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La Tribune.fr - 19/03/2009 | 14:39 - 2565 mots

Bonjour à toutes et à tous, nous avons le plaisir d'accueillir Laurent Batsch, Président de l'Université Paris-Dauphine.
Bonjour à toutes et à tous. Je suis très heureux de pouvoir vous parler des projets de Dauphine et de répondre à toutes vos questions.
ben : Monsieur Batsch, ancien étudiant à Dauphine, aujourd'hui en école de commerce, j'ai 2 questions. Afin de concurrencer les grandes écoles tout en gardant la spécificité d'Université, modèle international :-pourquoi Dauphine ne se lance pas dans l'obtention d'accréditations type EQUIS ou AMBA? (Afin d'être compétitif sur le plan international)- pourquoi Dauphine ne garantit pas (sous réserve de réussir les examens) à l'ensemble de ses étudiants, sélectionnés en 1ère année, un diplôme Master en Management BAC+5, qui permettrait une visibilité d'un diplôme phare, ce dernier pouvant être classé par exemple dans le Financial Times et concurrencer les formations type école de commerce ou universités étrangères comme la LSE (tout en gardant les masters spécialisés qui font la renommée de Dauphine)? Dauphine a, à mon sens, un niveau supérieur aux meilleures écoles de commerces françaises, mais souffre cruellement de visibilité, particulièrement à l'international! Merci!
Première réponse : Vous avez tout à fait raison, la visibilité internationale d'une université comme la nôtre passe par son accréditation par des organismes tels que l'EFMD qui délivre la certification Equis...
C'est pourquoi nous avons engagé cette procédure d'accréditation. Nous sommes en train d'achever notre rapport d'auto-évaluation Equis et nous aurons à l'automne la visite des évaluateurs.
C'est un processus d'assurance qualité très exigeant. Il mobilise chez nous dix groupes de travail donc plus d'une centaine de personnes sur les dix thèmes clé de l'évaluation. Mais c'est un défi que nous prenons très au sérieux.
Pour la deuxième question, nos étudiants sont sélectionnés à l'entrée en L1. Ceux qui valident leurs examens sont pratiquement assurés d'avoir un Master de Dauphine mais il est vrai qu'on ne peut pas leur garantir le libre choix de leur spécialité. Quant aux diplômes tels que ceux qui sont classés dans le Financial Times, je rappelle qu'il s'agit de Masters et non pas de diplômes en cinq ans.
Mais il est vrai que nous réfléchissons très sérieusement à une offre de Master de ce type qui permettrait à dauphine de s'ouvrir davantage à de très bons étudiants étrangers et d'internationaliser davantage son recrutement. Mais vous le voyez, votre sugestion me parait très pertinente mais elle ne répond pas à l'objectif qui semble vous préoccuper de garantir un cursus complet en cinq ans à nos étudiants.
Morphon : Pourquoi la faculté de Paris-Dauphine en particulier possède-t-elle une telle réputation, une telle cote ?
D'abord merci de votre empathie. Je crois que Dauphine qui fête cette année ses quarante ans (le 26 mars) a réussi une bonne synthèse entre les meilleures traditions universitaires et les meilleurs acquis des grandes écoles. Nous sommes une université sélective et professionnalisante. Nous associons très étroitement les exigences de la rigueur théorique et méthodologique d'une part et l'impérieuse nécessité de l'insertion professionnelle de nos étudiants d'autre part.
lml : Dauphine ne permet pas l'entrée en Master1 de Gestion. Ceci va à l'encontre de l'organisation de l'Université Française (L3, M1, M2). Comment expliquer cette particularité ? Particulièrement pénalisante pour les élèves venant de l'étranger (undergraduate).
Permettez moi de ne pas partager votre point de vue. Dauphine a deux fois plus d'étudiants en M2 qu'en L3. Nous avons des effectifs en pyramide inversée car notre fonctionnement est vertueux. D'une part, il y a peu d'échec et nous rejetons peu d'étudiants.
D'autre part, nous sommes ouverts à des recrutements extérieurs, y compris en Master. En réalité, votre question suggère que ces recrutements extérieurs devraient descendre au niveau de l'entrée en M1. Je vous avoue que c'est une vraie question... Cela fait écho à une question précédente relative à nos Masters. Il importe que Dauphine puisse offrir des Masters internationaux de très haut niveau à des étudiants undergraduate. Vous le voyez, votre préoccupation est aussi la nôtre.
adrien : Bonjour Monsieur, j'aurais aimé savoir quels sont les avantages d'être dans votre faculté. J'ai entendu dire que, contrairement aux autres facs, l'entrée se faisait sur concours. Est-ce la vérité ? Et quel genre d'entretien faites-vous passer ? Merci pour tout.
