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Une rétrospective Albert Marquet au Musée de la Marine à Paris

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Le Musée de la Marine à paris s'embarque avec Marquet. Un voyage tout en couleur où l'on croise sous le soleil et flâne sur les quais. Une autre exposition présente "Sur les quais" au musée Malraux du Havre.

Albert Marquet

La nature, il la vivait. Et la peignait. Albert Marquet - dont le Musée de la Marine à Paris présente 70 tableaux et 33 aquarelles sur le thème de la mer - fut le témoin d'un bonheur bercé par le large, les plages, les horizons sans fin. Les canots qui chahutent sur l'eau, bercés par le clapotis des vagues. Les voiles caressées par le vent. Ou le pavois multicolore d'un paquebot qui file au loin.

Enfant Albert Marquet vivait près de la mer à Collioure ou à Arcachon. Pour ce natif de Bordeaux ce sera sa principale source d'inspiration. Lorsqu'il fait ses études à l'Ecole des arts à Paris il rencontre Matisse, puis Dufy et Camoin dans l'atelier de Gustave Moreau. De jeunes loups qui vont devenir des "Fauves". Mais Albert Marquet a la bougeotte. Il parcourt le sud de la France, l'Algérie, la Tunisie, là où la lumière retient son regard. Là où la mer l'attend.

Cette mer il la regarde de haut. Ce qu'il capte, c'est d'abord une atmosphère, un climat. La peinture de Marquet bruit de tous les soupirs de la nature. On entend la vague qui s'affale. Le bateau accoste, les promeneurs musardent, les palmiers bruissent du souffle du vent.

On retrouve aussi Albert Marquet au Musée Malraux du Havre, dans l'exposition "Sur les quais". Il cabote avec Pissarro, Boudin, Claude Lorrain, Signac, Jongkind ou Lhote et bien d'autres. Ceux-la aussi aiment la mer. Mais ils l'abordent par les quais, les docks. Toujours à terre. Ils observent le monde maritime, les villes en trains de se transformer. Passer de la marine à voiles à la vapeur. La photographie va bouleverser les codes. Pissarro, le premier montre la vie telle qu'elle s'anime sur les quais dans l'affolement de la foule. Pas des travailleurs. Non ! Des promeneurs.

L'art ignore encore les dockers. Il faut se rendre en Belgique pour voir une geste ouvrière. Jusqu'à idéaliser l'ouvrier dans son travail à la manière du réalisme socialiste comme le fait Meunier. Une icône est née. Mais d'autres peintres reprennent la mer et y mettent toutes les couleurs du rêve, comme Braque, Signac, Dufy, Camoin ou encore Kokoschka. Pourtant, derrière ses flonflons, se cachent une vie interlope avec ses prostituées, ces matelots en goguette dont l'un des chantres est François Desnoyer. La ville portuaire n'est plus qu'un métissage, où se côtoient toutes les races, misère et richesse. Un remarquable court-métrage muet tourné en 1929 par Moholy-Nagy à Marseille nous en livre la violente vérité.

 

 

 

Albert Marquet. Itinéraires maritimes. Musée de la Marine, 17, place du Trocadéro - 75016 Paris. Tél. : 01 53 65 69 69. Jusqu'au 2 février.

Sur les quais. Ports, Docks et dockers de Boudin à Marquet. Musée Malraux, 2, bd. Clémenceau - 76600 Le Havre. Tél. : 02 35 19 62 62. Jusqu'au 25 janvier.

Jean-Louis Pinte

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