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La Tribune.fr - 01/12/2008 à 10:09 - 638 mots

L' «Europe de l'apprentissage» verra-t-elle le jour? Souhaitée par plus de 80 % des recruteurs français, allemands et britanniques - mondialisation oblige - l'internationalisation de la formation des apprentis se heurte aux réalités des entreprises. Seuls 1,7 % des employeurs hexagonaux, 3,1 % de leurs homologues d'outre-Manche et 4,8 % des entreprises germaniques ont déjà envoyé des apprentis effectuer des périodes de formation dans des entreprises étrangères, souligne une étude réalisée par la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP) que latribune.fr dévoile ce matin. L'intégralité de cette étude peut être consultée en cliquant ici. Cette étude, qui sera présentée ce lundi 1er décembre lors des Assises de l'apprentissage organisées par la CCIP, a été réalisée auprès de 360 entreprises dans chacun de ces trois pays.
Les obstacles linguistiques mis en avant par les Français, le besoin de changer les mentalités avancé par les Britanniques ou les questions de financement pointées par les Allemands sont présentés comme les principales barrières à l'européeanisation de l'apprentissage. Les employeurs interrogés citent ensuite les obstacles administratifs. La mise en place de conventions de détachement permettant aux entreprises françaises d'envoyer plus facilement leurs apprentis dans un autre pays de l'Union européenne - un projet actuellement dans les cartons - semble un premier pas pour abattre les frontières. «Nous travaillons au niveau européen avec nos partenaires pour qu'ils s'engagent eux aussi dans cette voie», mentionne Anne-Marie Le Bevillon, adjointe au directeur de l'enseignement de la CCIP. Il restera toutefois encore bien d'autres freins à lever: au-delà d'un constat partagé par plus de 95 % des entreprises de ces trois pays estimant que «l'apprentissage est le meilleur moyen de former les jeunes», les pratiques et les attentes des recruteurs divergent selon les pays.
Première différence: l'apprentissage n'est pas répandu de façon égale dans tous les pays. 60 % des entreprises y ont recours outre-Rhin contre 32 % en France ou 30 % au Royaume-Uni. Les apprentis, âgés de 16 à 18 ans en Allemagne, ont entre 19 et 21 ans dans les deux autres pays. Favorables au développement de ce mode de formation dans l'enseignement supérieur, les Français et les Britanniques ne sont pas suivis sur ce terrain par les Allemands. Chez ces derniers, 68 % d'entre eux considèrent en effet qu'il s'agit principalement de former des ouvriers et des apprentis.
Mettant en avant les bénéfices pour les apprentis (développement de l'autonomie, meilleure chance d'obtenir un diplôme de bon niveau) et refusant de réserver ce mode de formation à des élèves en échec scolaire, les employeurs des trois pays n'ont pas non plus la même vision sur les avantages qu'ils en retirent. 76 % des sociétés françaises sondées estiment que c'est un mode de formation correspondant le plus à leurs besoins quand elles sont 92 % en Allemagne et 95 % au Royaume-Uni à partager cette analyse.
D'une manière générale, nos voisins ont une vision plus «pragmatique» de l'apprentissage: pour 86 % des Allemands et 90 % des Britanniques, c'est un moyen d'employer un collaborateur supplémentaire à moindre coût face aux difficultés de recrutement. Seuls 76 % des Français, qui préfèrent mettre en avant le devoir de formation de l'entreprise, partagent cet avis. Pour les entreprises hexagonales, les apprentis constituent avant tout un vivier de recrutement quand leurs homologues allemandes et britanniques considèrent que c'est un pré-recrutement. Du coup, à l'issue de la formation, les employeurs de ces deux pays sont plus nombreux que les Français à transformer le contrat d'apprentissage en recrutement (70 % dans un cas contre 50 % à 60 % dans l'autre).
Malgré leurs divergences, toutes les entreprises interrogées s'accordent sur la nécessité de développer l'apprentissage. Même si elles ne sont pas toujours prêtes à jouer le jeu: 68 % des recruteurs allemands ont l'intention de prendre des apprentis dans les deux ans contre 59 % en France et seulement 41 % au Royaume-Uni...
Laurence Estival
Lien permanent vers cet article :
http://www.latribune.fr/carrieres/formation/20081128trib000315736/exclusif-leurope-de-lapprentissage-cahote-selon-une-enquete-de-la-ccip.html
mp a écrit le 01/12/2008 à 10:57 :
apprentissage en europe "la tribune"
Moum a écrit le 16/01/2009 à 18:39 :
Je pense que l'européanisation de l'apprentissage au sein des Entreprises est dans un premier temps une manière d'embaucher à faible coût mais dans une période à long terme on peut affirmer que l'apprentissage au niveau de l'enseignement supérieur ne peut être que bénéfique aux entreprises car elle met en symbiose la connaissance et les aspects réels du monde du travail.Je pense que généraliser ce mode au sein de l'Europe pourrait apporter une bonne chose.
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