C'est le moment ou jamais de lâcher prise

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Chaque semaine, découvrez les chroniques sur la vie au bureau réalisée par Sophie Peters. Anecdotes, conseils, expériences : pour sourire mais aussi mieux se sentir dans son job.

 

Aujourd'hui 1er juillet, coup d'envoi des deux longs mois de transhumance estivale, je vous propose de faire le point sur une vaste notion?: le « lâcher prise ». Depuis plusieurs années cette expression a envahi notre langage quotidien au point de se banaliser. Mais il faut avouer qu'il est parfois difficile de la déchiffrer. Pour ma part, j'ai mis des années à en saisir le véritable sens. À y chercher des synonymes pour mieux l'apprivoiser. Voici quelques-unes de mes découvertes? à toutes fins utiles. Car c'est bien connu, dans la notion de vacances, il y a celle d'abandon, de laisser-aller, propice au laisser venir, bref au lâcher prise. Oui mais voilà, c'est loin d'être si simple.

 

Toute l'année, et particulièrement celle qui vient de s'écouler, nous nous accrochons à ce qui nous entoure? de toutes nos forces. À notre job bien sûr, à ceux que nous aimons, à ce que nous avons peur de perdre et que nous voulons préserver, mais aussi à nos croyances, à nos principes. Nous cherchons à dominer les événements, à influencer le cours du destin, à contrôler. Investi à fond dans cette quête, on perd la tranquillité d'esprit, et souvent pire, le sommeil. Or, c'est justement dans cette fameuse notion de lâcher prise que réside la clef? de la tranquillité. Mieux?: la sérénité.

 

Que dit le Petit Robert?? « Fait de prendre de la distance avec ce qui est source de stress. » C'est tout. C'est peu. Il manque, me semble-t-il, l'essentiel?: l'acceptation. Car plus que d'abandon, il s'agit de « faire avec ». Comprendre qu'il y a une certaine vertu et un apaisement à prendre les aléas de la vie, mais aussi ses joies comme elles nous viennent. À regarder les événements tels qu'ils sont réellement et non pas tels que nous voudrions qu'ils soient. Et à agir sur ce que nous sommes en mesure de changer, ni plus ni moins. Ce n'est pas la réalité qui crée notre mal-être. C'est notre interprétation et le fait de faire entièrement dépendre notre paix intérieure de ce qui se passe à l'extérieur. Mieux vaut cesser de retenir, lâcher une position et accepter de s'ouvrir à ce qui vient, modifier son interprétation, faire parfois le deuil de quelque chose à quoi on tenait. Car ce que nous nous sommes fixé n'est pas toujours possible.

 

 

 

 

en terrain inconnu

 

 

 

 

Nous nous agrippons à quelque chose que nous avons décidé sans voir qu'il conviendrait justement de « lâcher » c'est-à-dire de relativiser l'importance donnée au but à atteindre. Tenir à sa réalisation plus qu'à tout le reste rend fragile, distille angoisse et peur. Rester ouvert aux modifications éventuelles permet d'avancer plus sereinement. Et prendre la responsabilité de vivre pleinement et harmonieusement qui nous sommes en lâchant les messages contraignants qui contrôlent nos vies et en prenant conscience de nos dépendances diverses.

 

Parfois, ce sont aussi des émotions auxquelles il nous est difficile de renoncer, la rancune, la haine, la peur. On garde la blessure en mémoire sans arriver à la nommer pour la reconnaître et l'accepter. Alors lâcher prise, c'est laisser derrière soi ce qui n'a plus lieu d'être. C'est pardonner. C'est terminer une situation, se séparer pour mieux cicatriser et avancer vers ce qui vient, vers ce qui est nouveau. Être centré sur l'ici et maintenant. Attention?! Ce n'est sûrement pas se lâcher, se préoccuper de rien, comme on l'entend souvent entre amis ou collègues.

 

Alors, quoi de plus idéale que cette période de vacances qui s'ouvre à nous pour essayer de laisser advenir, de renoncer à la tentation du contrôle, perdre de vue nos préoccupations habituelles, nos certitudes, changer de façon de penser, d'appréhender le monde et les autres. Et de nous aventurer en terrain inconnu. Je vous souhaite un bel et heureux été.

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