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Les professions libérales représentent 2,5 millions d'actifs, dont plus d'1,5 million de salariés. Pourtant, elles ont le sentiment d'être oubliées dans les politiques mises en place par le gouvernement. Cela correspond-il à la réalité ?
Lorsqu'on parle d'emploi, notamment dans les médias, on a trop souvent tendance à citer les grandes entreprises et les grands groupes, qui font travailler des centaines ou des milliers de salariés. Mais quand on est élu local, on ne peut pas oublier une seconde que les services de proximité sont tout simplement vitaux pour la bonne santé d'un territoire. Que serait une ville sans médecin, sans infirmière, sans avocat, sans notaire, sans expert-comptable ? Une ville qui, très clairement, ne serait plus en mesure de répondre aux besoins quotidiens de sa population et qui serait très vite désertée par ses jeunes actifs. Les professions libérales, ce sont aussi des dizaines, des centaines d'emplois non délocalisables, ancrés dans des entreprises à taille humaine, qui renforcent les liens entre les habitants et qui sont à la fois un moteur de la croissance économique locale et l'un des principaux viviers d'emplois de notre pays.
Le défi que nous avons à relever, c'est de conserver une activité économique sur l'ensemble du territoire, et de manière équitable. C'est pourquoi, dans la crise, nous avons choisi d'actionner une politique offensive, qui stimule la création d'emplois, en particulier dans les Très petites entreprises. Les professions libérales ont ainsi pu profiter de « zérocharges » : ce dispositif permet aux entreprises de moins de dix salariés de recruter en CDD et en CDI au niveau du SMIC sans payer aucune charge et il est dégressif jusqu'à 1,6 SMIC. Un million d'embauches en ont bénéficié depuis sa création en 2009 et un tiers des entreprises ont affirmé que, sans cette aide, elles auraient différé leur embauche. Pôle emploi a aussi développé son offre de service aux entreprises avec la généralisation du Numéro unique 3 995 et la mise en place de forces de prospection pour le démarchage systématique des entreprises région par région. Nous travaillons activement à répondre plus directement aux besoins de recrutement et à adapter les formations proposées aux demandeurs d'emploi.
Les professions libérales ont aussi l'ambition et la capacité de s'impliquer pour répondre aux besoins d'emplois. Ne pensez-vous pas qu'il faudrait valoriser ce potentiel ?
Avec l'UNAPL, nous allons engager un travail de fond dans plusieurs directions complémentaires. Je pense tout d'abord à l'emploi des jeunes, qui sont en première ligne dans la crise. Le pilier du plan d'action en faveur des jeunes, que nous avons mis en place il y a un an, c'est la revalorisation et le développement de l'alternance ; le meilleur tremplin vers l'emploi durable. Nous avons créé des mesures fortes pour aider les entreprises à embaucher en contrat de professionnalisation ou en apprentissage, à travers des primes à l'embauche et des réductions de charges sociales particulièrement incitatives. Ce plan a porté ses fruits grâce aux aides, mais aussi parce que les entreprises savent qu'elles investissent sur l'avenir. Dans la crise, nous avons réussi à redresser la barre et à faire redémarrer l'alternance, à travers l'implication des entreprises et de leurs organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA).
Il faut maintenant enclencher la vitesse supérieure pour développer réellement l'alternance, qui a fait la preuve de son efficacité pour l'insertion professionnelle des jeunes, notamment chez les avocats, les notaires, les chirurgiens-dentistes ou encore les pharmaciens. Nous allons annoncer très prochainement un plan en ce sens, avec des mesures simples et opérationnelles s'adressant aussi bien aux jeunes qu'aux entreprises. Les professions libérales ont à l'évidence un rôle essentiel à jouer car elles sont de longue date très investies dans la professionnalisation.
Nous devons également anticiper dès aujourd'hui les emplois qui seront à pourvoir dans ce secteur : aucune offre ne doit rester sans réponse. Il faut identifier quels seront les emplois salariés en tension, pour être capable par exemple de répondre aux besoins en services à la personne - un secteur en croissance exponentielle - mais aussi pour remplacer les départs massifs en retraite dans certaines professions ; je pense par exemple aux préparateurs en pharmacie, aux géomètres-topographes et aux manipulateurs radio. Nous devons également évaluer quels nouveaux emplois vont émerger pour répondre aux objectifs de développement durable, en particulier dans les métiers du cadre de vie.
Le partenariat avec l'UNAPL, dont la signature est prévue pour septembre, doit donc permettre d'identifier les besoins en développement des emplois et des compétences.
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