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http://www.latribune.fr/carrieres/mieux-dans-mon-job/20091126trib000447165/le-droit-a-la-difference.html
Après les quotas de femmes dans les comités de direction des grandes entreprises, voici venu ceux des handicapés. Bientôt, ce sera au tour des seniors. Drôle de société qui impose par la loi et la punition de faire une place à la différence. C'est dire à quel point nous sommes loin de savoir accueillir naturellement les uns et les autres pour ce qu'ils nous apportent. En pleine semaine pour l'emploi des handicapés, la réponse devrait être d'aider réellement ces personnes à trouver leur place au sein des organisations. À la fois par des mesures rationnelles et des prises de conscience. Ainsi 83 % des handicapés ont un niveau de qualification inférieur au BEP. S'atteler à résoudre la question de leur formation déboucherait naturellement sur des perspectives d'emploi. C'est aussi sur l'environnement qu'il faudrait porter nos efforts. Faire place à la différence, c'est savoir la gérer comme allant de soi. Sylvain, polytechnicien en chaise roulante depuis un accident de moto, cadre supérieur dans une grosse entreprise, voyage beaucoup. Il n'en revient pas de pouvoir prendre le métro tout seul à New York, de se balader à Londres avec aisance et d'être obligé à Paris de rentrer dans un établissement public par la porte de derrière, « souvent à côté du local des poubelles ». En France, les infrastructures sont cruellement inadaptées aux handicapés.
Il y a enfin le regard, notre regard sur le handicap qu'il s'agit d'interpeller. Là, les artistes font fort cette semaine. Demain, le Palais des congrès fera salle comble en accueillant un spectacle qui termine une tournée triomphale en province : « Un nouveau cap ! ». Spectacle de théâtre musical joué par la troupe Fredonia-Cadres (14 acteurs dont 3 en situation de handicap), il montre comment faire d'un accident une force et surmonter les crises en prenant soin les uns des autres. Sorte de métaphore autour de l'aventure de l'entreprise Titani.com, qui ne sombrera pas, mais sortira vainqueur de ses épreuves avec à son bord Andy, un aveugle tout à fait visionnaire.
Sophie Marceau, opportunément sur les écrans aujourd'hui, nous sert, elle aussi, un beau portrait de femme tétraplégique dans le film d'Alain Monne, « l'Homme de chevet ». Cette jolie histoire d'amour arrive à éviter les clichés, mais on regrette cependant que l'homme qui la pousse soit un alcoolique. Comme si, seul un accidenté de la vie pouvait comprendre et tomber amoureux d'une autre blessée comme lui, en colère contre le destin.
Sophie Péters
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