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Les métiers de l'agriculture et les professions libérales ont un fort rôle social et sociétal à jouer. L'agriculture le fait savoir en communiquant sur les « services » qu'elle rend. Les professions libérales en font-elles autant ?
La gestion du vivant, animal comme végétal, est la composante essentielle du métier d'agriculteur. C'est autour de ce noyau dur de l'activité que les producteurs agricoles ont construit au fil du temps des valeurs communes, ciment de leur unité. Pour leur part, peut-être les professions libérales sont-elles plus éloignées les unes des autres et la maison commune est plus difficile à construire. Ceci étant, en matière de communication, le rapport au vivant est plus fragile, donc plus sensible. Sans doute qu'un médecin ou un avocat est son propre communicant, dans sa relation avec son patient et client. Il a fallu - et il faudra encore - beaucoup d'efforts pour que le monde agricole communique autour de campagnes génériques. Ce sont les crises successives qui nous ont donnés, par la preuve, la nécessité d'une communication agricole commune.
L'agriculture est une réalité économique qui a aussi le visage d'une réalité sociale : 13 % de l'emploi en France concerne l'agriculture avec son amont et son aval. Grâce à cela, nous avons réalisé en 2009 une campagne choc sur les métiers de l'agriculture, intitulée «L'agriculture, des métiers à la mode ». Tout le monde s'en souvient. Nous avançons. Les professionnels libéraux pourraient quant à eux s'exprimer de façon générique sur des thèmes comme « nous vous soignons, nous vous accueillons, nous vous écoutons... »
Réforme des territoires, désertification... Agriculteurs et professionnels libéraux sont intrinsèquement liés : comment s'installer sans un vétérinaire, un avocat, un kiné, un géomètre... Quel rôle jouez-vous dans le cadre des réformes territoriales ?
Evidemment, nous avons des intérêts et des utilités communes. Le monde rural est une architecture où tout le monde a sa place. La désertification montre d'ailleurs que la population a besoin de nous et que nous sommes interdépendants. Ensemble, nous sommes un facteur de structuration et de qualité de vie. D'ailleurs, je précise aux parlementaires qui vont devoir discuter de la réforme territoriale que des équilibres doivent être respectés.
La vie à la campagne est une vraie source de bonheur si celle-ci s'accompagne de la possibilité de disposer des services essentiels à la personne et aux besoins des entreprises. A ce titre, la présence de nombreuses activités libérales est primordiale. En un mot, la qualité des services publics et au public doit être la même qu'en milieu urbain. D'ailleurs, ensemble, dans de nombreux territoires, nous devons faire connaître nos attentes en matière d'accès aux nouvelles technologies et autres capacités d'information et de réseaux.
Il existe une même logique de dialogue social. Comme le prouve le courrier commun portant sur les solutions adaptées aux très petites entreprises en matière de représentativité syndicale et de représentation collective du personnel. Votre sentiment sur la question ?
Je crois que nous avons le même objectif avec l'UNAPL : représenter, promouvoir et défendre au mieux les entreprises de notre secteur. Nous avons en agriculture un dialogue social extrêmement dynamique et de qualité qui a permis de faire avancer les dossiers essentiels, tels que la prévoyance, l'emploi des seniors ou encore la formation professionnelle. Avec les syndicats de salariés de la production agricole, nous avons organisé ce dialogue social et nous nous sommes donnés les moyens d'en assurer une certaine pérennité. Nous avons mis sur pied une organisation particulière et finalement assez atypique.
C'est pourquoi, par rapport au courrier commun auquel vous faites référence, les solutions qu'il apporte ne nous semblent pas adaptées à notre secteur. Nous avons donc proposé, dans le cadre du projet de loi complétant la loi de modernisation sociale, des mesures spécifiques à l'agriculture afin que soit préservée la mesure de l'audience des syndicats de salariés que nous avons depuis longtemps basée sur les résultats aux élections aux chambres d'agriculture.
Pour autant, et c'est ce qu'il faut retenir, le message que nous souhaitons faire passer est que l'UNAPL et la FNSEA sont avec l'Union professionnelle artisanale (UPA) les représentants des employeurs des très petites entreprises et qu'ils doivent être entendus à ce titre. Le gouvernement doit prendre en compte la voix des TPE.
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