Comment renégocier une proposition d’embauche décevante

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(Crédits : Reuters)
Le poste vous motive, sa mission est belle mais en termes de salaire, la proposition que vous avez entre les mains vous déçoit. La renégocier est possible, dans certains cas, mais obtenir plus revient parfois à faire un pari sur l’avenir.

Oublions l'idée de renégocier les propositions des grands groupes : leurs grilles de salaires ne laissent aucune place à la discussion. Derrière un niveau de rémunération fixé pour chaque fonction, selon plusieurs critères (niveau de qualification, de responsabilité, risque, etc.), chaque fonction « pesée » par des sociétés telles que Hay Group qui accompagnent les entreprises dans l'établissement de leur politique salariale, il y a un équilibre social à préserver. Oublions les cas où le candidat surestime sa valeur sur le marché et ne raisonne qu'en fonction de ses besoins, voire de son ego.

Arrêtons-nous sur trois situations assez courantes où la carte renégociation est jouable. Dans la première, vous avez annoncé vos prétentions salariales, l'entreprise n'a pas dévoilé sa fourchette et sa proposition est inférieure à ce que vous espériez. Dans la seconde, la proposition ne correspond pas à ce qu'on vous avait laissé entendre en entretien, à savoir que vos prétentions collaient avec l'enveloppe prévue pour le poste. Dans la troisième, vous êtes plus expérimenté que prévu dans le profil de poste, l'enveloppe est donc inférieure à vos prétentions, l'employeur pourrait la mettre à niveau à terme.

« Si dès le début on a été clair sur ses prétentions, il ne faut pas se coucher »

Pour Béatrice Louvet, directrice générale du Groupe Transition, il faut rester dans sa logique première et son conseil s'applique à tous les candidats, y compris ceux qui sont au chômage : « Si dès le début on a été clair sur ses prétentions, il ne faut pas se coucher, accepter moins révèle un manque de cohérence. » Vous passez alors en effet pour quelqu'un de trop « gourmand » qui savait qu'il ne valait pas ce qu'il annonçait. De plus, comme le souligne Judith Tripard, consultante senior chez Clémentine,« certaines entreprises partent sur un bas de fourchette avec en tête l'idée que ce sera renégocié ». Se vendre trop bas n'est pas un bon calcul, non seulement le message envoyé à l'employeur n'est pas forcément positif mais encore, on risque une fois dans son poste de ne pas se sentir assez reconnu.

Toutefois, certains candidats ont été surpayés à une époque, sortir des environnements ou des secteurs qui rémunèrent particulièrement bien leur réserve donc des surprises car le marché a baissé. Un salaire à un moment donné de sa carrière peut aussi être le reflet d'une réussite personnelle, à un poste de commercial par exemple, due à une bonne conjoncture et non le reflet du prix du marché. « Attention à l'ego qui peut faire rater une opportunité », prévient-elle.

« L'employeur doit sentir qu'il garde la main »

La connaissance de sa valeur sur le marché est la base de toute négociation ; à ce stade, elle vous permet de savoir si vous avez encore une marge de manœuvre. Demandez d'abord à l'employeur s'il est possible de renégocier, « il sait qu'il peut perdre le candidat s'il n'est pas ouvert », pointe Judith Tripard. Faites preuve de diplomatie, de finesse, de souplesse et d'ouverture, « l'employeur doit sentir qu'il garde la main, il faut donc éviter la crispation d'un « C'est ça ou rien » car c'est à ce moment-là que l'employeur zappe et fait sentir au candidat qu'il en a d'autres sous la main », recommande Béatrice Louvet.

Si vous êtes chassé, faites valoir « la prise de risque en quittant votre employeur actuel, l'absence d'augmentation annuelle si vous n'y êtes pas éligible comme c'est le cas dans bon nombre d'entreprises si vous êtes arrivé après le 1er juillet, réexpliquez votre valeur ajoutée, sachez aussi que vous pouvez monnayer les RTT si vous en avez moins dans votre nouveau poste », indique Judith Tripard.

« Faire un pari sur l'avenir est un deal qui marche neuf fois sur dix »

Si après renégociation la rémunération reste inférieure au montant souhaité, ayez en tête qu'en 2015, l'employeur n'a pas un sou de plus que les enveloppes votées en octobre/novembre 2014. « Proposez un arrangement pour une mise à niveau à la fin de la période d'essai ou lors de la négociation salariale annuelle », conseille la dirigeante du Groupe Transition. Tout en ouverture, présentez ainsi les choses : « Je sais ce que je vaux, vous, pas encore, je le comprends et voilà ce que je vous propose... ».

Avoir fait vos preuves vous fera gagner ce pari, vous aurez plus d'arguments et l'employeur, qui sait enfin exactement ce qu'il risque de perdre, qui n'est pas idiot, qui n'a pas besoin d'être menacé de rupture, qui connaît le coût d'un nouveau recrutement, respectera son engagement. Quant à vous, qui connaissez bien vos contraintes et ressorts de motivations, vous savez qu'un emploi ne se réduit pas à un salaire et vous tiendrez compte aussi des avantages en nature, de l'ambiance et des conditions de travail, du contenu du poste et de la progression qu'il représente, du projet de l'entreprise...

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Commentaires
a écrit le 19/05/2016 à 15:15 :
Il est plus judicieux de negocier un licenciement et de se tirer a l'etranger ! (n'oubliez pas d'emporter votre clavier azerty....)

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