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Davor Komplita, psychiatre genevois spécialiste des troubles liés au travail - 17/04/2011 | 18:37 - 1128 mots

"Le burn out est un chagrin d'honneur"

Propos recueillis par Sophie Peters

A l'heure où le rapport sur les risques psycho-sociaux figure en bonne place sur le bureau du ministre du travail, le psychiatre suisse Davor Komplita, spécialiste du burn out, explique les enjeux et dérives de ce qui pourrait bien être "la maladie du siècle".

Vous traitez des urgences psychiatriques de "malades du travail", quels sont vos constats ?

Les nouvelles formes d'organisation du travail s'évertuent à mobiliser et à s'approprier la subjectivité des collaborateurs et, ce, à tous les niveaux de la hiérarchie. La culture du résultat, des chiffres, de la performance, de la gestion des projets et des évaluations, se développe dans une rupture croissante avec la réalité du travail humain. Cette tension est hautement pathogène pour les individus qui, quant à eux, se confrontent en permanence aux résistances de la réalité. Lorsque je reçois un nouveau patient, il n'est souvent plus en état de rétablir le dialogue. C'est trop tard. Un peu comme un cancer que l'on découvre par hasard dans état très avancé. Mieux vaut un méchant divorce qu'un fort burn out. Je découvre des pathologies que je ne voyais pas il y a quinze ans. A l'époque quand cela n'allait pas on changeait d'emploi. Le deuxième constat est quantitatif : un tiers de nos consultations spécialisées sont en lien avec la souffrance au travail. Et la moitié des arrêts maladie à Genève en découlent. On ne peut donc plus parler d'un élément anecdotique. Depuis quelques années les « burn out » sont de plus en plus nombreux et fréquents. Troisième constat : Nous sommes tous comme des aveugles autour d'un éléphant, à le palper pour comprendre ce que nous voyons. Le travail n'est pas simple à décrire et à appréhender. Beaucoup d'éléments dépendent de la taille de l'entreprise, de son univers. Mais nous constatons des invariants : l'isolement, l'absence de dialogue autour du travail. On ne peut plus se parler du "comment". D'où des conflits entre les gens qui faute de pouvoir débattre et trouver les moyens de s'organiser, ne se parlent plus que du "qui".

Quels sont les symptômes ?

C'est comme lorsque vous êtes coincé en voiture dans les embouteillages. On s'habitue. Au fait d'avoir une boule au ventre en venant travailler le matin, à celui d'être inquiet à la perspective de rentrer en réunion, et on finit par tirer la sonnette d'alarme de plus en plus tard. Parfois l'état de délabrement des personnes qui viennent à moi est tel qu'ils sont d'emblée mis en invalidité. Ils vont mettre un temps fou à remonter la pente. C'est lié à la nature psychopathologique du burn out. Scientifiquement il a été prouvé qu'un cerveau soumis à un stress permanent et continu entre dans l'inhibition. Le cerveau est à ce point rétréci qu'il tombe en panne. Au bout de plusieurs mois les individus n'arrivent plus à penser et même « se penser ». C'est un traumatisme réel. Résultat : la convalescence est beaucoup plus longue qu'il n'y paraît. C'est un profil nouveau de dépression car il est sans affect. Rien à voir avec un chagrin d'amour. J'appelle cela un « chagrin d'honneur ». Car il relève de la perte de dignité de l'être humain. Si la souffrance d'un individu ne suscite aucun signe de compassion, son « je » n'existe plus. Ce qui détruit les gens c'est de n'être plus rien aux yeux des autres. On ne souffre pas du travail, on souffre de n'être plus rien aux yeux des autres. Ils disent en substance « nous n'avons pas notre place dans ce monde là ». Il y a beaucoup de tristesse, celle de l'effort fourni. Car il y a une trahison au sens clinique du terme. Quand on impose à quelqu'un un paradoxe on le trompe. On accule les individus à trahir leurs valeurs. Seuls règnent en maître les processus.
Les plus vulnérables, ce sont les quadras et les quinquas qui ont intégré les valeurs du travail car leur dignité se joue là. Sans compter l'imposture qu'ils vivent d'être évalué individuellement lorsque leur travail est collectif. Ceux-ci n'ont aucun anti-corps pour lutter contre le mal. . Mon rôle est de les aider à prendre de la distance par rapport à cette notion de « travail bien fait » qu'ils ne peuvent plus exercer à cause des multiples contraintes dans lesquels ils sont pris. En revanche les générations X, Y et Z (de 35 à 18 ans) ont non seulement des anticorps mais aussi des antidotes.

