Les secrets de ces entreprises qui font rêver leurs employés

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Meilleure autonomie des employés, esprit de cohésion, sentiment d'avoir une "mission"... Les recettes de ces entreprises "où il fait bon travailler" paraissent plutôt simples. Et elles paient puisque ces compagnies réalisent aussi des bénéfices plus élevés que la moyenne.

Plus les employés sont "heureux" au travail, plus l'entreprise est performante. A priori, ce lien semble évident. Sauf que le bien-être des salariés n'était, jusqu'à récemment, qu'une donnée parmi d'autres, rarement une priorité. Ce n'est plus le cas, à l'heure où les "risques psycho-sociaux" font l'objet de débats nationaux après une série de suicides d'employés de grandes entreprises comme France Télécom.

Une étude menée par le cabinet de conseil Bain & Company, sur les entreprises "où il fait bon travailler", détaille le lien entre l'engagement des employés, leur enthousiasme et la performance des entreprises pour lesquelles ils travaillent.

Des bénéfices deux fois plus élevés

Premier constat : les entreprises du classement établi annuellement par l'institut Hay font des bénéfices jusqu'à deux fois et demi plus importants que les autres. D'autres classements de ce type paraissent régulièrement comme celui du "Great place do work institute" qui place PepsiCo, Microsoft et Leroy Merlin dans le Top 3 des entreprises où la satisfaction des employés est la plus élevée en France.

L'autre point commun de ces compagnies "admirées", c'est qu'elles offrent à leurs clients un niveau de satisfaction tel qu'ils deviennent par la suite promoteurs de la marque. Elles ne feraient pas que répondre au minimum d'attentes exigé en offrant des produits et des services de qualité mais feraient "plus". En clair, elles seraient des entreprises qui font rêver.

Trouver un sens à son travail

Quel est donc le secret de ces entreprises jouissant d'une si bonne image auprès de leurs clients pour que leurs employés aussi soient enthousiastes ? Là encore, les fondamentaux de base, comme le salaire et les conditions matérielles, sont à respecter. Mais, "ce qui fait passer à l'étape supérieure, celle où les employés sont vraiment très heureux, c'est lorsqu'il existe dans l'entreprise une communication quasi obsessionnelle sur sa mission", explique Domenico Azzarello, associé chez Bain& Cie et responsable de cette étude sur les liens entre engagement professionnel et performances de l'entreprise.

Les messages sont simples : telle société de vente en ligne ne fait pas que livrer de vulgaires chaussures à domicile, non, elle "livre du bonheur". Telle banque ne fait pas que gérer les comptes de ses clients, elle "facilite la vie des gens". Tel gourou du "high tech", à ses débuts, ne fait pas qu'inciter ses salariés à bien vendre des ordinateurs, il leur propose de l'aider à "changer le monde".

Pourtant, nul besoin d'être un dirigeant charismatique pour insuffler à ses troupes la motivation nécessaire pour "faire rêver". "Les entreprises classées parmi celles où les employés sont les plus heureux ne sont pas forcément dirigées les PDG les plus extravertis", note ainsi le consultant de Bain & Cie.

L'exemple d'Apple revient d'ailleurs fréquemment comme "modèle" de management efficace. "Après le recrutement, nous sommes réunis pour un stage où l'on nous apprend notamment qu'il vaut mieux perdre du temps avec un client, qu'il reparte content et informé sans rien avoir acheté plutôt que de vouloir à tout prix faire du chiffre" raconte Frédéric, vendeur dans une enseigne de la marque. Toutefois, le tableau n'est pas idyllique. Ici, plutôt que d'offrir un niveau de salaires un peu plus élevé en adéquation avec les résultats de l'entreprise, c'est l'ambiance qui est privilégiée et trois jours de vacances en bonus offerts par le patron.

Autonomie et considération

Outre le sentiment de trouver un sens à ce qu'ils font, les employés de ces entreprises "où il fait bon vivre" mettent en avant leur niveau d'autonomie ainsi que la considération dont ils font l'objet pour expliquer leur opinion favorable. Là encore, cela semble évident, mais ils manquent à bien des salariés dans les autres entreprises. Le baromètre sur le bien-être au travail établi par lpsos pour La Tribune, le 4 avril,  fait état de ces lacunes. Si 64% des gens se déclarent satisfaits de leur niveau de bien-être au travail, ce dernier aurait tendance à se détériorer, surtout chez les cadres. Parmi les causes de cette dégradation : des niveaux de stress élevé et un manque de reconnaissance. Ainsi, 62% des sondés affirment être stressés.

Plus globalement, en France quelque 60% des salariés interrogés par le cabinet Forrester avouent déconseiller à leur entourage de travailler un jour dans leur compagnie, selon une étude internationale parue fin 2010. C'est bien pire qu'en Allemagne où 40% des employés ont une telle opinion négative.

Une meilleure reconnaissance du travail effectué, une formation adéquate des managers ou encore la "valorisation des performances collectives" figurent toutes dans la liste des mesures préconisées par le Rapport sur le bien-être et l'efficacité au travail remis en février au Premier ministre. Toutes ces solutions, logiques, font déjà partie des "secrets" des entreprises où il fait bon travailler.

