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La Tribune.fr - 09/06/2009 | 18:13 - 697 mots
L'une des conséquences à long terme de la crise actuelle sera de favoriser la montée en puissance de la Chine. L'origine de cette crise étant financière, ce sont les pays où le capitalisme financier était le plus développé qui ont surtout pâti de l'effondrement des cours de Bourse et des pertes bancaires. Or, la Chine étant essentiellement une économie de production industrielle, le poids de la finance y reste marginal. N'étant pas autosuffisante pour son approvisionnement en pétrole, gaz naturel et autres matières premières, la République populaire peut bénéficier de la déflation mondiale.
Si, au premier semestre, la hausse des prix des ressources naturelles et des denrées agricoles était une préoccupation majeure pour les producteurs chinois, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Avec la déflation, la réduction de l'endettement des banques, des entreprises et des ménages est une priorité. Pour les pays surendettés comme les Etats-Unis, l'ajustement est douloureux. Les plans de sauvetage des banques vont augmenter les déficits publics.
La Chine, elle, est moins fragilisée grâce à un taux d'épargne exceptionnellement élevé : 40% de son PIB. Les excédents de son commerce extérieur lui ont permis d'accumuler près de 2.000 milliards de dollars de réserves monétaires officielles. Aucun autre pays au monde ne peut compter sur un arsenal pareil. Toutefois, les dirigeants chinois sont visiblement inquiets quant aux effets immédiats de la récession. La baisse de la consommation aux Etats-Unis, en Europe et au Japon pénalise les exportations "made in China". Des dizaines de milliers d'entreprises textiles du Guangdong ont déjà fait faillite.
La croissance reste soutenue mais elle ralentit : après avoir atteint 11,9% d'augmentation du PIB en 2007, elle est descendue à 9% au dernier trimestre (sur base annuelle). Les dirigeants considèrent qu'une croissance de l'ordre de 7% par an serait l'équivalent d'une récession dans les pays plus développés, en termes de hausse du chômage. Le régime autoritaire de Pékin a construit une forme de consensus social fondé sur l'enrichissement rapide d'une vaste classe moyenne. Si la croissance ralentit brusquement, l'ordre et la stabilité sont menacés. Cette crainte du pouvoir se traduit par la dimension du plan de relance de la croissance annoncé récemment : 586 milliards de dollars de nouvelles dépenses publiques, soit un effort de l'ordre de 16% du PIB sur deux ans.
Ni les Etats-Unis, ni l'Union européenne n'ont déployé pour l'instant une mobilisation comparable pour combattre la récession. Bien décidée à résister à la contagion de la crise internationale, la Chine ne semble pas en revanche pressée d'assumer de nouvelles responsabilités dans la gouvernance mondiale. Au sommet du G20 ce week-end à Washington, le président Hu Jintao s'est gardé de dresser un procès idéologique contre les excès de Wall Street. Il n'a pas non plus essayé d'organiser un "front commun" des pays émergents contre les Etats-Unis et l'Europe. Pourtant, il s'était vu offrir une occasion inespérée de soustraire à l'Amérique un allié stratégique : le Pakistan.
Le gouvernement pakistanais, face à sa banqueroute, a demandé une aide bilatérale à la République populaire. Bien qu'ayant les moyens financiers d'organiser un sauvetage bilatéral, Pékin y a renoncé. Cette prudence est révélatrice. Les dirigeants chinois savent qu'ils ont peu d'expertise en finance internationale. Ils regrettent l'empressement avec lequel leur fonds souverain a secouru certaines banques occidentales en acquérant des participations actionnaires dont la valeur s'est effondrée par la suite. Pour autant, la Chine est bien décidée à accroître son poids dans la gouvernance de l'économie mondiale.
