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En France, les professions libérales sont parfois garantes de l'intérêt général. C'est le cas des chirurgiens-dentistes, libéraux à plus de 90 %, auxquels l'Etat a confié une véritable mission de santé publique : prendre en charge la santé bucco-dentaire des Français. «Pourtant, la profession véhicule injustement une image troublée », regrette le docteur Roland L'Herron, président de la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD)*.
En collaboration avec les pouvoirs publics, les chirurgiensdentistes ont développé une politique de prévention efficace. A la clé, une baisse constante du nombre de caries, en particulier chez les enfants. «La France a dix ans d'avance sur les projections de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) », se félicite Roland L'Herron. Mieux, cette amélioration de la santé bucco-dentaire des Français n'a pas coûté un euro au contribuable car ces praticiens libéraux pratiquent la prévention bénévolement dans les écoles depuis trente ans.
La CNSD lutte en outre contre la désertification médicale et refuse de laisser à l'abandon les zones rurales et périurbaines. Les professionnels de santé libéraux sont souvent les derniers à rester, quand la Poste et l'école s'en sont allées, assurant le service de proximité indispensable à la vitalité des territoires. De surcroît, contrairement aux idées reçues, les chirurgiens-dentistes ont bien la fibre sociale et contribuent à la solidarité nationale en permettant à tous les citoyens d'accéder à des soins de qualité; notamment les plus démunis, bénéficiaires de la CMU complémentaire. Les soins prothétiques qui leur sont prodigués sont pris en charge par la Sécurité Sociale et le fonds CMU mais à honoraires minorés (prothèse et orthodontie, par exemple).
Une totale transparence
Alors d'où vient cette réputation d'opacité, notamment dans les médias ? Selon le président de la CNSD, il s'agit avant tout « d'un malentendu, d'une méconnaissance du système par le grand public ». Pour pallier les difficultés financières de la Sécurité Sociale, en accord avec celle-ci, l'activité des chirurgiens-dentistes a été scindée en deux secteurs distincts. Le premier secteur, dit à «honoraires opposables », concerne les soins de caries, les actes chirurgicaux comme les extractions et la prévention. Le prix de ces actes est fixé par la Sécurité Sociale et ils sont intégralement remboursés au patient.
Le second secteur, dit à « honoraires libres » concerne les actes pour lesquels l'Assurance maladie ne participe que très partiellement - prothèse et orthodontie, par exemple - ou pas du tout, comme l'implantologie. Par un raccourci ravageur et injustifié, l'expression « dépassement d'honoraires » laisse supposer - à tort - que que les praticiens prennent des honoraires supérieurs, alors que c'est l'Assurance maladie qui ne rembourse en fait qu'une faible fraction, car elle ne veut pas investir dans ces actes. A titre d'exemple, pour une couronne tarifée 500 euros, la Sécurité Sociale ne participe qu'à hauteur de 75 euros. Sur ces 500 euros, 65 % sont constitués de charges. Il ne faut donc pas confondre honoraires et revenus.
Roland L'Herron insiste sur la totale transparence qui caractérise ce secteur à honoraires libres. Ainsi, depuis la convention dentaire de 1978 avec la Sécurité Sociale, c'est-à-dire depuis trente-deux ans, les chirurgiens-dentistes fournissent à leurs patients des devis détaillés dès que le prix de l'acte dépasse le tarif remboursé. Ceux-ci disposent donc du temps nécessaire pour réfléchir, comparer et prendre une décision en toute connaissance de cause. La transparence joue aussi quant à la provenance des prothèses. Qu'elles viennent de France, d'Asie ou d'ailleurs, ce qui importe à la profession, c'est la qualité de la prothèse et la sécurité du patient. Pour y répondre, le chirurgien-dentiste tient à sa disposition un certificat de conformité de la prothèse.
« En fait, le véritable problème vient du désengagement progressif de l'Etat du domaine de la santé, et en particulier de celui de la médecine bucco-dentaire. Du coup c'est le patient qui paie, mais cette situation a des limites », avertit Roland L'Herron.
*Créée il y a 75 ans, la CNSD regroupe 15.000 des 38.000 chirurgiens-dentistes libéraux en exercice. Elle assure ainsi une réelle représentativité et un véritable maillage du territoire via ses cent syndicats, soit un par département.
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