Contenu :

Carrières / Les articles expat-impat    Taille du texte : A | A | A

Informations sociétés

A lire sur La Tribune



Marché du travail

La lente révolution du télétravail

Boite à outils de l'article :

Partager cet article avec mon réseau professionnel sur VIADEO Partager sur FaceBook Partager sur Scoopeo Partager sur Technorati Partager sur Digg Partager sur del.icio.us Partager sur Google

Boite a outils de l'article :

En France, la formule « Home work, sweet work » concerne encore bien peu de monde. Environ 7 % de la population active, (2 % de salariés et 5 % de télétravailleurs nomades), contre 13 % en moyenne européenne.

Un décollage laborieux ! C'est du moins le chiffre qu'a révélé le rapport (*) du député de Lozère, Pierre Morel-à-Lhuissier, en 2006. Et pourtant, de plus en plus nombreux sont celles et ceux qui, bien que conscients des limites de l'exercice (par exemple la difficulté à gérer une carrière au sein de l'entreprise), voient dans le télétravail une bonne façon d'allier efficacité (jusqu'à 30 % de gain de productivité) et qualité de vie : oubliées les heures de trajet en voiture ou dans les transports en commun entre la maison et le bureau. Certains se rêvent même vivant au vert, loin des villes, tout en restant connectés à leur entreprise.

Parmi les avantages fréquemment cités, le moindre coût de la vie, les horaires décalés, la plus grande autonomie. Les professions intellectuelles, journalistes, écrivains, éditeurs, musiciens et graphistes sont particulièrement intéressées par ce travail d'un nouveau type. Idem côté médecins : le développement de la télémédecine pourrait, à terme, aider à résoudre la désertification médicale des zones rurales.

Alors, pourquoi si peu de succès ? Parce que qui dit télétravail dit révolution en termes de management. Car il n'est pas facile d'imaginer de nouveaux outils d'évaluation du travail, reconnaît l'encadrement. En outre, qui dit télétravail dit aussi compatibilité, voire simple existence d'un réseau. Et là, le bon vieux principe de réalité hexagonal ressurgit : il faut bien l'admettre, trop souvent encore, sorti des villes et bourgs de France, pas de télétravail possible ! En Lozère, par exemple, dans le département de PierreMorel, les habitants des petits villages ne bénéficient ni d'Internet à haut débit, ni même de réseau de téléphonie sans fil, c'est dire le chemin qui reste à parcourir pour entrer dans le XXIe siècle. Et pouvoir, enfin, espérer désenclaver le département le moins peuplé de France !

Exemple japonais

Autres lieux, autresmoeurs : le géant nippon Matsushita Electronic Industrial, 330.000 salariés dont 76.000 au Japon, n'a pas cette frilosité. Il a mis en place depuis début avril un vaste programme de télétravail. Basé sur le volontariat, il concernera près de 30.000 personnes (principalement des cadres) et leur proposera un à deux jours de travail à domicile par semaine. Pour ce faire, l'entreprise leur fournit un ordinateur, une webcampour les visioconférences et une connexion haut débit.

But affiché ? Améliorer la productivité, mais aussi s'adapter au vieillissement de ses salariés. « Il devient important pour nous d'établir différentes manières d'organiser le travail, afin que les employés se sentent à l'aise et aient envie de rester dans notre entreprise. Ainsi ils peuvent élever leurs enfants et s'occuper de leurs parents âgés. Nous devons nous adapter aux changements de notre société », déclare-t-on chezMatsushita.

Et le télétravail n'est pas l'apanage des grands groupes. Afin de familiariser les PME à cette pratique, le gouvernement japonais leur offre jusqu'à la fin du premier trimestre 2008 un système sécurisé, au principe simplissime : quand il travaille depuis chez lui, le salarié s'identifie au moyen d'une carte à puce qui lui permet d'accéder au système informatique de son entreprise. Les données cryptées ne peuvent pas être conservées sur des ordinateurs utilisés à l'extérieur. Parmi les groupes français, Renault fait office d'exception en ayant signé un accord syndical en faveur du télétravail en janvier dernier, afin, notamment, de réduire ses frais immobiliers d'environ 20 millions d'euros par an (l'entreprise évalue à 14.000 euros le coût moyen de chaque poste de travail). Un bienfait pour l'environnement

Économies d'énergie

Aux États-Unis, 25 % des travailleurs sont aujourd'hui des télétravailleurs. Et ce n'est qu'un début. En tout cas, on est ici persuadé que le développement du travail à domicile va permettre de générer de vraies économies d'énergie. Le risque existe cependant qu'une systématisation de la formule néglige l'importance primordiale de la socialisation que génère notre relation au travail. Aussi bien un système hybride « télétravail-travail dans l'entreprise », basé sur l'aménagement du temps, permettrait aux salariés et aumanagement de respecter et d'organiser la possibilité de choisir en fonction des réalités individuelles des uns et des autres.

(*) « Du télétravail au travail mobile, un enjeu de modernisation de l'économie française ». La documentationfrançaise. fr

Bon pour la planète

D'après l'étude publiée par le consortium CEA (Consumer Electronic Association), les quelque 3,9 millions Américains travaillant au moins un jour par semaine chez eux économisent déjà 3,2 milliards de litres d'es- sence par an. Cela correspond à 14 millions de tonnes de rejet de CO2 en moins dans notre atmos- phère, soit l'impact de 2 millions de voitures. Toujours d'après le CEA, le travail à la maison per- met également d'économiser de 9 à 14 milliards de kWh d'électri- cité par an, ce qui équivaut à la consommation d'un million de foyers étasuniens.

 

Caroline de Hugo

Vos réactions

  • Laurent a écrit le 13/06/2009 à 15:47 :

    • Attention aux clichés. Je suis responsable d'une PME en Lozère (25 personnes - secteur E-Commerce). Le haut débit et le téléphone sans fil passent presque partout et la fibre arrive le long de l'A75. Nous faisons d'ailleurs télétravailler certains de nos salariés et pouvons meme accueillir dans nos locaux des télétravailleurs qui choisiraient la Lozère. PS : au sujet des zones blanches, j'ai cru comprendre cette semaine qu'il y en a aussi à Paris puis qu'à 2 occasions lors de réunions sur Paris, mon téléphone ne captait pas... Laurent CAPLAT laurent.caplat (at) bienmanger.com

Commentaires sur l'article

Pseudo :

Vous avez un commentaire à faire sur cet article ? Faites en part en remplissant le champ suivant :

CAC 40 : 4.039,35-0,14%
Recherche valeurs :

Recherche d'emploi

Pied de page :