Vous avez raison, Adrien, l'entrée dans notre université (pas faculté) se fait sur concours avec les mêmes modalités que pour l'entrée en classes Prépa. En effet, nous classons les dossiers sur la base de la moyenne des notes obtenues en première et en terminale. Nous recevons trop de dossiers pour pouvoir réaliser un entretien individuel. L'année dernière, nous avons reçu
(en 2008) environ huit mille candidatures dans nos deux grandes filières d'économie et de mathématiques appliquées.
Je serai bientôt en mesure de publier le nombre de candidatures pour la prochaine rentrée mais je peux déjà vous dire qu'il dépassera celui de 2008. C'est une évolution d'autant plus remarquable que Dauphine n'était pas intégrée au dispositif APB (admission post Bac) et que nous avons enregistré ces inscriptions directement sur notre site.
zina : Existe-t-il une véritable concurrence avec la Sorbonne ?
Non.
rudy : Bonjour, j'aimerais savoir comment vous avez vécu dernièrement, et même depuis ces dernières années, les manifestations qui se sont répercutés dans la plupart des facultés du pays. Etes-vous derrière les professeurs et/ou élèves lors de ces événements ?
Ces manifestations ont concerné des sujets trop divers pour que je puisse répondre simplement à votre question. En général, Dauphine est peu ou pas affectée par ces mouvements.
lefantome : En ces temps de crise, beaucoup disent qu'il veut mieux faire une école privée plutôt qu'une faculté où les stages sont moins importants. Qu'avez vous envie de répondre à ces détracteurs dont je fais personnellement partie ?
Demandez la réponse aux DRH qui viennent chercher nos étudiants. Ils nous disent qu'ils les classent dans le même cercle que les grandes écoles parisiennes. Quant aux stages, ils sont obligatoires dès l'année de licence. Nous avons aussi créé la possibilité d'une année de césure en entreprise entre le M1 et le M2. Et nous avons environ 450 étudiants en apprentissage. je crois sincèrement que nous n'avons rien à envier aux écoles en matière de professionnalisation. Mais bien sûr, vous avez raison, on peut encore améliorer les choses, et nous y travaillons .
dorto : (question scolarité) Monsieur Batsch, avez-vous suivi un cursus "fac" durant vos études ? D'où venez-vous exactement ? (question professionnelle) Vous êtes aujourd'hui président de la Sorbonne. Mais j'imagine assez aisément que vous êtes passé par plusieurs facultés auparavant. Quel est votre parcours ? Je vous remercie pour votre réponse.
J'ai suivi un double cursus : de sciences économiques à l'université Paris I et de gestion à l'ENS Cachan. Et je vous rappelle que je suis président de Dauphine et pas de la Sorbonne, personne n'est parfait.
Bertrand : Est il vrai que les titulaires d'un master 1 à Dauphine ne sont souvent pas pris en master 2 ? Pour quelles raisons ? Quelle est la provenance des étudiants externes pris en master 2 à Dauphine ? Y en a-t-il provenant d'écoles de commerce post bac ? Si oui, quelle proportion et sur quels critères ?
Cher Bertrand, ce n'est pas vrai ! La plupart de nos étudiants de M1 font un M2 à Dauphine mais bien sûr, certains préfèrent aller ailleurs s'ils n'ont pas obtenu à Dauphine la spécialité de leur choix. Mais nous tenons à laisser ouvert l'accès des Masters à des étudiants extérieurs qu'ils viennent d'écoles de commerce, d'ingénieurs ou d'autres universités.
Cuca : Quels sont les débouchés les plus porteurs de la filière DUGEAD ? Le master Marketing et Stratégie a-t-il autant de renommée que le master Finances, qui fait la réputation de Dauphine, ou me conseillez-vous de faire ce master dans une école « plus spécialisée » ?
Le DUGEAD débouche sur la licence. Vous avez en licence quatre options : gestion, économie appliquée, sciences sociales, droit et gestion. Laissez vous guider par vos préférences et vos talents, Cuca. Quant au Master de marketing, il est excellent et sûrement mieux valorisé que les diplômes des dites écoles spécialisées qui ne sont pas comparables aux meilleures écoles de commerce.
