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La Tribune.fr - 04/03/2009 | 16:50 - 2242 mots

Bonjour à toutes et à tous, nous avons le plaisir d'accueillir Andrés Atenza, président du Chapitre des grandes écoles de management.
Bonjour à toutes et à tous. Très heureux de vous retrouver dans ce "chat" de latribune.fr. Je suis prêt à répondre à toutes vos questions, sans aucun sujet tabou.
barbanouille : Pouvez-vous présenter globalement votre école ? Quels sont ses axes ?
L"ESC Clermont fête, cette année, ses 90 ans. Une école, bien ancrée dans son environnement économique régional, reconnue internationalement, avec ses 96 partenaires dans le monde, une école qui accueille 1.300 étudiants.
Elle est reconnue comme école sérieuse et rigoureuse où l'on travaille beaucoup et nous avons quelques spécialités, notamment management des ressources humaines, des spécialités en marketing en particulier sur le secteur automobile. Nous travaillons aussi sur le développement commercial et nous allons bientôt lancer une chaire de développement commercial dédiée aux PMI-PME de notre région.
remigri : Je suis actuellement en Terminal S. Plus tard, je souhaiterais integrer une grande école de management et j'aimerais m'orienter l'année prochaine vers un IUT GEA. Est-il possible de rejoindre des grandes écoles de management après cette voie et y a t'il beaucoup de chances ?
Oui, il y a beaucoup de chances. Il existe des concours spécifiques pour accueillir les étudiants ayant des IUT, des BTS, des étudiants issus de l'Université. Ces concours sont adaptés pour permettre d'identifier les meilleurs profils qui pourront, par la suite, suivre un bon cursus au sein des écoles.
A titre d'exemple, certaines écoles peuvent accueillir 20, 30 voire 50% de leur effectif de jeunes issus de la filière IUT-GEA... LEA, Sciences Eco.
mumu : Alors que les enseignants chercheurs se mobilisent notamment contre la réforme de leur statut, quelle est la position des écoles de commerce face aux transformations de l'Université ?
A titre personnel, il me semble opportun de transformer notre Université pour mieux répondre aux défis de la mondialisation et de la société de la connaissance et cela passe par une révision du statut d'enseignant chercheur qui doit permettre de mieux faire de la recherche et d'être visible au niveau mondial.
Tout le monde souhaite les réformes ; quand elles arrivent, des boucliers se lèvent. A mon humble avis, avec un peu de concertation, un peu de négociation, nous pouvons aboutir à une proposition acceptable entre les parties.
Antoine GED : Cher Président, Si tant est que l'on puisse répondre de façon succincte, j'aimerais vous poser la question suivante : Comment, à vos yeux, concilier nécessité de former des élites et nécessité de dispenser une éducation large et démocratique, ouverte à tous, pour élever le niveau culturel de la population française ? Le système des grandes écoles peut-il co-exister avec l'enseignement de masse dispensé par l'Université aujourd'hui ?
Ne soyons pas trop sévères avec nos universités ; elles forment de jeunes filles et de jeunes garçons de haut niveau. Notre pays est singulier ; deux systèmes cohabitent : les grandes écoles et les universités. Aujourd'hui, plus que jamais, il me semble nécessaire de travailler ensemble pour mieux répondre aux attentes sociales de nos jeunes générations et aux besoins de recrutement des entreprises.
Il n'est pas opportun aujourd'hui d'opposer les deux systèmes Université et grandes écoles. Je propose, pour ma part, plutôt l'additionnalité des forces des deux systèmes pour mieux vendre l'offre éducative française à l'étranger.
remigri : D'autre part, je me suis inscrit au concours Ecristart pour accéder à la filière Bachelor de l'ICN de Nancy ( Sup'est). Connaissez-vous cette formule ? Mes chances de rejoindre par la suite L'Icn ou d'autres grandes écoles de management sont t'elles grandes ?