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Commentaires
a écrit le 22/01/2013 à 18:38 :
Il n'y pas de miracles mais il y a tout de même des outils simples qui marchent. Tout cela mène vers l'organisation qui centre ces intérêts communs vers l'être humain dans une dimension humaine et non comme un simple produit à consommer et à jetter ensuite.
a écrit le 21/11/2011 à 18:11 :
Bonjour Mme.Torre,

Je suis étudiant à l'université Paris Dauphine, et dans le cadre de l'obtention de mon M2 en entrepreneuriat cette année, nous menons une petite enquête sur la motivation des salariés en entreprise, un sujet au combien essentiel pour nous, porteurs de projets et futurs créateurs d'entreprise!!
Je vous contacte car la lecture de votre article "les secrets de ces entreprises qui font rêver leurs employés" me font penser que vous seriez un expert parfait concernant notre sujet.

Ainsi, j'aimerais savoir si vous accepteriez de répondre à quelque questions.
Je dispose d'un petit document contenant seulement 16 questions, merci de bien vouloir me faire savoir si vous disposez du temps necessaire pour y répondre (15min tout au plus).

Bien cordialement,
Loïk Fernandes
a écrit le 29/10/2011 à 23:34 :
Le plaisir au boulot est lié au manager et à sa capacité à être légitime auprès de ses équipes .
Cela passe par la valorisation des profils : valorisation basée sur du concret et pas sur du copinage comme dans bien trop de grosses boites françaises.

Si le manager est illégitime , toute la chaine est affaiblie et la seule issue possible pour l'entreprise est de faire jouer la mobilité du manager pour espérer remotiver les troupes.

Malheureusement , les gestionnaires communicants "perroquets savants" ont pris le pas sur l'innovant visionnaire.
Notre classe politique en est la plus belle représentation.
a écrit le 02/07/2011 à 17:24 :
Si la France as un problème, c'est bien celui la!

Les salaries ne sont que intéresser que par le niveau de leur salaire !
Parlez moi de passion et d?amour pour vous et vos clients et vous aurez le salaire!!

Par ailleurs, gérer par des monarchistes, on ne connaît pas en France le management moderne!!

Il y a aussi qu?à regarder les inégalités dans le marché du travail :

Les embauches ou des salaires ne dépendent pas de vous et vos résultats mais de votre sexe, votre couleur de peau (noir, blanc, beurre ou brun !!) ou alors des écoles !!

Vive l?égalité !!
a écrit le 02/05/2011 à 17:07 :
Non mais ce qui compte c'est l'argent. Si le salaire ne suit pas, pas la peine de se casser la tête.
a écrit le 01/05/2011 à 13:36 :
Il est des entreprises en effet dans lesquelles il fait bon travailler.
Je travaille dans l'une d'elle depuis 7 ans - groupe HAGER - groupe franco allemand fabriquant de matériel éclectique.
Il se trouve que ce groupe d'envergure mondiale ( 1,4 milliards d'? de C.A. et 11 000 personnes) est encore géré par une famille et n'est pas coté en bourse.

Certes, le groupe gagne et doit gagner de l'argent. Mais l'objectif de ces gains n'est pas la distribution de dividendes à tout prix. C'est avant tout de permettre au groupe de garder son autonomie vis à vis des banques, et de continuer à se développer de manière pérenne.
La gestion du groupe est rigoureuse, l'entreprise est rentable, l'ambiance y est au travail mais les valeurs du groupe font le bien être des salariés.
Les salaires n'y sont pas plus élevés qu'ailleurs mais sont très corrects.
A la tête du groupe et des décisions, pas d'actionnaires qui réclament toujours plus pour eux mêmes, mais des ENTREPRENEURS, des INDUSTRIELS. J'écris ces mots en majuscule parce qu'ils sont évidemment fondamentaux.
N'est-ce pas en effet ce dont nous manquons cruellement, de ces entreprises qui ne sont pas esclaves de leurs actionnaires et dont les patrons pensent avant tout à la pérennité de leur outil de travail et considèrent leurs employés non pas comme une charge mais comme l'une de leurs principales forces ?
C'est probablement ce qu'on appelle le capitalisme à visage humain, et tout le monde y gagne.


