notable sur des marchés concentrés sur les chiffres de la fin de semaine.
Lundi, la confiance des investisseurs a poussé le CAC40 vers des plus hauts, lui faisant gagner 1.50%. Pour la première fois depuis novembre 2008, les 3500 points étaient atteints sans pour autant s’établir comme un point d’ancrage puisque l’indice parisien clôturait à 3477.80 points. Néanmoins, après la hausse, les investisseurs se sont décidés à prendre leurs bénéfices et une pause a été marquée, alors même que les valeurs financières étaient dopées par les bons résultats de BNP Paribas (mardi) et de la Société Générale et AXA (mercredi). Et jeudi en fin de séance le CAC40 cotait exactement au niveau de la clôture de lundi. Enfin vendredi en début de journée, l’attente et l’appréhension des chiffres du chômage américain faisait reculer la place parisienne et amortissait la hausse du début de semaine. Sur 5 jours, l’indice phare ne progressait plus que de 0.68%.
Ailleurs en Europe, la tendance a été similaire. Le Footsie qui avait pris 1.61% lundi grâce notamment à un excellent indice PMI manufacturier britannique, ne gagnait plus que 0.67% sur la semaine et ne s’était pas maintenu au-dessus des 5400 points. Le repli du Dax mardi et mercredi a été encore plus fort et ce dernier ne progressait plus que de 0.18%.
Aux Etats-Unis, après la hausse du début de semaine, l’indice de santé du secteur des services a déclenché là-bas une pause. Ainsi mercredi et jeudi, le Dow Jones et le Nasdaq reculaient tandis que le S&P500 repassait sous les 1000 points. Avant la séance de vendredi, le Dow Jones progressait de 0.92% sur la semaine tandis que le Nasdaq, en difficulté après les craintes que les résultats décevants de Cisco System ont fait naître, cédait 0.27%.
Au Japon, bien que la masse monétaire se soit une nouvelle fois contractée et que le revenu des travailleurs ait reculé de 7% sur l’année, la bourse japonaise semble résister à une conjoncture difficile. Le Nikkei continue ainsi sans heurt majeur sa progression entamée depuis maintenant le 20 juillet et gagne 0.53% sur la semaine. L’indice non pondéré nippon a d’ailleurs passé les 10400 points à 10412.09 en clôture.
Sur le marché du Forex, les monnaies dites risquées ont débuté la semaine sur les chapeaux de roue face aux valeurs refuge avant de rentrer dans la phase de stabilisation actuelle. En effet, l’euro et la livre sterling se sont fortement appréciées face au dollar et au yen. Lundi dernier, l’EUR/USD et le GBP/USD ont bondi de plus de 200 pips grâce notamment à l’indice ISM américain ressorti bien meilleur qu’attendu. L’euro est donc passé d’une cotation de 1.4205 à 1.4444 dollar et la livre a vu son cours s’envoler de 1.6695 à un plus haut à 1.6985 à 18h30. De plus, les dépenses de construction US en juin -progressant de 0.3%- et les indices PMI du secteur manufacturier en Europe et en Angleterre ont permis de stimuler l’appétit pour le risque et par voie de conséquence redonné du galon à la monnaie unique et à la monnaie de sa Majesté. Face au yen l’évolution de ces deux paires de devises a été encore plus spectaculaire lundi dernier. A l’instar de l’euro qui est revenu sur son niveau du 15 juin à 137.50 yens gagnant ainsi près de 300 pips mais aussi le GBP/JPY qui a réalisé la plus belle performance des paires de devises majeures en affichant une hausse exponentielle de 360 pips à 161.75 yens.
Cependant, les jours suivants -mardi et mercredi- ont donné lieu à une phase de stabilisation pour l’euro. Malgré des chiffres économiques très encourageants à l’image des ventes de logements US, des dépenses personnelles américaines en progression de 0.4% et de l’indice PMI des services dans la zone Euro à 45.7, l’euro n’a pas pu poursuivre son appréciation entamée depuis lundi. Les investisseurs ont marqué le pas et sont plutôt restés attentifs à la seule ombre au tableau des chiffres macroéconomiques : l’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi aux Etats-Unis. C’est pourquoi l’euro a fluctué sans réelle direction autour de la barre des 1.4400 dollar. Toutefois, la monnaie britannique a amorcé un sursaut d’orgueil mercredi en affichant un gain de 150 pips à 1.7040 dollar grâce au redémarrage de la production industrielle en Angleterre à 0.4% et de l’indice PMI des services anglais à 53.2. Le retour de l’appétit pour le risque fut de courte durée puisque dès jeudi les cambistes ont procédé à des prises de bénéfices lors de la parution des taux directeurs des banques centrales européenne et anglaise. Celles-ci ont pourtant maintenu leurs taux respectifs à 1.00% et à 0.5%. L’euro s’est légèrement replié, cassant les 1.4400, pour se traiter à 1.4360 dollar. Néanmoins, la Banque d’Angleterre a annoncé une injection massive de liquidités à hauteur de 50 milliards de livres afin de parer aux difficultés d’accès au crédit. C’est pourquoi la livre a plongé de près de 250 pips à 1.6750 dollar. Aujourd’hui, les monnaies européenne et anglaise évoluent très sensiblement dans l’attente du taux de chômage américain prévu en début d’après-midi à 14h30.
La semaine prochaine, nous porterons notre attention tout particulièrement sur les balances commerciales chinoise et américaine, sur les différents rapports des politiques monétaires en Angleterre, aux Etats-Unis et au Japon ainsi que sur le PIB de la zone Euro. Ces données apporteront une forte volatilité sur les marchés financiers internationaux.
Article rédigé par l'équipe Recherches Economiques et Stratégie de Saxo Banque (France).
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