Les Bachelor sont d'excellentes filières. Ce sont des formations à bac +3 qui vous permettent d'intégrer les grandes écoles, après un concours. Vos chances d'intégrer une grande école à travers ce parcours sont tout à fait réelles. Bonne préparation et bonne chance pour votre concours.
Gros : Ma fille pense faire l'ESPI (école supérieure des professions immobilières) à Paris, avec une option gestion. Elle aura un DUT de Paris Descartes en technique de commercialisation. Pensez-vous que cette idée est bonne? Qu'elle trouvera du travail et ne sera pas trop enfermée dans le cas où un changement professionnel s'imposerait plus tard à elle? Mille mercis pour votre réponse.
Les DUT sont de bonnes formations appréciées par les industriels et les sociétés de services dans notre pays. L'insertion professionnelle est de bonne qualité avec une bonne évolution de carrière.
Ces formations à bac + 2 ouvrent des passerelles pour aller ensuite vers des bac + 5 -(donc des masters).
L'Ecole supérieure des professions immobilières est une institution de qualité. Votre fille, après l'IUT, peut suivre cette formation, à mon avis sans difficultés. Cette spécialité est appréciée, malgré la crise (immobilière). Nous avons toujours besoin de professionnels de haut niveau.
lamache : Après un an à Sup de Co La Rochelle, je suis en année de césure, à la rentrée j'envisage de faire en alternance dans une banque pour préparer un mastère finance. qu'en pensez-vous ?
Un jeune diplômé de Sup de Co, je lui conseille toujours d'aller se frotter au terrain et de travailler le plus rapidement possible. Vous aurez toujours le temps de faire un master, un MBA, bref, de vous spécialiser, mais avant tout, il faut aller au boulot.
Votre diplôme est un diplôme de qualité apprécié par les recruteurs.
belivien : Mon parcours est plutôt atypique. J'ai 25 ans et je sors d'un master 2 de communication. Voyant que je veux me diriger vers le commerce, puis-je intégrer votre école dès l'an prochain ? Quand se passent les concours ?
Vous pouvez passer le concours dit "Passerelle", qui représente aujourd'hui 18 écoles de commerce et de management. Ce concours est ouvert aux jeunes gens qui ont un bac + 2 ou bac +3-4. Dans ce cas, vous pouvez postuler. Les épreuves écrites auront lieu au mois d'avril.
Mais pour être plus précis sur votre cas, vous avez 25 ans, un master en poche. Je pense que vous devez tout faire pour entrer dans la vie active le plus rapidement possible.
radin : Votre école est-elle payante ? Si oui, combien à l'année ? L'école permet-elle d'acquérir des bourses comme à la fac ? Merci pour vos renseignements
Oui, elle est payante : 6. 500 euros par an de frais de scolarité. Mon institution met en oeuvre des exonérations partielles des frais de scolarité. Elle aide les élèves ayant des difficultés financières et sociales. Nous disposons d'un réseau d'entreprises amies qui recrutent pour des petits jobs nos élèves, leur permettant d'avoir une expérience professionnelle et un petit salaire.
Dans mon institution, nous avons 18% de boursiers de l'enseignement supérieur sous critères sociaux et, depuis que je suis directeur, aucun étudiant n'a quitté l'école parce qu'il avait des problèmes de financement.
Je gère au cas par cas tous ces problèmes pour mieux répondre ou mieux faire fonctionner l'ascenseur social (à Clermont, il n'a jamais été en panne ! )
Julien : Ma soeur sort d'un BTS force de vente et je veux la convaincre de passer par votre école. Que puis-je lui dire au niveau de votre SWOT sans pour autant mettre en avant les faiblesses ;)...merci par avance
On dit de Clermont que nous sommes une ville un peu grise, où il fait froid, peu attractive, bref la réalité est bien autre : aujourd'hui, il y a une véritable mutation territoriale et vous trouvez bien sûr le siège mondial de Michelin, avec plus de 8.000 cadres, le siège mondial de Limagrain (le leader européen des semences).