a écrit le 01/05/2011 à 5:46 :
Ca paraît simple. Un bon patron, des salariés satisfaits, donc de bons résultats...
De bons résultats, une entreprise heureuse......
Comment se fait-il que les chefs d'entreprise qui sont intelligents (ils sont chefs, eux) n'y pensent pas tous?
a écrit le 01/05/2011 à 5:15 :
La vraie souffrance au travail en France vient de l'absence de solidarité, la déshumanisation, l'excès de "processus", la culture du sentiment de culpabilité permanent. La souffrance vient d'un management qui se défausse de ses responsabilités vers ses équipes, en infligeant des tâches floues qu'il ne comprend pas lui-même, voire des tâches impossibles à réaliser du fait du manque de moyens.
Il serait temps que l'on parle de ces choses simples, qui gangrène notre société "avancée".
Réponse de le 01/05/2011 à 13:08 :
Tout à fait d'accord avec votre analyse. On ne travaille plus pour augmenter l'efficacité d'une organisation. On travaille pour faire carrière personnellement. Les managers ne cherchent plus à régler les problèmes car les managers qui se mouillent pour régler les problèmes d'efficacité sont considérés comme des agitateurs. Alors les managers récompensés, sont ceux qui savent se traire et aussi faire taire les salariés qui monrtent les incohérences du travail! Ceci passe par un TURN-OVER constant dans les services (ie avant que les personnes ne se rendent compte de ce qui ne va pas)!
Réponse de le 01/05/2011 à 18:24 :
Que vous avez raison "ICI" .Cela se rencontre dans pas mal de grands groupes internationaux de plus .....Il est à croire que les enseignements des managers ,n'est plus celui pour qui l'humain prime car ,sans humanité plus de cohésion ,solidarité entre salariés .Il est vrai que la finance est devenue la priorité et nous en constatons et payons maintenant les excés
a écrit le 30/04/2011 à 22:12 :
Impressionnant !! Et bientot une nouvelle puissante etude d'un Grand cabinet de RH & Consulting 1 & Co pour nous dire que la pluie ca mouille !!! Une analyse d'une incroyable perspicacité pour conclure qu'une entreprise qui vous paie bien, vous considere, vous permet de vous épanouir, qui ne vous stresse pas en continue sur les "chiffres", est une entreprise ou il fait bon vivre.....! Un grand moment !
a écrit le 29/04/2011 à 15:13 :
Je vous avouerai que certaines méthodes laissent à désirer! Quand on manage négativement + mise en concurrence accru des salaries=> moi je vous dit que les grosses boite c'est plus des cages que des endroits ou on peut s'épanouir. Et en plus arrivé vous vraiment à avoir une coupure entre vie privée et vie pro passé cadre? Par contre en effet les formations sont bien.
a écrit le 28/04/2011 à 17:47 :
Je fait partie de Leroy Merlin depuis 2007 et je suis vraiment satisfait et content de travailler pour cette groupe... le stress existe, mais nous travaillon aussi avec le bon humeur... "youtube leroy merlin"
Réponse de le 29/04/2011 à 10:49 :
En revanche l'ortographe est pas ton fort !
Réponse de le 29/04/2011 à 11:37 :
on dit : "n'est pas ton fort" ;)
Réponse de le 29/04/2011 à 12:43 :
Et on écrit "ortHographe". Le Bescherelle n'est plus ce qu'il était...
Réponse de le 29/04/2011 à 15:34 :
loooooooo
Réponse de le 01/05/2011 à 18:08 :
Et paf !!
a écrit le 28/04/2011 à 13:53 :
Je suis pourtant convaincu que si nous interrogions les ressources humaines sur leur entreprise, elles considèreraient que tout va bien dans le meilleur des mondes.

Alors, quelles sont les entreprises qui font réellement rêver aujourd'hui ?
Réponse de le 29/04/2011 à 14:29 :
Et toi tu as une vision très restreinte des Ressources Humaines. Bossant dans ce secteur, nous savons quelles sont les forces mais aussi les faiblesses des entreprises dans lesquelles nous sommes...
Réponse de le 29/04/2011 à 16:32 :
Je suis d'accord avec LPYN.Il y a vraiment une dimension qui manque dans les services responsables des ressources humaines dans les entreprises.Ce n'est pas une vision restreinte mais un constat
Réponse de le 29/04/2011 à 18:02 :
La manière de me répondre en dit long sur la personne chargée des ressources humaines que vous semblez être RH. Apprenez déjà à respecter les personnes en évitant soigneusement de tutoyer celles qui ne partagent pas votre avis. J'ai une riche expérience de la vie en société pour savoir que ce je dis n'est pas très éloigné de la réalité mais après tout chacun son opinion.
Réponse de le 05/05/2011 à 12:32 :
Excusez le LPNY, en ressources humaines (bien grand mot) on n'a plus affaire au "capital humain" mais à "la masse salariale" (pour dire que ça pèse lourd dans le bilan, un vrai boulet). Pour les autres qui travaillent dans le recrutement ce sont des "chasseurs de tête"...avec un vocabulaire pareil, pas étonnant qu'ils n'aient aucune considération de la personne. De temps en temps on "dégraisse les effectifs", on "remotive les troupes" à "coup de bâton" De nos jours les animaux sont mieux traités que les hommes (voir toutes les associations de défense aux animaux comparés aux associations pour le bien-être au travail, hors syndicats bien sur sur lesquels je ne ferais aucun commentaire)
Réponse de le 06/05/2011 à 11:29 :
Je lui pardonne volontiers. Je pense que c'est plus le management stratégique qui est la cause réelle du problème. A ce sujet, j'avais lu une étude récente dont je ne me souviens plus bien du lien, à mon grand regret.
a écrit le 27/04/2011 à 16:04 :
enfin un article avec du fond ! merci La Tribune... ça change un peu des classements du type "qui est le meilleur ceci" ou "qui est le pire cela..."

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