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"Chat" avec Patrick Hetzel, Directeur général de l'enseignement supérieur

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Retranscription du "chat" du 16 mars avec Patrick Hetzel, Directeur général de l'enseignement supérieur.

Hetzel

Bonjour à toutes et à tous, nous avons le plaisir d'accueillir Patrick Hetzel, Directeur général de l'enseignement supérieur.

Bonjour. C'est avec plaisir que je suis présent sur le site de latribune.fr et que je répondrai aux questions des internautes.

Céline Meyer : Entre une école de management et une bonne formation à l'université, que me conseillerez vous pour me former aux métiers de l'audit ? Le prix entre les deux est évidemment un facteur à prendre en considération...

A mon sens, il ne faut pas forcément se poser la question de l'opposition entre école et université. En effet, dans les deux cas, d'excellentes formations existent pour les métiers de l'audit et, de surcroît, il y a des passerelles pour aller de l'université vers les écoles ou encore des écoles vers l'université.
Pour être un peu plus précis, en fait, cela dépend de votre projet personnel et professionnel. A l'université, les licences d'économie gestion sont plus généralistes et les masters en matière d'audit, très spécialisés. Dans les écoles, c'est un petit peu différent dans la mesure où la spécialisation arrive plus tôt.
En somme, cela dépend vraiment de votre propre souhait et si vous êtes vraiment sûre d'aller vers l'audit ou si vous voulez encore vous laisser un temps de maturation.

Maurad : Mon fils souhaite faire médecine, est-ce indispensable de faire en parallèle une prépa pour réussir le concours?

De toute évidence, non. L'exemple le plus significatif aujourd'hui est le cas de l'université de Grenoble qui comporte un taux de réussite en première année de médecine extrêmement élevé pour les étudiants qui ont concentré l'ensemble de leur acquisition des connaissances sur le dispositif universitaire.
Avec le développement des technologies de l'information et de la communication, il est possible de mettre en place des méthodes pédagogiques très performantes qui, de ce fait, mettent de plus en plus souvent les structures de préparation hors université moins utiles.

Céline Meyer : Avez-vous des recommandations d'école ou d'université ?

POur les écoles, il suffit de regarder les classements de La Tribune. Pour les universités, il en est de même. Toutefois, à titre d'illustration, les bons cursus universitaires en gestion se trouvent, pour l'Ile-de-France, à Dauphine, Paris I, Paris II et Paris XII; en province, généralement dans les Instituts d'administration des entreprises (IAE).

Antoine GED : Les IAE (Instituts d'Administration des Entreprises) dispensent un enseignement de très grande qualité,- sont peu onéreux,- assurent à leurs diplômés des emplois assurés,- sont très prisés des étudiants,- ont , pour certains d'entre eux ( IAE d'Aix-en-Provence ) , une réputation internationale! QUESTION : Pourquoi sont-ils ignorés par les classements français ?

Voilà une question difficile, car les différents classements utilisent par nature des référentiels qui leur sont propres. Quant au réseau des IAE, sans doute doit-il encore davantage se rendre visible à l'international, à l'image justement de ce que fait l'IAE d'Aix qui a développé une politique à l'international depuis plusieurs décennies.

digard : Monsieur Hetzel, puisque vous êtes le proche compagnon de M.Fillon, pouvez-vous nous dire comment a évolué le stade des études ainsi que le niveau scolaire depuis 40 ans ? Le niveau baisse - et non pas sensiblement - que comptez-vous faire à ce niveau... Il serait difficile mais pourtant très réaliste de faire des futurs Hommes actifs des ânes...

Pour votre information, je ne suis plus conseiller auprès de François Fillon, mais directeur général de l'Enseignement supérieur. Cela dit, votre affirmation comme quoi le niveau baisse est tout à fait discutable. En effet, au fil du temps, on a demandé à l'institution scolaire de prendre en charge la diffusion de nouvelles connaissances et de compétences.
Il en résulte que l'étendue des connaissances et des compétences transmises par l'école s'est largement développée durant les dernières décennies. Selon ce que l'on regarde, on s'apercevra donc que le niveau ne baisse pas forcément. Loin de là ! La meilleure illustration est par exemple le degré de maîtrise actuel des TIC par les jeunes élèves (par l'utilisation de tableaux blancs interactifs, etc).

filtra : Bonjour Monsieur Hetzel. Faisant partie du corps enseignant, pouvez-vous nous dire pourquoi, depuis tant d'années, le gouvernement ne se met jamais d'accord avec notre volonté. Nous ne vous demandons pourtant pas tant que cela Monsieur Hetzel !