Et vous trouvez un tissu de PME-PMI de grande qualité dans les secteurs informatique, pharmaceutique, etc. Je compense mes faiblesses par une politique volontariste et une grande détermination : faire toujours de la qualité et encore de la qualité.
gilou : L'école permet-elle de faire des stages en plein milieu de l'année. Quels partenariats avez-vous avec les grandes marques. Merci d'avance pour votre réponse.
Non, pas en plein milieu de l'année. Il y a deux périodes de stage : un premier stage entre la première et la deuxième année et, ensuite, un stage en fin de troisième année.
Aujourd'hui, nous travaillons avec les marques suivantes, à titre d'exemples: Danone, IBM, KPMG, CapGemini, Michelin, L'Oréal, Champion...
pseudo : Quelle "grandes têtes" d'aujourd'hui sont sorties de votre école ?
Le PDG d'IBM France est un ancien de Clermont. Et je suis très fier. C'est un type d'une grande humanité, un grand professionnel.
Je suis prêt à vous envoyer par courrier postal l'annuaire, dès mon retour à Clermont... Merci d'indiquer vos coordonnées.
bredin : Votre école permet-elle de faire plusieurs cursus ? Lesquels svp sachant que je suis spécialisé en conseil en assurance ?
Oui, l'école permet plusieurs cursus. Aujourd'hui, nous avons une filière banque, très appréciée par les jeunes ainsi que par les banquiers. Nous avons une filière expertise comptable. L'étudiant doit choisir sa filière.
Antoine GED : Comment expliquez-vous que l'ESC CLermont, malgré l'impulsion qu'elle connaît depuis que M.Atenza en est à la tête, continue de figurer à un rang subalterne dans les classements, alors qu'elle mériterait, selon toute évidence, de figurer; aujourd'hui, au rang des toutes premières ?
Les classements, ça va et ça vient. Dernièrement, le Nouvel Observateur nous a classés 18ème, le Figaro également 18ème. Le classement du FInancial Times nous a placés 46ème. Il ne faut pas oublier que, dans cette course au classement, les institutions doivent mobiliser beaucoup de moyens (enseignants chercheurs, développement international, etc.).
Clermont fait un travail de qualité. A mon humble avis, notre place n'est pas usurpée, si nous restons dans le peloton entre les 15 et 20 meilleures françaises.
Dobi : Bonjour j'ai décidé une réorientation professionnelle dans le contrôle de gestion. Suis actuellement 2 UV en cours du soir au Cnam, en attendant d'entreprendre un master dans cette discipline. Avez-vous des conseils sur les établissements sur Paris/région parisienne ? D'avance merci. Cordialement.
Continuez au CNAM, c'est une bonne filière. Le parcours est un peu plus long, mais la formation est d'excellente qualité. Pour identifier les établissements parisiens ou en région parisienne, je vous conseille de fréquenter les divers salons de l'éducation qui sont proposés. Vous y trouverez l'information idoine.
etudiant : Pourquoi les écoles de commerces sont-elle si chère ? Ma famille ne peut pas payer les 5000 euros exigé et pourtant mes profs de terminale disent que je peux réussir le concours.
Le modèle économique est le suivant : les écoles de commerce et de management ne reçoivent pas d'aide des pouvoirs publics. Le budget se compose de la façon suivante : 80% frais de scolarité des familles et le reste, c'est la dotation de nos tutelles, les CCI, plus la taxe d'apprentissage.
Les profs sont payés directement par les institutions et non pas par l'Education nationale. Pour le soutien financier aux élèves, merci de vous reporter à une de mes réponses précédentes à ce sujet.
julio75 : Quelles sont d'après vous les ESC de province qui vont se détacher dans les années à venir. Le modèle de développement multi-campus vous semble-t-il pertinent?
