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Jean-Christophe Visier : " un bâtiment à énergie positive signifie une volonté d'être en pointe "

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Jean-Christophe Visier est directeur du département énergie, santé, environnement du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB).

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Les bureaux, ateliers et entrepôts sont-ils éligibles au concept de bâtiment à énergie positive ?

A priori, tous les bâtiments sont susceptibles de produire plus d’énergie qu’ils n’en consomment s’ils sont conçus et réalisés dans cet esprit. En pratique, ce sera difficile, voire impossible, pour les ateliers industriels qui comprennent des machines de production très gourmandes en énergie.

Quelles sont les règles à suivre ?

Tout d’abord, c’est principalement avec le photovoltaïque qu’on obtiendra à court et moyen termes des bâtiments à énergie positive. On y parviendra à Montpellier avec un immeuble d’un seul niveau dont le toit est couvert de capteurs photovoltaïques. Ce sera impossible avec une tour de 10 étages à Lille. Même si ses façades sont équipées car leur rendement est moitié moindre que celui des toits. Ensuite, il faut veiller à ce que la densité d’occupation au sol par les salariés ne soit pas trop élevée. Comme c’est, par exemple, le cas dans les centres d’appels.

Quelle est l’ampleur du phénomène ?

Il y a trois ans, la France ne comptait aucun bâtiment à énergie positive. Aujourd’hui, qu’il s’agisse de bureaux, de grandes surfaces commerciales, de logements ou immeubles administratifs, quelques dizaines de bâtiments aspirent à devenir à énergie positive. Il faudra tester leurs performances réelles au bout d’un an de fonctionnement. Cela reste un défi. Tous les projets actuels n’y parviendront pas. Il faut considérer ce phénomène comme un processus d’amélioration continue. On devrait employer l’expression « Bâtiment qui tend vers l’énergie positive ».

Quels sont les changements pour les maîtres d’ouvrage ?

C’est une question d’image : participer à une démarche environnementale collective. Citons l’école Jean-Louis Marquèze à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne) ou le lycée Kyoto à Poitiers (Vienne). Chez les professionnels de la construction, construire un bâtiment à énergie positive signifie une volonté d’être en pointe, voire en avance sur une démarche qui va se généraliser dans le neuf. À l’instar du bureau d’études en ingénierie climatique Elithis, avec son nouveau siège social à Dijon (Côte-d’Or). Pour le photovoltaïque installé sur des bâtiments existants, la motivation des maîtres d’ouvrage est purement financière. En revanche, il faudra promouvoir des modes de communication pour former les gestionnaires de bâtiments et les utilisateurs afin d’adopter les réflexes pour réduire la consommation d’énergie.

Propos recueillis pa r E. H.

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