Euronext tire profit de la volatilité des marchés

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Euronext proposera à ses actionnaires un dividende en hausse de 48%, à 1,24 euro par action.
Euronext proposera à ses actionnaires un dividende en hausse de 48%, à 1,24 euro par action. (Crédits : © Benoit Tessier / Reuters)
Le gestionnaire des places boursières de Paris, Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne a atteint son objectif de rentabilité avec un an d’avance. L’action décrochait cependant de plus de 6% mercredi, les investisseurs regrettant que son nouveau patron, Stéphane Boujnah, n’ait pas levé un coin du voile sur le plan stratégique qu’il prépare pour Euronext.

Si les turbulences des marchés donnent des sueurs froides aux investisseurs, elles font en revanche les affaires d'Euronext. Le gestionnaire des places boursières de Paris, Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne, qui présentait ses résultats annuels ce mercredi 17 février, a vu son chiffre d'affaires progresser de 5,3% en 2015, à 518,5 millions d'euros. Une évolution qui tient en grande partie au bond de 19,1% de l'activité de courtage, à 197,2 millions d'euros. Il faut dire que les volumes d'échanges quotidiens sur les marchés d'Euronext se sont élevés à 8,3 milliards d'euros, en moyenne, l'an dernier. Soit une envolée de 27,8% par rapport à 2014, conséquence de la politique monétaire ultra-accommodante de la BCE (Banque centrale européenne), mais également des incertitudes relatives au dénouement du dossier grec, au premier semestre, puis à l'ampleur du ralentissement de l'économie chinoise, au troisième trimestre.

Des incertitudes qui ont conduit nombre d'investisseurs à vendre des actions de façon massive et brutale, générant des rachats à bon compte par des fonds spéculatifs, entre autres. Autant dire que la volatilité qui règne à nouveau sur les marchés depuis le début de l'année, en raison des inquiétudes sur la santé de l'économie mondiale, n'est pas pour déplaire à Euronext. Le gestionnaire des places de Paris, Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne a également tiré parti de la hausse du nombre d'introductions en Bourse, en 2015. PME ou grandes entreprises, à l'image de la banque ABN Amro ou du gérant d'actifs Amundi, 52 sociétés ont rejoint l'an dernier les marchés d'Euronext, levant un total de 12,4 milliards d'euros. En 2014, le nombre d'introductions en Bourse s'était élevé à 45, et le cumul des capitaux levés, à 11,2 milliards.

L'action chute, faute de révélations sur le plan stratégique du nouveau patron

Parallèlement, Euronext a continué à serrer la vis au chapitre des coûts. Ses charges d'exploitation (hors amortissements et dépréciations) ont ainsi chuté de 12,1%. Conséquence, avec 83 millions d'euros de réduction des coûts nets par rapport à 2013, le groupe est en avance d'une année sur son objectif d'afficher 80 millions d'euros d'économies à la fin 2016. Ce qui lui confère également 12 mois d'avance sur son ambition de dégager une marge d'excédent brut d'exploitation de 53% à la fin de cette année, celle-ci s'élevant déjà à 54,7% au 31 décembre 2015. De ces performances découle un bond de 46,1% du bénéfice net, à 172,7 millions d'euros, ce qui permet à Euronext de proposer à ses actionnaires un dividende en hausse de 48%, à 1,24 euro par action.

Malgré ces bonnes nouvelles, l'action Euronext chutait de près de 7% mercredi après-midi à la Bourse de Paris, à 37,030 euros. Il est vrai que les investisseurs espéraient de Stéphane Boujnah, le nouveau président d'Euronext depuis le 16 novembre, qu'il profite de sa première présentation de résultats pour lever le voile sur le plan stratégique qu'il concocte pour le groupe. Las ! Stéphane Boujnah communiquera ses ambitions pour Euronext dans le courant du deuxième trimestre. Lesquelles seront « structurées autour de deux piliers, une nouvelle croissance des revenus et une poursuite de la discipline en matière de coûts », s'est contenté de préciser le dirigeant, lors d'une conférence téléphonique.

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