Dans les années à venir, il me semble que des regroupements d'écoles vont s'opérer. Cela permettra d'atteindre la taille critique, mais également une intensité critique, c'est-à-dire des moyens supplémentaires.
Le modèle de l'Escem Tours-Poitiers est, à mes yeux, une réussite. Les écoles devront travailler de plus en plus ensemble. Elles devront coproduire des diplômes et des formations en commun. Le multi-campus est une réponse pertinente.
Yannick : Pensez vous que les métiers liés à la conformité vont connaître durant ces temps de crise un essor considérable ?
Par temps de crise, il faut être prudent. Et je me garderai donc d'évoquer ici des prévisions. A chaque mot, je pourrais me tromper. Cependant, le besoin de cadres dans notre pays va continuer et tout ce qui concerne la qualité, donc les métiers liés à la conformité continueront à se développer.
N'oubliez pas que la guerre des talents est déclarée ; les entreprises iront chercher les meilleurs dans le monde entier.
Antoine GED : Pourquoi l'INSEAD, première école de management en Europe et l'une des toutes premières du monde, n'est-elle jamais citée dans nos études et enquêtes hexagonales ?
Justement, l'INSEAD n'est pas sur le marché de la formation initiale ; c'est une formation classée dans les meilleurs classements mondiaux. C'est une institution qui s'adresse à la formation des dirigeants à haut potentiel et, à ce titre, n'apparaît pas dans les classements hexagonaux plutôt dédiés aux écoles de commerce de management.
Yulia : Bonjour! J'ai une question concernant l'enseignement supérieur pour des étrangers. J'ai fini mes études dans l'université' russe (5 années). Et je voudrais bien continuer ma formation en France. Mon diplôme, sera-t-il reconnu en école française? Quelles sont les conditions spéciales pour des étrangers à remplir pour être admise en école française en tant qu'étudiante? Merci pour la réponse
Beaucoup d'étudiants étrangers à bac + 5 viennent en France pour suivre des formations spécialisées MS (mastere spécialisé). Dans nos écoles, nous accueillons chaque année a minima 12% d'étudiants étrangers et plus pour les écoles plus cotées et qui ont une offre éducative plus large.
Chaque institution étudiera votre dossier au vu des pièces justificatives que vous allez remettre -notes, diplômes, certificats de scolarité, etc.
Merci Andrés Atenza, le mot de la fin ?
Je remercie les internautes pour leurs questions. En tant que président du Chapitre des écoles de management, je puis vous dire que ces écoles vous offriront des formations de haut niveau international, très appréciées par les entreprises françaises et internationales. Je vous invite à regarder l'enquête Génération du Cereq.
Vous verrez que l'insertion professionnelle est au meilleur niveau. C'est peut-être vaniteux de ma part, mais, dans nos écoles, il n'y a pas de chômeur.
latribune.fr
antoineged a écrit le 12/03/2009 à 19:31 :
Cher Président : Questions auxquelles la durée limitée de votre " chat " ne vopus a pas permis de répondre : Pourquoi les IAE ( Instituts d'Administration des Entreprises ), établissement originaux à mi-chemin entre l'Université et les Grandes Ecoles, dont la réputation, pour certains d'entre eux ( IAE Aix-en-Provence ) dépasse largement nos frontières, ne sont-ils jamais cités dans nos classement hexogonaux des meilleures filières d'apprentissage du management en France ? Antoine GED
antoineged a écrit le 12/03/2009 à 19:29 :
Cher Président, Autre remarque à laquelle vous n'avez pas eu le loisir de répondre : Rappeler, peut-être, à nos étudiants les mérites énormes que présente la formule de l'apprentissage, dont l'initiative revient à l'ESSEC qui en a étendu l'accès dans l'enseignement supérieur, en France, il y a plus de 15 ans ! Gratuité totale des études et expérience professionnelle parallèle aux études ! Antoine GED
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