Si l'on redéfinit l'architecture des marchés financiers et du commerce, il faudra tenir compte de sa voix de plus en plus influente. Mais les dirigeants chinois veulent mesurer avec attention le rapport "coûts/bénéfices" qu'on leur propose. Ils soupçonnent l'Occident de s'intéresser surtout à leurs ressources financières, et ne veulent pas surpayer le ticket d'entrée dans un nouveau club des supergrands. On sent bien une volonté néo-impériale à Pékin, mais elle s'inscrit dans la durée, sachant que le temps joue en faveur de la Chine. Appliquant la leçon de modestie de Confucius, le pouvoir communiste a appris depuis l'époque de Deng Xiaoping à ne pas afficher ses ambitions.
Par Federico Rampini, correspondant à Pékin du quotidien italien La Repubblica. Il a publié "L'Ombre de Mao" (Robert Laffont)
latribune.fr
kojiro a écrit le 11/08/2009 à 19:49 :
@ Tanveyboyo, le Japon se porte bien, ne vous en faites pas pour lui, ce qui fait la force d'un pays, ce sont ses habitants et pour connaitre assez bien la Chine et les Chinois, il n'y a comme on dit, pas photo, entre le pays le plus avancé technologiquement au monde, curieux du monde et un pays trés peuplé du Tiers Monde.Vous voulez qu'on parle de la productivite des Chinois? des milliers de jeunes recrutes a rien faire dans l'armee chinoise pour baisser le taux de chomage? de la salete des rues et des habitants? des batiments construits a la va vite ans aucune norme de securite et destines a s'effondrer dans les trois ou quatre ans a venir? des problemes ethniques? du racisme des chinois envers les etrangers? Heureusement en face de la Chine, il y a le Japon, perle de l'Orient et la civilisation.
DEBANCA a écrit le 09/07/2009 à 12:25 :
Quand la chine se reveillera le monde entier tremblera. Délocalisation,nouvelles technologies, commerce internation, développement industriel et technologique etc..... elee sera la plaque tournante de l'économie mondiale. Soyons objectifs et raisonnons en terme vision prospective.JJSEDEBANCA
tanveyboyo a écrit le 20/06/2009 à 13:28 :
Cher Troll, ne prenez pas vos désirs pour la réalité. "C'est mort pour eux". Le USD va donc s'effondrer au profit de quelle devise? L'Euro à 1.40 est déjà historiquement fort et pourrait, ce n'est pas sûr, retomber à 1.50 ce qui nous rappellent l'USD à 10 francs. La Chine n'est pas les exportations tout comme les USA ne se résument pas aux déficits. Il pourrait y avoir des émeutes à Shezhen et à Detroit mais pas nécessairement partout en Chine ou aux USA. Ce qui guette les USA est le passé récent du Japon. Un long déclin sans trop de remous. La Chien pourrait suivre le parcours récent de la Corée du Sud ou de Taiwan. Une croissance soutenue et saine avec des incidents parfois impressionnants (en Corée avec ses étudiants) mais sans risque de Grand Soir. On est loin du début de la Révolution de 10/10/1911. Tant mieux pour la Chine car quel chemin de croix depuis les guerres de l'Opium qui ont commencé avec le bombardement de Canton en 1950, les invasions barbares et japonaises, guerre civile, folies de Mao etc. La Chine que je visite croit à son avenir et on ne peut pas dire autant de l'occident ou du Japon. Tant mieux pour une si grande part de l'humanité.
FL a écrit le 20/06/2009 à 13:28 :
La Chine est en train d'accaparer les matières premières pour dominer l'économie mondiale. Elle peut réussir mais je pense qu'il s'agit là d'un calcul machiavélique que les forces du bien finiront par terrasser !
bilk a écrit le 20/06/2009 à 13:26 :
analyse trés superficielle
le troll a écrit le 19/06/2009 à 12:47 :
tu parles , Charles !! - la Chine est l'usine du monde, sans la demande mondiale et en particulier celle des USA, c'est mort pour eux !! - 2.000 milliards de réserve de change dont les 3/4 en $US qui risquent de ne plus rien valoir d'ici la fin de l'été !! et si en fait la crise actuelle précipitait la fin du régime chinois actuel ?? avec des avoirs réduits à pas grand chose, un chômage vertigineux et des émeutes pour finir ?? pour l'instant , c'est le calme avant la tempête, attendons la fin de l'été !!
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