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Stress au travail : les entreprises françaises doivent faire mieux

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Xavier Bertrand devait présenter ce mardi un bilan qualitatif des accords conclus sur les risques psychosociaux. « La Tribune » en a dévoilé ses conclusions en exclusivité.

Radio France qui appelle ses 13,5 millions d'auditeurs quotidiens à témoigner sur le thème « Quel travail voulons-nous ? » sur Espacepublic.radiofrance.fr ; un festival intitulé « Réinventons le travail à la campagne ! » organisé fin mai en Normandie ; un organisme de formation qui propose à des DRH de suivre une formation « Bien-être au travail et productivité des collaborateurs » dans un atelier d'artiste à Montmartre ; des ouvrages sur les risques psychosociaux et des organismes spécialisés sur leur prévention qui pullulent... Jamais la question du bien-être au travail n'a été aussi prégnante qu'aujourd'hui. Et pour cause. Les risques psychosociaux (RPS) générés par l'intensité et le temps de travail, les exigences émotionnelles, le degré d'autonomie, les rapports sociaux, la souffrance éthique et l'insécurité de la situation de travail (six facteurs recensés dans un récent rapport du sociologue Michel Gollac) grignotent peu à peu la qualité de vie des salariés qui expriment parfois une véritable souffrance au travail. Quand ils ne sont pas en burn-out (syndrome d'épuisement professionnel).

Le phénomène n'est pas nouveau. Mais, avec la crise et les restructurations, il a pris de l'ampleur. Et il aura fallu la vague de suicides chez France Télécom (après ceux du Technopôle de Renault à Guyancourt) pour que les projecteurs soient braqués sur ces risques. Et que les pouvoirs publics réagissent. Fin 2009, Xavier Darcos, alors ministre du Travail, lançait un plan d'action pour la prévention du stress au travail dans les entreprises de plus de 1.000 salariés. Une incitation à l'ouverture de négociations sur la prévention du stress qui s'est traduite par la signature, entre le 1er décembre 2009 et le 30 octobre 2010, de 234 accords et de 250 plans d'action déclarés par les entreprises. L'analyse qualitative de ces accords que Xavier Bertrand, ministre du Travail, doit présenter ce mardi devant le Conseil d'orientation sur les conditions de travail (Coct) - mais il a renoncé à sa conférence de presse sur le sujet compte tenu de ces résultats mitigés - et qu'a dévoilé dès lundi « La Tribune » montre que le « plan d'urgence a permis, tant du côté des responsables des ressources humaines que des organisations syndicales, d'aborder sous un angle collectif la problématique des risques psychosociaux ».

Solution et prévention

Reste que les entreprises n'en sont pas encore au stade des solutions et du plan de prévention abouti. Elles « se donnent le temps de comprendre la problématique des RPS et d'en identifier les causes », note l'étude. Pourtant, il y a urgence. Les situations de souffrances, voire les suicides, restent monnaie courante. Souvent, les entreprises réagissent une fois qu'elles sont confrontées à ce type de situation, comme cela a été le cas chez Renault et France Télécom. Mais il arrive aussi que certaines autres, pourtant pionnières en matière de prévention du stress, se retrouvent malgré tout face à des situations dramatiques. La Caisse d'Épargne - confrontée à deux suicides - en sait malheureusement quelque chose. C'est dire le chemin qui reste à parcourir pour combattre le stress.

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Commentaires

renaultsandou  a écrit le 14/05/2011 à 8:57 :

Je travaille chez Renault Sandouville, mon travail n'est pas reconnu, je me sent très mal à cause de manque de reconnaissance que je ne support plus.
Cela fait 15ans que ma carrière n'évolue pas.
Je suis Technicien encore considéré comme débutant dans la filière de mon métier que je pratique depuis plus de 25 ans. J'ai plus de 50 ans, je suis complètement découragé, je n'ai plus envie de travailler, je suis dégouté,
J'en ai parlé à ma hiérarchie, au responsable des ressources humaines de mon secteur mais rien ne change. Je ne sais plus que faire.
Je suis tellement mal que je dois prendre un traitement que mon médecin m'a prescrit.
Tant qu'il n'y aura pas un "clash", rien ne bougera.
Qu'attendent-il ? qu'il se passe quelque chose de grave pour réagir ?
Eh bien malheureusement, ça arrivera..........

harcele-licencie  a écrit le 02/05/2011 à 18:01 :

On peut vous harceler de façon insidieuse certes. Mais ce qui est nouveau et révolte les salariés impuissants face à des chefs capricieux, c'est qu'ils peuvent maintenant harceler de façon notoire ! Et même, ils peuvent finir par licencier ceux qui se plaignent : que leur supérieur hiérarchique ne leur adressent pas la parole et les ignorent au point d'en provoquer des réactions de l'entourage professionnel habituellement silencieux de peur d'être lui-même pris pour cible, les isolent professionnellement (la mise au placard), les humilient avec des esclandre qui en plus d'être injustifiés sont d'une violence qui rend un ETAGE entier témoin de ces faits !
Les RH, où vous êtes envoyés car le mangers en question n'a pas envie de discuter, expliquent que les chefs ont des problèmes personnels et que cela justifie leur comportement ! Alors qu'on vous aurait VOUS licencié sur le champ pour un tel comportement!
Et le pompon de tout cela, c'est que la personne qui subie tout cela, consulte le psy, a été quelques fois en arrêt de maladie est celle qui est licenciée pour cause, tenez-vous bien d'AGRESSIVITE et de DISCOURTOISIE à l'égard de sa hiérarchie alors qu'elle ne demande qu'à être traitée normalement !
Ceux qui légitiment à l'heure actuelle ces managers sont : certains syndicats, les RH, les cabinet d'avocats qui n'ont pas froid aux yeux qui appuient les RH dans leurs démarches les plus inhumaines, les grandes directions qui ferment les yeux, la hiérarchie de proximité je-m'en-foutiste, et, pour finir, les prud'hommes !