S'il est un secteur où la concertation et les temps de dialogue et de discussion sont nombreux, c'est bien celui de l'Education. Je suis donc un peu surpris par votre question. Si je prends le cas du contexte actuel, il me semble important de préciser que les moments de rencontres et de travail avec les organisations représentatives ont été très nombreux.
De surcroît, pour le décret statutaire des enseignants chercheurs, un maximum de garanties a été donné.

lagrasse : Monsieur Hetzel, quel cursus conseilleriez-vous pour devenir un politique comme vous ?

Je suis surpris dans la mesure où je ne me classe pas parmi les politiques, n'ayant aucun mandat électif. Toutefois, si vous vous interrogez comment l'université française peut contribuer à ce qu'une personne développe des projets qui le passionnent, dans ce cas, je vous conseille de poursuivre au sein d'un cursus LMD (licence, master, doctorat).
Pour ma part, c'est au fil du temps que ma passion pour l'enseignement, d'une part, et la recherche, d'autre part, s'est développée. Je pense que c'est parce que j'ai développé des compétences en matière de management de l'enseignement supérieur et de la recherche que je me suis vu confier des responsabilités importantes au sein de l'Etat.

okokok : Bonjour,J'aimerais savoir si vous privilégiez les facultés ou les grandes écoles, souvent payantes. La fac n'a pas souvent bonne figure alors que les écoles elles-mêmes sont souvent décrites comme trop chères.

D'abord, toutes les écoles ne sont pas chères. IL faut savoir qu'il existe un grand nombre d'écoles notamment d'ingénieurs internes aux universités et qui demandent à leurs étudiants de verser des droits comparables à ce qui se fait dans les filières universitaires classiques.
Par ailleurs, les écoles ont souvent un projet pédagogique très spécialisé. Et surtout, elles n'existent pas dans tous les domaines de formation. A titre d'exemple, si vous voulez faire du droit ou de la médecine, la question des écoles ne se pose même pas.

karine : je serais bientôt diplômée d'un institut de commerce bac+4 et je compte faire un master 2 à paris dauphine en finance d'entreprise et ingénierie financière,je voudrais savoir est ce que vu la situation actuelle ceci est une bonne idée ou est-ce qu'il vaut mieux travailler 2ou 3 années le temps que les choses se calment un peu sachant que j'ai une offre chez Ernst and Young. Merci

Si vous avez à la fois un diplôme et une offre d'emploi, qui vous convient, il ne faut pas hésiter. D'autant que les entreprises sont aujourd'hui nombreuses à proposer à leur personnel des formations tout au long de la vie.
Un master 2 ne doit pas être une fin en soi. En tout cas, si vous candidatez après un ou plusieurs années de vie professionnelle, vous verrez que vous aurez plus de chances pour être recrutée et, surtout, votre formation sera encore plus bénéfique parce qu'elle s'appuiera sur la richesse de votre expérience pratique.

Magali : Envie de devenir chef de produits afin d'être amenée à me rendre fréquemment à l'extérieur de mon travail voire même à l'international pouvez me dire quelle filière je dois prendre ? Actuellement je suis en seconde ES option sciences économiques et classe Europe, les deux années à venir vont passer vite et je commence à me documenter.

Les possibilités sont nombreuses. A l'université, la filière la plus logique est de passer par une licence d'économie gestion, puis un master spécialisé. Toujours au sein de l'université, une autre voie consiste à intégrer un IUT tech de co et de poursuivre ensuite vers une licence professionnelle.
Par la voie des écoles, on peut dire que la quasi-totalité des écoles de commerce peuvent préparer au métier de chef de produit.

MOMO : Pour devenir journaliste qu'est-il préférable de faire? Une classe préparatoire ou une licence en sciences politiques, humaines, de droit ou en science de la communication. De plus, je vais aussi tenter Sciences Po.

Avant tout, pour être journaliste, il faut une très bonne culture générale. C'est un domaine dans lequel les voies d'accès sont nombreuses. Ma préconisation est de poursuivre des études dans un domaine qui vous plaît e qui vous passionne et je suis certain qu'avec cela, si vous êtes motivé, vous trouverez votre voie dans le journalisme.
Si vous voulez une information plus précise, sachez que douze formations universitaires sont reconnues par la profession (vous en trouverez le détail sur le site de l'Onisep www.onisep.fr).

Yulia : Bonjour! J'ai une question concernant l'enseignement supérieur pour des étrangers. J'ai fini mes études dans l'université' russe (5 années). Et je voudrais bien continuer ma formation en France. Mon diplôme, sera-t-il reconnu en école française? Quelles sont les conditions spéciales pour des étrangers à remplir pour être admise en école française en tant qu'étudiante? Merci pour la réponse

Si vous êtes à l'étranger, le premier réflexe à avoir est de vous adresser au CEF (Centre pour les études en France) auprès de l'ambassade de France dans votre pays. SI vous ne pouvez vous déplacer, vous pouvez aussi accéder au site Internet de l'ambassade qui comporte systématiquement un lien vers le CEF.
C'est aussi le CEF qui pourra vous donner une liste de correspondances entre votre diplôme actuel et le système d'enseignement supérieur français.

