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L'expatrié

Ludivine Duflos, une artiste peintre qui a percé à São Paulo

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Duflot Ludivine

Il se peut que la première Dame de France reçoive bientôt un tableau du Brésil, qui la représente l'air un peu rêveur et une fleur accrochée à sa chevelure. L'artiste qui a peint Carla Bruni s'appelle Ludivine Duflos. Elle réfléchit au moyen de lui faire parvenir cette toile. « En cette Année de la France au Brésil, ce serait un symbole fort », estime-t-elle. Ludivine Duflos, 31 ans, est plus connue sous son nom d'artiste, « Lulu ». Elle a présenté récemment 17 tableaux à la galerie Romero Britto à São Paulo. Sa première exposition au Brésil ! Cela fait deux ans que cette artiste vit au Brésil. Son mari, Thibault Duflos, participe à l'implantation de Nespresso en Amérique latine, après avoir contribué au développement de cette marque en France. Thibault, lui aussi, a la fibre artistique. À Paris, il jouait de la basse.

Après avoir vécu dans un petit cocon à Montmartre, voici le couple perché au 13e étage d'un bel immeuble dans le quartier des jardins à São Paulo. L'immense salle de séjour a pris les allures d'un atelier de peinture, aux murs habillés de toiles datant de l'époque parisienne de Lulu. Un retour aux sources de son inspiration. Elle a toujours aimé dessiner. Une autodidacte, qui a d'abord gagné sa croûte dans la mode à Paris : elle a fait ses débuts dans un bureau d'attachés de presse. Pour se détendre, elle découpait des photos de femmes célèbres dans des magazines, qu'elle habillait de collages. Le propriétaire d'une galerie d'art lui proposa d'exposer ces « oeuvres », qui se vendirent comme des petits pains. « Je ne pouvais plus utiliser des photos ainsi, car je m'exposais à des problèmes de droits d'auteur. J'ai donc pris des cours du soir de peinture à l'huile. »

Quand elle a appris la mutation de Thibault au Brésil, Lulu a bourré ses valises de pinceaux, de tubes de peinture et de toiles de lin. La naissance de Philippine Ipanema, en novembre 2007, a même arrangé sa situation : « Tout étranger ayant un enfant né sur le territoire brésilien obtient un visa permanent. » Elle peut fonctionner comme une petite entreprise, aidée par deux expatriées, Charlotte et Dorothée. Un problème toutefois : « Mes toiles sont chères. » Lulu vise le haut de gamme. Elle peint uniquement des femmes qui reflètent l'élégance parisienne, s'inspirant de revues ou puisant dans son imagination. Elle a vendu plusieurs oeuvres, en particulier au sein de l'importante communauté française à São Paulo. Parfois, on lui commande des portraits, qu'elle exécute au crayon et à la sanguine. Lulu affirme qu'elle pourrait fort bien vivre de la peinture si elle se retrouvait toute seule, « pour autant que j'étoffe mes finances avec un autre job, car le coût de la vie au Brésil s'avère élevé ».

Yann le Houelleur

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