Lesquels ?

Le portable ! Avec, ils ne sont jamais séparés. Et n'importe quel entretien inique a des chances de se retrouver sur Youtube. Les solidarités perdues au travail sont en train de se recréer dans la virtualité. Le totalitarisme de l'entreprise est photodégradable. Car la violence des rapports dans l'entreprise se déroule dans le secret, souvent entre quatre yeux. La lâcheté est alors proportionnelle à l'isolement. Le dialogue fait défaut car le pouvoir prend toute la place. Plus personne ne dialogue par manque de temps et de marge de manœuvre. Dans bon nombre de situations, travailler consiste à résister à l'incohérence, voire à l'aliénation. Les choses vont changer car les jeunes générations ont moins peur et sont moins naïfs. Exactement comme ceux des pays Arabes. Mais la conflictualité pose encore aujourd'hui un problème parce que ce symptôme est mal pris en compte.

Vous proposez une solution d'un genre nouveau : l'arbitrage

Oui j'appelle cela le fait d'instituer une « justice de paix dans l'entreprise » par le biais d'un arbitre qui instruit les situations et peut investiguer les problèmes au travail. Cela améliore non seulement la qualité du management et ses perceptions mais permet également d'organiser le travail. On a trop tendance à pathologiser les conflits c'est-à-dire à considérer que si les gens vont mal c'est qu'ils sont malades et qu'il ne s'agit pas de douleur au travail. C'est un déni de la réalité. De surcroît, lorsque l'on aide une entreprise à soigner ses individus sans toucher au système, on transporte le blessé ailleurs, qui une fois guéri reviendra se faire contaminer par le système. Quelqu'un qui a un problème est aussi le symptôme d'un déséquilibre collectif. On a su réduire l'usure physique au travail (les TMS) mais on n'a pas travaillé à faire émerger les non-dits dans les entreprises. Le travail humain est devenu invisible. Or sa valeur ajoutée n'est pas dans l'organigramme et les processus mais dans ce que font réellement les gens. Il faut soigner l'organisation par le dialogue sur le travail, le management, les politiques et la stratégie. Car plus il y a des prescriptions, plus les gens doivent se coordonner. La relation au travail a ceci de différent avec la relation intime qu'elle se situe dans le « faire ensemble » et non dans « l'être ensemble ». L'objectif est de mettre en place une écologie du travail en récompensant les travailleurs par de la considération et du temps. On a besoin de nouveaux horizons car on ne peut plus parler vrai. C'est par cette capacité à établir une nouvelle relation que les individus pourront renouer avec le travail.

Propos recueillis par Sophie Peters - 17/04/2011, 18:37  | 
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  • symjall a écrit le 07/03/2012 à 00:13 :

    • Une maladie intrusive et extrêmement douloureuse. Des fractions de jours permettent de croire que tout est fini, et là où l'on s'y attend le moins, elle revient, plus forte car chaque attaque affaiblit davantage le sujet. Une bataille contre soi, nous sommes notre propre ennemi. Notre cerveau est le manager de notre corps et cette maladie nous conduit systématiquement à faire amende honorable dans le domaine de l'humilité. Je voudrais croire que l'on puisse s'en sortir...