Juju : comme chaque année, il y a de plus en plus de filières universitaires qui demandent de payer plus que les droits habituels. Pourquoi ? Pourquoi ne faites vous rien alors que la justice condamne ces universités ? Merci de votre réponse.

Il n'est pas exact de dire que nous ne faisons rien. A titre d'exemple, je vous informe que, l'année dernière, les recteurs d'académie sont plusieurs fois intervenus pour que les universités respectent la législation en vigueur.
D'ailleurs, ils ont instruction de poursuivre devant le tribunal administratif chaque fois qu'ils constateraient un dépassement ou des frais d'inscription illégaux.

Etudiant : Bonjour Monsieur. Je suis en terminale S et je viens de lire les articles de latribune.fr sur les pépites de l'université. Je souhaitais avoir votre avis sur la manière de les repérer. Que me conseillez-vous ? Merci.

Tout d'abord, bravo de vous informer et de lire, c'est un bon réflexe que je vous conseille de garder ! De plus, vous aurez noté que les articles de latribune.fr montrent que l'université regorge de très bonnes formations, ce qui n'est pas toujours suffisamment connu.
Afin de repérer les formations qui fonctionnent bien, il faut regarder entre autres les informations que les universités diffusent à leur sujet. De très bons indicateurs sont la transparence sur les salaires de première embauche, le taux d'insertion professionnelle des étudiants à la sortie, etc.

Brune : Monsieur, je viens de lire que vous n'étiez plus en poste aux côtés de Monsieur Fillon. Pourquoi cette séparation ?

Il ne s'agit pas d'une séparation dans la mesure où le rôle d'un directeur général de l'Enseignement supérieur est de mettre en oeuvre la politique gouvernementale. Je suis sous la responsabilité directe de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et continue donc à développer la politique souhaitée par François Fillon et le président de la République.

Raleur : Les profs font la grève. Les étudiants trinquent. Et vous que faites-vous pour arrêter ça ? Bien à vous.

Il est un peu réducteur de considérer que toutes les formations seraient touchées par un mouvement de grève. A mon sens, le plus problématique c'est lorsque des mouvements de grève débouchent sur de la violence, des atteintes aux personnes et aux biens comme cela est arrivé à Montpellier III en fin de semaine dernière.
Vous noterez que, dans ces cas, la ministre condamne vivement et fermement de tels agissements.

Antoine : Bonjour Monsieur Hetzel. Vous avez rédigé un rapport sur l'orientation des étudiants. Où en est-on aujourd'hui sur ce dossier ? Cordialement.

Voilà un dossier qui, depuis la rédaction du rapport Université Emploi, a bien progressé. C'est ainsi que, désormais, a été mise en place la procédure d'orientation active qui prévoit, via le dispositif "admission post bac", que tous les lycéens fassent leur choix d'orientation au début du deuxième trimestre de la classe de terminale et bénéficient de conseils personnalisés.
Une fois entrés à l'université, les lycéens devenus étudiants bénéficient aussi de l'ensemble du plan licence qui met notamment l'accent sur l'acquisition de connaissances et de compétences facilitant l'insertion professionnelle.

Etudiant100 : Bonjour, dans mon université, je ne dirais pas laquelle, le service des stages ne fait rien pour nous aider. Comment peut-on dans ces conditions se faire une expérience professionnelle et déboucher sur un emploi ? Merci de votre réponse.

Tout d'abord si, dans votre université, le service des stages ne fait rien pour vous aider, je ne peux que le regretter car toutes les universités ont bénéficié d'un financement dans le cadre du plan licence, lequel prévoit bien la prise en compte de l'insertion professionnelle des étudiants. Cela dit, je vous invite à effectuer des candidatures spontanées pour chercher des stages.
Car contrairement aux idées reçues, un tiers des étudiants trouvent leur stage de cette manière.

Merci Patrick Hetzel, le mot de la fin ?

Avant tout, un grand merci pour cet échange fructueux. Je profite de ce propos conclusif pour dire combien nos établissements d'enseignement supérieur sont en train d'évoluer pour prendre en compte les légitimes aspirations des étudiants en matière d'insertion professionnelle.
 

latribune.fr

Vos réactions

  • Marc44 a écrit le 18/03/2009 à 10:27 :

    • Pas de question et pas d'avis sur la proposition de loi UMP récemment déposée concernant indirectement les frais d'inscription ?

  • schweiny a écrit le 16/03/2009 à 17:14 :

    • encore un normalien de la normale souppe de la rue d'oulme ?

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