Contenu :

Portrait

François Locoh-Donou, un humaniste à la tête de Ciena Europe

Source : La Tribune.fr - 15/11/2010 | 10:07 - 452 mots  | 
|
Copyright Reuters
Copyright Reuters Copyright Reuters
Il a posé deux conditions à sa mère - elle est démographe à l'Ined - pour quitter le Togo où il est né en 1971, sur les bords du lac Togo, près de la frontière avec le Bénin : être inscrit au club de football Paris Saint-Germain et continuer son élevage de poules qu'il a créé à l'âge de 8 ans à partir d'un volatile qu'il avait reçu pour son anniversaire puis en rachetant ceux de son frère et de sa soeur. Il avait alors 13 ans.

À son arrivée en France, il sera inscrit à l'AS Voltaire de Châtenay-Malabry et sa mère lui offrira deux mandarins en cage...

Difficile de faire le portrait de ce jeune homme aux allures de Tony Parker - son père est le premier architecte togolais diplômé DPLG -, tant il a fait de choses déjà à 38 ans. Diplômé de l'école d'ingénieurs de Marseille, titulaire d'un mastère en télécommunications optiques de l'École nationale supérieure des télécommunications (ENST), et d'un BA de Stanford (Californie), François Locoh-Donou est aujourd'hui directeur général et vice-président EMEA de Ciena, spécialiste des réseaux optiques de transport de données. Il a effectué toute sa carrière au sein de cette société, aux États-Unis et à l'international.

Il a pourtant bien failli la quitter en 2000 après avoir consacré trois années à son développement en Amérique latine, en Asie et en Europe. « Je ne voulais pas faire ma carrière dans le commercial, je voulais voir autre chose », explique-t-il. Son BA en poche en 2002, il avait « l'intention de monter une start-up aux États-Unis, gagner 100 millions de dollars et rentrer au Togo. J'avais des rêves d'Afrique », confie-t-il. Mais la crise des télécoms arrive. Son ancien patron devenu CEO de Ciena lui confie le marketing monde, à Washington. En 2002, il fallait relancer l'image de l'entreprise, passée de 1,6 milliard de dollars de chiffre d'affaires en 2001 à 300 millions de dollars en 2003. François Locoh-Donou reprend les ventes à l'international.

Fondamentalement optimiste

Entre-temps, il s'est marié avec une Gabonaise dont il a aujourd'hui deux enfants et bientôt trois. En 2005, il s'installe à Londres, comme general manager EMEA. Ciena réalisait alors sur cette région un chiffre d'affaires annuel de 30 millions de dollars et perdait beaucoup d'argent. En cinq ans, le CA est passé à plus de 200 millions de dollars.

Mais François Locoh-Donou ressent toujours l'appel de l'Afrique, le « sentiment du devoir, de l'aide pour son pays, inspiré par une mère qui a toujours dit à ses trois enfants « vous êtes le futur de l'Afrique ». L'élevage de poulets est devenu « La Ferme de l'Espoir », aux 12.000 volailles. Cette industrie n'étant pas suffisamment génératrice d'emplois, il a créé une entreprise de transformation de noix de cajou, « Cajou Espoir », permettant aux femmes de ce milieu rural très pauvre d'avoir un travail. « Je crois en ce qui est bon. Je suis fondamentalement optimiste. Le développement de l'Afrique doit venir de l'investissement privé visant à la fois profitabilité et retour social. Les choses sont en train de changer. On a l'opportunité de redéfinir les règles du capitalisme. Une nouvelle génération de leaders africains est en train d'émerger, sensibilisée au développement durable », souligne le directeur général de Ciena.

Floriane Degan - 15/11/2010, 10:07  | 
|
Commentaires sur l'article

Pseudo :

Vous avez un commentaire à faire sur cet article ? Faites en part en remplissant le champ suivant :

Recevoir un email si quelqu'un répond à mon commentaire.

> retour haut de page

  • tante Mimi a écrit le 17/11/2010 à 08:01 :

    • Je connais François depuis son arrivée au monde. je suis fière de le connaître car j'admire sa tenacité, son intelligence, sa capacité d'observation toujours en alerte,sa fidèle amitié. C'est avec ses amis d'enfance togolais qu'il a créé son élevage de poulets. J'ai connu aussi les mandarins que j'ai eu en garde. je suis très heureuse de lire cet hommage qu'il mérite.

  • Ayoko a écrit le 16/11/2010 à 18:10 :

    • Comme quoi les immigrants ne sont pas toujours de loosers. SI Besson et Hortefeux pouvaient en prendre de la graine, il y aurait peut-être moins de saccage des jeunes talentueux qui arrivent en France... et leurs compétences pourraient être mises au service d'une économie plus dynamique. Soyons une société ouverte et non pas recroquevillée sur ses peurs...

> Retour haut de page

    • Je connais François depuis son arrivée au monde. je suis fière de le connaître car j'admire sa tenacité, son intelligence, sa capacité d'observation toujours en alerte,sa fidèle amitié. C'est avec ses amis d'enfance...

      par tante Mimi le 17/11/2010 à 08:01

Pied de page :