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FORCE EST DE CONSTATER que les professionnels libéraux, très bien formés à la pratique de leur activité, sont mal préparés et peu accompagnés sur les aspects entrepreneuriaux lors de la création, du développement ou de la transmission de leur structure. Dans un environnement économique en pleine mutation, notamment sous l'influence des directives européennes, il apparaît aujourd'hui indispensable de mettre en place des organismes capables d'accueillir, d'informer et de former les entrepreneurs libéraux, avant de les orienter efficacement vers les autres acteurs sociaux et les cabinets de conseil. Le Guichet dématérialisé confié aux URSSAF est une nouvelle disposition apportée par le législateur (décret du 3 mars 2010 ). Pour Bernard Delran, président de l'Office national d'information, de formation et des formalités des professions libérales (ONIFF-PL), « ce nouvel outil est une très bonne chose mais la véritable innovation sera de disposer, partout en France, d'équipes expérimentées au contact des entreprises libérales. Tous les acteurs savent qu'apporter un service de qualité et de proximité à des entrepreneurs libéraux -qui sont par nature individuels et de cultures diverses - est une tâche qui est loin d'être simple. Dans ce sens, nous tenons beaucoup aux partenariats passés par les nombreuses URSSAF avec les Maisons des Professions Libérales et les ORIFF-PL pour faciliter les inscriptions ».
Cependant, pour les professions libérales non réglementées, en constante augmentation dans notre pays avec l'apparition de nombreux nouveaux métiers de services aux entreprises ou à la personne, tout reste à faire. Cette nécessité a récemment été pointée dans le rapport remis par Me Brigitte Longuet à Hervé Novelli, Secrétaire d'Etat au Commerce, à l'Artisanat, aux Petites et Moyennes entreprises, au Tourisme, aux Services et à la Consommation, « 33 propositions pour une nouvelle dynamique de l'activité libérale ». La mesure n°5 incite les structures existantes à s'engager pour la mise en place là aussi d'un Guichet unique d'accompagnement, obligatoire pour les professions libérales non réglementées, dans le cadre de la transposition de la directive Services.
Une mobilisation croissante pour l'entreprise libérale
Créées il y a plus de trente ans à l'initiative de l'UNAPL, les ARAPL, associations régionales agréées par l'administration fiscale, ont acquis une grande connaissance du monde libéral et de ses pratiques professionnelles. Pour Régine Colas, présidente de la Conférence des ARAPL, « les vingt ARAPL de nos régions ont développé les compétences nécessaires à l'accompagnement des professionnels libéraux tout au long de leur vie professionnelle. En toute logique, ainsi que l'évoque le rapport Longuet, nos équipes et notre réseau intégré - qui servent au quotidien près de 130.000 professionnels libéraux- ont la capacité à apporter un appui de qualité. Dans la perspective d'un Guichet unique d'accompagnement pour les professions libérales et dans le but d'assurer la pérennité des associations agréées face aux évolutions législatives actuelles, la Conférence des ARAPL soutient activement le développement d'un maillage de Maisons des Professions Libérales dans l'objectif d'offrir un service de proximité et de développer le civisme fiscal ».
Maisons des Professions Libérales et ORIFF-PL: une dynamique en marche
Né en Bretagne, le concept de Maison des Professions Libérales a été développé en Languedoc- Roussillon. Dans un même registre, l'UNAPL et l'ONIFF-PL déploient depuis dix ans les ORIFF-PL, véritables lieux d'accueil proposant toute une série de services d'aide aux formalités, à la création d'activité libérale et des formations. Toutefois, pour Philippe Le Roux, président de la Maison des Professions Libérales du Grand Ouest, il faut aller plus loin, plus vite : «Les propositions faites pour dynamiser l'entreprise libérale ont le mérite de nous bousculer. En Bretagne et en Pays de la Loire, nous avons anticipé ces changements. Depuis trois ans, nous nous attachons à mettre en place un service de proximité à l'échelle départementale. Aujourd'hui, avec les ORIFF-PL, nous sommes dans une logique de partage d'expériences et de mutualisation de moyens. Notre but est de rassembler et bâtir des collaborations, dans des scénarios gagnant/gagnant, avec tous ceux qui souhaitent mieux servir l'entrepreneur libéral. Dans ce sens, le mot d'ordre donné par le nouveau président national de l'UNAPL, Me David Gordon-Krief, lors d'un récent séminaire en Bretagne, a beaucoup séduit. Nous avons beaucoup à faire ensemble. »
Si les Maisons de Professions Libérales et les ORIFF-PL ont bien la capacité et la détermination pour accomplir ces missions, un point essentiel reste à solutionner : le financement des structures. En effet, ne bénéficiant pas de financements du même type que ceux des organismes consulaires (CCI, Chambre de Métiers), les Maisons des Professions Libérales et les ORIFF-PL sont dans l'obligation de trouver très rapidement un modèle économique capable d'assurer la réalisation pérenne de leurs missions. Dans cette perspective, Henri Gallais, président de l'ARAPL Bretagne-Pays de la Loire et de l'AAAPL (20.000 professions libérales), estime en tant que conseiller régional honoraire de Bretagne que «nos organisations doivent rencontrer les institutions régionales et locales au plus vite. Elles ont beaucoup à leur apporter pour renforcer leur connaissance de l'activité libérale ; un secteur important qui contribue fortement à la création de valeur au sein du tissu économique local et aux questions liées à l'aménagement du territoire ».
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