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  • anthemis a écrit le 26/08/2011 à 13:10 :

    • Oui enfin, il y a un responsable c'est l'employeur qui doit s'assurer de la santé et de la sécurité au travail.... Evidement puisque les lois ne sont pas appliquées... Il aurait tord de se priver, mettre la pression , harceler, établir des management iniques etc.. Les conséquences, c'est la collectivité qui les paye ! Si les employeurs payaient les choses se passeraient autrement...

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  • Corso a écrit le 02/07/2011 à 16:50 :

    • C'est un sujet sérieux. La vraie remarque serait de souhaiter qu'une réflexion soit entreprise à propos des troubles liés .. aux psychiatres. Car il faut bien le dire la manipulation des cadres et des personnels est intense, parfois sans raison, "au cas ou" et les problèmes sont plus sûrement liés à ces prises de tête qu'au travail proprement dit. L'on fait jouer à ces apprentis sorciers des rôles qui ne devraient pas exister, les poussant à justifier leur rôle de chiens de garde au quotidien. Cette pression en donne d'autres en retour, terribles et inutiles. L'abus de psychiatre peut nuire gravement à la santé cela devrait être inscrit sur le paquet.

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  • EIFFEL a écrit le 20/06/2011 à 08:36 :

    • Je pense que l'auteur de cet article oublie un point fondamental, le syndicalisme. J'ai été cadre dans une entreprise et j'ai été confronté à un problème grave suite à un manque de moyens et un manque de considération. Alors que faire ? J'ai décidé d'adhérer à un syndicat d'inspiration chrétienne et de devenir délégué syndical. Le résultat a été au-delà de toute espérance. J'ai obtenu non seulement tout ce que je voulais, 2 personnes supplémentaires, une machine tridimensionnelle dernier cri, un bureau immense dans un magnifique local, mais aussi par exemple, de très beaux rideaux qui ont été mis en place dans mes locaux sans même que je fasse la moindre demande. Alors, pour tous les salariés qui à la peine, adhérer à un syndicat, cela en vaut la peine !

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  • Guillaume a écrit le 14/05/2011 à 23:42 :

    • Le "burn out" existe aussi dans le public. Je travaille comme cadre A en contrat de 3 ans (durée de contrat maxi quand on n'est pas fonctionnaire) dans une très grosse administration territoriale et je me retrouve au placard en attendant d'être viré. Pourquoi ? Parce que j'ai "fait des vagues" et dérangé des cadres et des hauts fonctionnaires qui avaient des choses à cacher. Il s'agissait de gros gaspillages d'argent public et de conflits d'intérêts. Dans l'administration où je travaille, la pression ne découle pas d'exigences de résultats et de productivité, puisque l'évaluation des politiques publiques est inexistante ou falsifiée. Pour gérer leur carrière en toute tranquilité, les cadres et les hauts fonctionnaires se protègent entre eux ("pas de vagues"), s'auto-évaluent et enfument les élus. Et si jamais des fiascos ou des problèmes sont quand même visibles ou risquent de le devenir, ils flinguent un lampiste ou un cadre intermédiaire (par exemple le chargé de mission qui bosse sur le dossier contre vents et marées), surtout si celui-ci a refusé de jouer le jeu de la falsification et de la dissimulation. Alors, je l'ai constaté pour moi comme pour d'autres, les mécanismes de pouvoir sont les mêmes que dans le privé : le pouvoir hiérarchique est discrétionnaire, secret et violent. Vous êtes jugé dans des réunions où vous n'êtes pas invité et dont vous n'aurez jamais les comptes-rendus car tout reste uniquement verbal. Si vous tentez des recours (n+x ou DRH), les portes se ferment ou on vous balade. Les techniques de mise au placard sont aussi les mêmes que dans le privé : vous n'êtes plus invité aux réunions qui concernent vos dossiers, on ne vous communique plus aucune info, on vous met des bâtons dans les roues, etc. Pour ne pas sombrer dans un "burn out" destructeur, il vaut mieux prendre du recul, tourner la page, passer en mode "absentéisme moral" (phénomène décrit par Hubert Landier et d'autres), lire Zoé Shepard pour se sentir moins seul et se préparer sereinement à un rebond professionnel quitte à passer par une période de chômage. Certes, ce n'est pas facile en temps de crise, mais cela vaut mieux que de continuer à se faire broyer petit à petit.

