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La responsabilité des entreprises n'est pas qu'une théorie scolaire

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Aujourd'hui, plus que jamais, les écoles de commerce se doivent de respecter leurs propres valeurs et de souligner que la course aux profits et les rétributions à court terme ne sont pas des solutions pour nos dirigeants, affirme George Yip, Doyen de la Rotterdam School of Management.

George Yip

La crise financière actuelle est surtout le résultat de pratiques commerciales utilisées selon une vision à court terme et un modèle consistant à maximiser les profits des actionnaires. Ce modèle n'a pas été créé par les écoles de commerce ; cependant, avec le temps, les chercheurs ont écrit des ouvrages et des études de cas basés sur leurs observations d'entreprises connues pour leurs excellents résultats.

Paradoxalement, les entreprises performantes atteignent un sommet, puis chutent assez rapidement. Celles qui figurent sur la liste « Fortune 100 » d'il y a 10 ans sont les même qu'aujourd'hui. Le modèle économique qui prédomine devrait donc être remis en question. Les écoles de commerce enseignent différentes philosophies et approches, dont les modèles de valeur à long terme en faveur des actionnaires, qui se trouvent en parfaite opposition avec les modèles prédominants.

Nos diplômés ne peuvent pas être tenus pour responsables lorsqu'ils se servent d'outils qu'ils ont appris à maîtriser afin d'atteindre ou de surpasser les objectifs établis par leurs employeurs. Les écoles et les étudiants doivent cependant apprendre à avoir une approche plus critique des outils et modèles de gestion qu'ils choisissent d'utiliser et ne pas se laisser prendre par la pression d'un « ROI » immédiat. Ce n'est pas seulement une décision éthique qu'ils doivent prendre, mais une décision de survie - se soucier de la valeur à retourner à toutes les parties prenantes et non seulement aux actionnaires, et adopter une vision à long terme pour assurer la continuité (ou la viabilité) de l'entreprise, plutôt qu'une vision calée sur la performance financière trimestrielle.

Rotterdam School of Management (RSM) prêche la valeur à retourner aux actionnaires et la pratique « pérenne » des affaires depuis des années. C'est ce que nous devons continuer à faire, mais en leur donnant peut-être encore plus d'importance. Les diplômés doivent comprendre qu'il ne s'agit pas juste de choisir une approche plutôt qu'une autre. C'est une question d'intégrité et de bien-être sur le long terme. Certaines pratiques sont moins rentables sur le court terme, mais si elles garantissent la survie d'une entreprise sur le long terme, elles sont donc celles qu'il faut choisir.

La crise actuelle du secteur bancaire n'est pas un phénomène nouveau dans le monde des affaires. Particulièrement importantes pour tous les actionnaires, la prévention de la fraude dans les entreprises, les prises de décisions non éthiques, et autres négligences professionnelles constituent une bataille permanente à laquelle les entreprises, nos organismes de régulation et la société dans son ensemble doivent faire face. Avec la globalisation de l'économie et l'omniprésence des multinationales, dont les institutions financières, nous sommes tous parties prenantes de différentes activités économiques qui ne cessent de s'accroitre. En tant qu'institution académique, RSM veut s'assurer que ses étudiants et diplômés comprennent l'importance de la responsabilité des entreprises et l'impact que leurs décisions, en tant que managers ou dirigeants, pourraient avoir sur tous les actionnaires internes et externes qui participent même indirectement au fonctionnement de l'entreprise.

Aujourd'hui, plus que jamais, les écoles de commerce se doivent de respecter leurs propres valeurs et de souligner que la course aux profits et les rétributions à court terme ne sont pas des solutions pour nos dirigeants.

Nous pensons que l'éducation est primordiale pour former au « leadership » responsable et éthique. À travers l'histoire de l'économie, nous avons bon nombre d'exemples plus ou moins récents d'individus ou d'entreprises qui ont eu un impact majeur sur la vie de nombreuses personnes. Les écoles de commerce et la société toute entière, ont une responsabilité particulière dans la prise en compte des leçons durables. Ici, à RSM, nous avons toujours mis en valeur l'impact que peut avoir un individu, y compris un ancien diplômé MBA, sur la société, tout en soulignant l'importance de la pérennité du monde des affaires et de ses pratiques.
 

George Yip, Doyen Rotterdam School of Management, Erasmus University (Pays-Bas)

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