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La Tribune.fr - 03/03/2009 à 11:22 - 650 mots

Nous vivons dans un monde où les écoles de commerce doivent être courageuses et changer, où elles sont poussées à former non seulement de bons ingénieurs financiers ou techniciens de gestion compétents, mais aussi de bons citoyens du monde. La formation d'entrepreneurs et d'innovateurs est encore plus essentielle aujourd'hui. Voici quelques initiatives que les doyens, directeurs et corps enseignant des écoles de commerce peuvent mettre en œuvre pour préparer les responsables de demain.
Il existe un besoin d'interaction croissante avec toutes les parties intéressées dans la gestion, en particulier les gouvernements qui seront des acteurs majeurs dans l'économie comme régulateurs, actionnaires et investisseurs. La récession actuelle est globale et nécessite des solutions globales. Les écoles de commerce occupent une place pratiquement unique pour offrir une perspective internationale dans la recherche de ces solutions. Une grande partie de ces écoles a un corps enseignant et des étudiants internationaux qui ont de l'expérience professionnelle dans plusieurs pays et des interactions avec des responsables de cultures diverses. Ce capital intellectuel de réseaux transnationaux des écoles de commerce devrait être au cœur des débats et de la quête de ces solutions globales.
Sur ce point, la recherche académique doit aussi être davantage axée sur le monde des affaires réel. Puisque les activités des écoles de commerce se concentrent sur des sujets « cliniques », une grande partie de la recherche scientifique devrait porter sur de vrais problèmes commerciaux en collaboration avec les dirigeants.
L'objectif et le contenu de l'enseignement de la gestion doivent être revus en permanence. Il ne suffit pas d'adapter ou d'actualiser le contenu des programmes. Le défi est immense - réinventer le capitalisme - et la révision des programmes doit s'insérer dans les idéaux des responsables et entrepreneurs que nous voulons former. Comme je l'ai indiqué, les différents groupes qui s'intéressent à l'enseignement de la gestion, dont les professeurs, les anciens diplômés et les recruteurs, devraient participer à ce débat. Les discussions devraient porter sur les présomptions de base, y compris ce que devraient être les responsabilités majeures des managers.
Il est vital d'améliorer l'esprit critique et le questionnement des étudiants. Sur la base de leur formation solide en gestion et les critères d'évaluation de l'équité des décisions commerciales, les diplômés MBA devraient pouvoir rejeter et dénoncer la négligence professionnelle et le comportement non éthique. Nous devons éradiquer les sentiments élitistes et arrogants chez certains étudiants. Depuis longtemps, certaines écoles ont entretenu ces sentiments dans les programmes MBA - le syndrome des « maîtres de l'univers » - et il est maintenant temps d'instaurer une modestie personnelle et un désir de servir la communauté. Souvenez-vous de la déclaration de Socrate à ses étudiants : « Vous ne savez rien. »
Dans mon école, IE Business School, nous continuerons à mettre en valeur et à nous concentrer sur l'innovation et l'entrepreneuriat. Nous pensons que l'entrepreneuriat est un esprit adapté aux affaires et à la gestion que nous voulons faire adopter par nos étudiants. Savoir reconnaître des opportunités, planifier, organiser et mettre en œuvre des projets est une façon de voir la gestion dans toute industrie ou tout secteur que nos étudiants intègreront. Elle donne un cadre pour la pensée innovatrice et l'identification des solutions aux problèmes. C'est un élément clé pour la création de valeur et de croissance dans une économie globale, avec toute une série de bienfaits pour la société, relatifs à l'amélioration de la distribution de la richesse et des niveaux de vie de beaucoup d'individus.
La gestion peut être une des plus nobles professions créées par l'homme. Elle crée la croissance, la richesse et le développement de la société. Elle garantit l'emploi, stimule l'innovation et améliore les conditions de vie. Une bonne gestion est un des meilleurs antidotes aux mauvaises politiques internationales, puisqu'elle soutient la convergence et la compréhension entre civilisations. Nous avons besoin de réels leaders, de bons managers, pour que la bonne gestion rime avec une gestion éthique, ni plus, ni moins.
Santiago Iñiguez, Doyen de l'Instituto de empresa Business School (Espagne)
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