      • ttt a répondu le 16/06/2011 à 17:42:

        • Votre récit est édifiant... Ne pensez vous pas à vous soulager via des outils type blog / twitter / youtube et publier des info "insider" pour faire savoir au contribuable ce qu'il se fait avec son argent ? A ce degré il ne devrait plus il y avoir de scrupules à rendre public des informations professionelles...

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  • Jordi a écrit le 06/05/2011 à 11:02 :

    • Cadre dans une entreprise du Cac, en congé suite à un burn out aujourd'hui, je vous remercie de cet article. La façon dont les entreprises cotées se débarassent du problème est édifiante. Deux/trois discours bien pensants, une plaquette à destination du personnel (si vous avez mal au dos, vous êtes peut être stressé), un e-learning à faire rapido par les managers. Cest bon, on a gagné le droit d'écrire dans le rapport annuel que tout le personnel est informé des risques et que les managers sont formés. Et on peut retourner faire du cash tranquillement.

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  • marco a écrit le 29/04/2011 à 13:32 :

    • Mouais bof ! De jolis discours, encore une fois, les conseilleurs ne sont pas les payeurs... On charge le management, c'est tellement facile ! Certains s'imaginent qu'on exige de la rentabilité pour le plaisir ! Mais dans n'importe quelle boite soumise au triangle infernal client-actionnaire-salarié c'est ainsi ! ou alors, soyez des clients moins exigeants prêts à payer plus chers des produits de moins bonne qualité, soyez des salariés moins assistés prêts à être moins payés, avoir moins de congès, être plus souples, etc..., et soyez des actionnaires (ou financeurs) acceptant plus de pertes !... Comme chacun ne veut bouger de sa position, chacun se renvoie la balle et finalement le manager est le bouc emissaire tout trouvé ! Soyez responsable, en tant que potentiel salarié/client/investisseur... et nous aurons résolu le problème... je crains que ce ne soit trop demander :)

      • vv a répondu le 01/05/2011 à 14:44:

        • Les managers ne sont pas des boucs émissaires. C'est tout simplement de leur responsabilité d'organiser le travail de façon efficace. C'est simplement ce pour quoi ils sont payés! Et le travail efficace passe par de bonnes conditions de travail! Et les bonnes conditions de travail ce sont le sérieux, l'écoute, l'échange, la collaboration, l'intégration!

      • burn outté a répondu le 19/05/2011 à 12:16:

        • Je suis en burn out depuis 3 ans. J'ai toujours travaillé correctement, on me confiait la charge d'une puis deux puis trois personnes. Ma hiérarchie faisait cela. Sous prétexte que j'étais un bon élément. Mais la contrepartie rémunération-reconnaissance (même verbale) ne variait pas en fonction de mes résultats, au contraire, plus je travaillais, moins j'étais considéré. Cependant, les "points à améliorer" ne concernaient JAMAIS mon travail, mais plutôt mon humeur (12 heures de travail par jour influent forcément sur l'humeur...) La hiérarchie a une énorme responsabilité. L'un disait : à grands pouvoirs, grandes responsabilités. Encadrer est une responsabilité. Je ne vais certainement pas défendre ceux (car il n'y eut pas qu'un manager, mais deux en l'occurrence) qui ont réussi à me faire perdre goût à la vie. La pression vient sans doute de plus haut, mais un bon hiérarchique sait dispenser ses troupes d'une pression inutile et les guider et donner du sens à leurs actions.

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  • Enburnout a écrit le 29/04/2011 à 12:19 :

    • Excellent article que beaucoup de pseudo-managers devrait lire et assimiler. Je sors d'un mois d'arret pour burn out et depuis 3 jours les crises d'angoisse et de larmes ont repris, je ne sais plus quoi faire. En face personne pour discuter (RH inexistantes et chefs capricieux) on me reproche bien sur mon arret et il faudrait que j'aille voir les personnes car perte de confiance (genre mea culpa). Si vous avez des solutions, je suis très intéressée car là, je comprend mieux les suicides chez FT vu comment on nous traite dans le milieu professionnel. Certains ont-ils essayé le support psy en parallèle du travail car je me vois mal repartir en arrêt et surtout pas revenir après.

