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Ressources humaines

Des solutions pour faciliter l'expatriation des femmes cadres

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Elles rencontrent plus de difficultés que les hommes à assumer les postes à l'étranger, passage obligé d'une belle carrière, en raison des contraintes de leur vie personnelle. Alors que la Journée internationale de la femme est célébrée dimanche 8 mars, l'égalité dans ce domaine est encore loin.

Anne va partir au Kazakhstan pour son entreprise qui se développe dans le secteur de l'énergie. Cette femme cadre à haut potentiel sait que sa carrière passe par une réussite professionnelle dans cette rude contrée. De surcroît, Anne doit gérer une situation délicate : son conjoint devra abandonner son emploi pour la suivre. Pas facile. Anne est en somme dans le cas des 77 % des femmes cadres interrogées par l'Ifop pour l'École supérieure du commerce extérieur (ESCE), pour lesquelles assumer un poste à l'étranger est quasi obligatoire pour accéder à une fonction de responsabilité. Or 85 % d'entre elles savent également que la difficulté de concilier vie professionnelle et vie personnelle est un frein puissant à l'expatriation. Comment alors les femmes peuvent-elles réussir ce challenge ? Voici trois précautions à prendre.

1. Bien négocier les conditions d'expatriation

Plus encore que leurs collègues masculins, les femmes cadres doivent soigneusement prévoir les conditions de leur e x p a t r i a - tion. Ce sont d'abord le déménagement ou l'école pour les enfants, trop souvent négligés par les entreprises. Les femmes devront également se préoccuper d'introduire leur conjoint dans la négociation. Un spécialiste de l'expatriation, comme Jean-Luc Cerdin, professeur à l'Essec, conseille aux responsables de l'expatriation de rencontrer en tête-à-tête le conjoint pour étudier ses aptitudes à s'intégrer dans une autre société, le préparer soigneusement au départ. Des associations regroupant les grands employeurs d'expatriés c o m m e Cindex ou Ma g e l l a n p e u v e n t offrir des perspectives d'emploi ou de formation sur place.

2. Utiliser les réseaux

Exemple : quelque 175 cadres d'Air Liquide, dont 30 hommes, se retrouvent dans O'Pluriel, un réseau qui dispose d'antennes en France, Espagne, Italie, états-Unis et Canada. Ils diffusent les bonnes pratiques pour concilier vie professionnelle et vie personnelle, et amener des idées aux directions pour faciliter les doubles carrières. à plus longue échéance, ces réseaux féminins d'entreprises, qui se multiplient, ou d'autres comme Grandesecolesaufeminin. fr ou Ellesbougent.com, permettent de prendre les bons postes pour faire les bons choix de carrières à l'expatriation.

3. Détecter les stéréotypes

Les stéréotypes ont la vie dure. C'est sans doute contre eux que les femmes qui veulent réussir à l'international doivent mener le plus dur combat. Les décisions d'expatriation vers des postes à enjeux sont prises par les dirigeants d'entreprise (voir interview). Les femmes, considérées plus comme des expertes que des dirigeantes, sont peu sollicitées. Pour les dirigeants, ces cadres expatriés, des cadres globaux, gérés dans des filières spécifiques, ont un mode de vie très conservateur avec conjoint au foyer. Désormais cependant, ces stéréotypes se heurtent à la féminisation accélérée de la fonction cadre. Mais, en dépit de cette pression naturelle, l'évolution des entreprises est lente. Très lente.

Pascal junghans

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