Ne vous laissez pas abuser par l'affichage et par le packaging des écoles "bling-bling".
belayel : Quel serait le choix le plus judicieux entre le BTS et le dut pour une poursuite d'études par la suite?
Bien que le BTS puisse être une très belle voie de formation dans une perspective d'études longues, il faut privilégier sans hésiter le DUT. Nous intégrons en licence certains titulaires de DUT.
mams92 : Monsieur Batsch, où en est le projet d'augmentation des frais de scolarité sur crtières sociaux ? Selon moi, une augmentation sensible permettrait à Dauphine de prendre une autre dimension...
A qui le dîtes vous. Cette évolution est inéluctable. Elle correspond à la fois à l'équité sociale et aux besoins de développement du service public. Nous avons réfléchi à un système de tarification progressive en fonction du revenu des familles, du nombre d'enfants dans l'enseignement supérieur et de la domiciliation. Et ce système permettrait de doubler le pourcentage d'étudiants boursiers totalement exonérés de droits d'inscription. Cette question reste en suspens. Il serait logique que dans le cadre de l'autonomie, Dauphine obtienne le feu vert du ministère pour mettre en place ce système. En un sens, votre question s'adresse à lui. Dauphine cherche en tout cas à multiplier les ressources propres complémentaires au financement public.
Dominique : Peut-on espérer, sortant d'une école de commerce post baccalauréat telle que l'ESSCA être admise en master à Dauphine ? (Pour un master en marketing par exemple et non pour les master de finance les plus demandés).
Mais oui Dominique ! La concurrence est rude mais il n'y a ni quotas, ni a priori. Et 100% des gagnants ont tenté leur chance.
Rouget Paul : Quels sont les moyens mis en place par Dauphine pour préparer ses étudiants à l'international? Proportions d'étudiants partant en stage à l'étranger et proportion d'étudiants décrochant leur premier job à l'international ?
Presque 50% des étudiants de Dauphine ont une expérience à l'international. Nous voudrions porter ce taux à 100%. Mais évidemment, la tâche est rude car nos effectifs sont nombreux. Nous sommes en train de renforcer l'enseignement des langues. Nous développons aussi les cours en anglais. Nous continuons de développer les partenariats d'échange et l'anée de césure est une formidable occasion de faire un stage à l'étranger.
student000007 : Bonjour Professeur Batsch. Je viens d'arriver au Chat, et j'espère que cette question n'a pas encore été posée. Je voudrais vous demander quelles sont les principales différences dans l'approche pédagogique, et dans les débuchées professionnelles, entre les BTS CGO (comptabilité et gestion des organisations), les écoles de commerce, et les universités de gestion.
Les BTS sont des formations courtes qui n'ont pas vocation à déboucher sur des licences et des masters. Les écoles de commerce sont tellement nombreuses et diverses en qualité que je ne peux pas vous faire une réponse simple. Quant aux universités de gestion, elles ont vocation à délivrer des masters. Il faut s'y engager si vous êtes plutôt partant pour cinq années d'études.
Alex : Bonjour, titulaire d'un bachelor d'une école de commerce en marketing/gestion, je souhaite m'orienter vers le domaine de la banque/gestion de patrimoine/gestion de fortune. Qu'elle formation ou qu'elle ESC (bien quottée banque/finance) serait idéale afin de poursuivre sur un poste à responsabilité dans ce domaine. Cordialement
Je ne saurais trop vous recommander la filière de l'Institut de Gestion de Patrimoine à Dauphine ouverte dès le niveau L3 : notre Master est très reconnu et l'ampleur de nos programmes de formation continue pour les Banques (branche de gestion privée) atteste de la qualité de nos compétences en ce domaine qui associent au plus haut point la finance et le droit. Visitez notre site : www.dauphine.fr
jeannot : Quelle différence faites vous entre une université et une école de commerce ? Qu'est ce qui fait la spécificité de Dauphine ?
Dauphine est une université sélective et professionnalisante, cela lui donne un caractère original dans le paysage français. Les étudiants et les employeurs classent souvent Dauphine au même rang que les Grandes Ecoles. Dauphine est hybride car elle emprunte certains caractères des Grandes Ecoles (sélection, professionnalisation) mais reste une université par son corps enseignant, son attachement à la recherche, son recrutement dès la sortie du lycée. Mais restons modestes : ce modèle est depuis longtemps celui de la plupart des universités étrangères. Notre type de formation favorise peut-être moins le bachotage et davantage l'autonomie que la voie des classes prépa et des Ecoles. Je ne dis pas qu'une voie est meilleure que l'autre, mais je crois très sincèrement que le modèle de Dauphine est très bon et convient mieux à beaucoup d'excellents lycéens qui aspirent à une pédagogie plus ouverte et à des contenus plus universitaires.