      • jamesbond a répondu le 19/08/2011 à 11:11:

        • relativisez.... la carriere professionnel, est secondaire dans la vie . .. . ce n'est qu'un moyen afin de payer vos factures... mais en aucun faite passer votre metier devant votre famille, et votre vie.... il faut etre conscients que nous ne sommes pas irremplacable, et par consequents , les dirigeants, et metiers non plus ... la vie est faite de bien plus de chose qu'un simple metier....

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  • burné-out < 30 ans a écrit le 27/04/2011 à 12:24 :

    • Excellente analyse! Normalement, le rôle d'arbitre et la compréhension des malaises incombent en premier lieu aux MANAGERS et en dernier recours aux RH! Malheureusement beaucoup de managers aujourd'hui refusent de prendre leurs responsabilités et de règler les problèmes en menant la politique de l'autruche. Et il n'y a personne pour le leur rappeler! Pourtant ils sont bien payés pour ça! Les RH quant à eux ne sont très souvent sollicités par les managers que pour se débarasser de ceux qui pointent les incohérences. Ils interviennent uniquement pour constituer des preuves en vue de recourrir à des licenciements si la personne ne démissione pas. C'est ainsi que l'on peut voir dans certains services des personnes qui défilent chez les RH, les arrêts de maladie qui s'accumulent, sans que personne ne se pose la question en interne, et, plus grave, sans que la sécurité sociale ne se pose la question de pourquoi elle est obligée de payer pour tout ces arrêts de maladie! C'est dire à quel point la situation est grave! TOUT le monde est au courant!

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  • xavier-marc a écrit le 21/04/2011 à 15:00 :

    • hé bien vers 30-31ans( j'en ai 33), j'en ai eu un de burn-out, c'était comme un conjonction de facteurs multiples du boulot, de l'environnement, de la famille, des objectifs( réalistes ou imagés) etc.. qui arrivaient tous en meme temps, l'impuissance à régler tous ces problèmes ça nous donne pouf!! écran bleu. Avant je bossais vraiment beaucoup, après plus rien, vraiment plus rien. le recul alors pris est tel qu'on a ensuite l'impression effectivement que rien n'a plus de sens, d'intéret, comme si l'optimisme n'était qu'une illusion masochiste, qu'aider son prochain était une perte de temps, que tout ne pouvait finir que mal à terme. c'est comme si on prenait conscience de la mortalité de tout. Pour se reconstruire il faut se résoudre alors à accepter que la vie qu'en tant que recherche de petits bouts de bonheur, ne pas rechercher de grandes espérances, accepter de ne pas devenir cynique ni écraser les autres.

      • Mordrakheen a répondu le 14/06/2011 à 14:59:

        • oullaah vous m inquietez ce que vous décrivez c est exactement ce que je ressens en ce moment ....

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  • pragmatico a écrit le 19/04/2011 à 00:54 :

    • Excellent article. Cadre dirigeant de filiale de grands groupes, j'ai navigué quinze ans dans le monde malsain des états majors Parisiens et des baronnies provinciales. J'ai décidé de reprendre une PME récemment: c'est un autre stress et un autre débat. Ce qui est terrible, c'est que nous faisons tous le même constat mais que les choses n'évoluent pas dans le bon sens. Pourquoi? Sommes nous masochistes, la machine est impossible à arrêter? Y at'il des issues autre que de fuir le système? Qu' en pense les tribunautes?

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  • balcane a écrit le 18/04/2011 à 21:34 :

    • Bravo pour cet article. Cette nouvelle manière management est une véritable catastrophe. J'ai toujours dit (et appliqué) que valoriser l'individu et lui donner le plaisir du travail était bien plus rentable pour l'entreprise que cette stupide règle du rendement. Je n'ai jamais pu travailler sans rire (et cela dure peu) et que cela fait du bien.

