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La Tribune.fr - 11/06/2009 ? 12:40 - 303 mots
Les entreprises offrent encore très peu de premiers postes dans leurs filiales internationales, préférant les réserver à des cadres un peu plus expérimentés. Et pourtant, les jeunes diplômés aspirent, eux, à s'expatrier tout de suite, en véritables enfants de la mondialisation. « Chez les commerciaux, c'est l'attente numéro un. Pour les ingénieurs, ça fait partie du deuxième groupe d'attentes », décrypte Éric Chauvet de TNS Sofres. « Le nombre de stages à l'étranger a fortement augmenté, passant de 10 % à 15 % il y a cinq ans à 30 % en 2007 », ajoute Bernard Jean de Centrale Lyon. « C'est devenu un must, ils ont bien compris qu'il faut être bilingue et avoir des expériences à l'étranger. Ce n'est pas pour rien qu'on retrouve 80.000 jeunes Français en Irlande, 100.000 en Allemagne et 300.000 à Londres », constate Marc Drillech, directeur général de Ionis Group. Bérangère Pages, d'HEC Paris, le confirme ; « L'environnement international séduit. En 2007, 29 % de nos diplômés ont trouvé un premier emploi à l'étranger, surtout dans la banque d'affaires, à New York et Londres. » À Sciences po, ce tropisme international est inscrit dans les gènes des étudiants : « Ils passent obligatoirement une année dans un autre pays, dans une université ou en stage en entreprise. Entre 20 % et 30 % de nos étudiants s'expatrient juste après l'obtention de leur diplôme », relève Jean-Baptiste Nicolas, de l'IEP Paris. À l'ESCP EAP, 45 % des jeunes diplômés choisissent un premier job hors de leur pays d'origine. « La place de Londres fait recette, mais également les États-Unis et l'Asie. C'est un vrai accélérateur de carrière », précise Delphine Manceau. Heureusement, cette fuite de jeunes cerveaux n'est que temporaire. La plupart reviennent travailler en France dans les deux ou trois ans qui suivent leur exil.
P. C.
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