Antoine : Dauphine va fêter ses quarante ans. Comment a t-elle évolué en ce presque demi siècle ?
Il y a quarante ans, les pionniers ont pensé pour Dauphine un projet universitaire en rupture : rupture avec la tradition intangible du cours magistral, rupture avec le cloisonnement disciplinaire, rupture avec l'isolement académique loin du monde des affaires. Au départ, l'attraction de Dauphine s'est fondée sur l'encadrement des étudiants en petits groupes, car les étudiants fuyaient les grands amphis anonymes. Ensuite, il y a eu la multiplication de diplômes de 3ème cycle (les « DESS ») pluridisciplinaires et résolument tournés vers l'insertion professionnelle. Cela a enclenché une spirale du succès qui a attiré vers Dauphine un flux croissant de candidats. Il a donc fallu adopter un mode d'entrée sélectif, finalement légalisé par le décret qui fit de Dauphine un « grand établissement » en 2004. Dauphine est devenue une université choisie : par ses étudiants, par ses enseignants et par les employeurs. Cela fait toute la différence : on ne fréquente pas Dauphine par hasard ou par affectation administrative.
Daniel : Dauphine a développé un master de journalisme économique. Pensiez-vous qu'il y avait un manque en la matière ? Comment trouvez vous que les médias ont traité la crise financière ?
Dauphine est très fière d'avoir noué un partenariat stratégique avec l'Institut Pratique de Journalisme (IPJ) qui est une grande école de journalisme et qui a vocation à devenir une composante autonome de Dauphine. Nous allons développer ensemble un Master de journalisme et une Ecole de journalisme IPJ-Dauphine. C'est un très bel exemple de maturité stratégique dans lequel la qualité des relations humaines entre les partenaires joue un rôle déterminant, comme dans tout processus de rapprochement positif.
Sur le traitement de la crise par les média, je me garderai de généraliser, il y a eu des choses excellentes et des moins bonnes. J'en profite pour souligner que nous remettrons jeudi 26 mars le prix Dauphine-Tezenas du Montcel du journalisme économique et social : nous préférons valoriser une profession que l'accabler !
Sebastien : Avec la crise financière, avez vous ajouté des cours 'éthique à Dauphine ? Si non, ne cela serait-il pas nécessaire ?
On peut et on doit enseigner l'éthique, mais êtes-vous sûr que cela aurait empêché l'action des dirigeants d'Enron, des Kerviel et des Madoff ? C'est comme le catéchisme : ça marche si on veut bien y croire. En revanche, il est plus important d'enseigner les bonnes pratiques professionnelles ainsi que la régulation des marchés.
Merci Laurent Batsch, le mot de la fin ?
Merci de votre écoute et de vos questions. Nous aurons d'autres occasions d'évoquer les projets de Dauphine, son implantation à La Défense, le grand réseau de ses anciens, le lancement de sa fondation et je vous donne rendez-vous sur mon blog pour d'autres dialogues www.laurentbatsch.com. Bien à vous.
latribune.fr
edouardddba a écrit le 03/04/2009 à 12:12 :
Très bonne intervention, qui me confirme l'excellence de Dauphine et sa réputation entendu au sein de la banque où je travaille. Bravo
antoineged a écrit le 27/03/2009 à 23:20 :
Cher Président, Pour votre information, le fils de l'une de mes meilleures amies a suivi, sur mes conseils, une formation en finance dans votre université et il est titulaire d'une MSTCF ! Il occupe, aujourd'hui, un poste important dans le domaine du contrôle de gestion pour une entreprise basée à Londres ! Il me remercie souvent des conseils avisés que je lui ai prodigués autrefois et, ces remerciements s'adressant plutôt à vous, j'ai le plisir de vous les transmettre ! Sincères salutations, Antoine GED
antoineged a écrit le 27/03/2009 à 23:20 :
Cher Président, Mille excuses pour les fautes de frappe que j'ai commises dans mon précédent commentaire, qui ont trompé ma vigilance ! Sincères salutations, Antoine GED
Kba a écrit le 25/03/2009 à 15:39 :
Très belle initiative pour Dauphine. Cettte université d'excellence a davantage besoin d'être médiatisée. Bravo M. Batsch et merci à la Tribune.
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