      • kalagan91 a répondu le 19/04/2011 à 08:20:

        • Vous avez tellement et tristement raison..... :-( Bravo !

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  • domivdd a écrit le 18/04/2011 à 14:38 :

    • Excellent article qui permet d'affiner la compréhension de ces problèmes de santé liés au travail. Je connais cela pour mon époux. Cela est vrai aussi dans la fonction publique (Education Nationale) où les cadres sont soumis à des règles de mobilité et de changement sans même qu'il y ait discussion avec la hiérarchie. A moins de disposer et d'user d'appuis politiques (en bon fonctionnaire loyal, mon mari n'a pas tenté de faire jouer ses relations, je l'ai retenu de ce point de vue mais je n'imaginais pas le cynisme des hauts fonctionnaires) qui vous permettent de poursuivre votre travail là où vous venez d'être nommé depuis trois ans...car il faut bouger tous les trois ans...Est-ce raisonnable ? As-t-on évalué le coût humain et les coûts financiers qui résultent des arrêts de maladie de longue durée ? Et celui des dégâts collatéraux en termes de souffrances qu'entraînent ces dépressions ? Comment peut-on alors demander aux salariés et fonctionnaires de travailler plus longtemps et de tout faire pour les mettre à l'écart ou d'écoeurer les plus âgés, ceux qui ne plaisent pas, ceux qui ne comptent pas sur les appuis politiques etc... C'est totalement antinomique avec une politique d'économie du fonctionnement de l'état. Une épouse contrainte de prendre sa retraite de façon anticipée pour satisfaire une volonté ministérielle de mobilité pour son mari qui de plus l'a conduit au burn out total.

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  • Antoine a écrit le 18/04/2011 à 14:32 :

    • Très bonne analyse

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  • humanité a écrit le 18/04/2011 à 13:41 :

    • Excellent article le processus est parfaitement décrit , isolement , perte de confiance,incapacité à parler au travail, aux proches, accumulation de stokes négatifs allant jusqu'à la rupture les DRH et leur organisation doivent être à l'écoute car et que les salariés sentent que la "porte est ouverte" et qu'ils sont sans jugement écoutés

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  • Arthur a écrit le 18/04/2011 à 10:04 :

    • Oui vraiment intéressant cet article d?autant que j?ai vécu ce parcours à 40 ans. Pas vu les signaux d?alerte et mis 6 ans à remonter grâce à un toubib qui a fait le bon diagnostic. Je n?en parle pas car seuls ceux qui y sont passés comprennent. Pour les autres sont est des faibles voire des débiles alors qu?on s?est seulement donnés à un point où on a dépassé le seuil d?élasticité et amorcé un point de rupture. Depuis je prend de la distance avec le travail. C?est un gagne-pain et on ne me demande pas de faire du bon travail mais d?aller vite pour pas cher alors pourquoi se biler. D?autant plus que la direction ne dialogue plus que par des slides soporifiques preuve de son désengagement. Je pense que ce système va finir par se bloquer mais qui s?en soucie tant qu?il y a des dividendes (demandez au paysan pourquoi il met des sols en jachère). Pour ce qui est de changer de travail, pas facile quand on a plus de 50 ans et une famille.

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  • Celia97 a écrit le 18/04/2011 à 09:14 :

    • Je trouve cette analyse très pertinente et reflétant la situation de beaucoup de salariés dans l'entreprise aujourd'hui. En qualité de DRH , j'ai quitté cet enfer pour ne pas perdre ma conscience et vivre ce que je suis.J'ai mis un mois à analyser, comprendre et verbaliser ce qui me perturbait et déstabilisait. Les salariés ne communique plus que par "je t'ai envoyé un mail..." et toutes ces sous entendus.... J'ai choisi la création d'entreprise pour un métier manuel car je m'y sens mieux.

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