Contenu :

Culture / Expositions

peinture

Giorgio de Chirico, classique et provocant

Boite à outils de l'article :

Partager cet article avec mon réseau professionnel sur VIADEO Partager sur FaceBook Partager sur Scoopeo Partager sur Technorati Partager sur Digg Partager sur del.icio.us Partager sur Google

Boite à outils de l'article :

Encensé, puis décrié, Giorgio de Chirico est un peintre qui a bouleversé la peinture comme le raconte l'admirable exposition du musée d'art moderne de la ville de Paris.

Giorgio de Chirico

On croit le connaître mais on l’a peu vu. Regardé. De Giorgio de Chirico, on n’a souvent retenu qu’un ou deux tableaux qui ont servi d’illustrations à tout et n’importe quoi. "Le portrait de Guillaume Apollinaire" (1914), par exemple où l’on voit la tête d’une statue porter des lunettes de soleil. Ou encore "L’incertitude du poète, 1913", un buste sans tête cette fois-ci devant un régime de bananes.

Mais l’artiste vaut mieux que ce galvaudage. Il a du génie. On peut même dire qu’il est à l’origine du surréalisme. Certes, sa peinture est sans émotion, profondément intellectuelle, littéraire même. Mais l’invention d’un langage est là, bien présente. Ses constructions architecturales, sa lumière, ses références nous entraînent au-delà de la vie. Chez Chirico, c’est l’inconscient qui en parle. Et les ténèbres s’ensoleillent, comme le montre admirablement la rétrospective que lui consacre le musée d’art moderne de la ville de Paris. Soit un ensemble de 170 œuvres, pour la plupart rarement vues.

L’homme est né en Grèce en 1906, dans une famille aristocratique d’origine italienne. Enfance dans un petit village, avant que ses parents ne s’installent à Munich où Chirico fait ses études à l’Académie des Beaux Arts. Il est très influencé par des peintres romantiques comme Böcklin et Klinger. Et surtout, il lit les philosophes, Nietzche, Schopenhauer et Weininger en tête. Ce qui va influencer toute son œuvre à venir. Pour lui, la peinture devient une énigme. Elle est "métaphysique".

Lorsqu’il débarque à Paris en 1911, il a déjà pas mal de toiles à son actif. Et surtout un univers bien à lui qui surprend et fascine Guillaume Apollinaire mais surtout André Breton. Ce dernier en fait immédiatement le chantre du surréalisme avant de le renier quelques années plus tard lorsque Chirico change de style. En ces années là, l’homme n’apparaît pas dans ses toiles. Où alors sous forme de marionnettes sans visage. Seule la statuaire antique le représente parfois. Et la nature morte, réaliste, devient menaçante.

En 1919, tout bascule. C’est le chaos. Chirico revient à un certain classicisme. La mémoire chasse le présent, le bouscule. La figure antique s’impose comme l’éclat le plus brillant de l’art. Chirico décontenance tout le monde. Pourtant, c’est dans ces tableaux là qu’il est le plus intime. A partir de cette date, on le regarde d’un sale œil. Jusqu’au mépris dans les années 40. Alors, par provocation, à moins qu’il ne s’agissent d’ironie ? Le peintre exalte académisme et pompiérisme. Il se peint en costume de cour, dans le style Renaissance, joue à reproduire les maîtres, Botticelli et Rubens. Et surtout reprend toutes ses toiles du début dans une autre lumière, un autre format.

Cette période enchantera Andy Warhol. On le dit épuisé, n’ayant plus rien à exprimer. Il dément cette affirmation avec les tableaux de la fin de sa vie. Même s’il ressasse certains thèmes comme celui des "Bains", il introduit dans ses compositions de merveilleux soleils, des croissants de lune. La peinture métaphysique est devenue peinture d’enfance. Chirico meurt en 1978 à l’âge de 90 ans.

 

 

 

Musée d’art moderne de la ville de Paris, 11 av. du président Wilson, Paris 16ème. Tél. : 01 53 67 40 00. Du mardi au dimanche, de 10 h à 18 h, jeudi jusqu’à 22 h. Jusqu’au 24 mai.

Jean-Louis Pinte

Vos réactions

Commentaires sur l'article

Pseudo :

Vous avez un commentaire à faire sur cet article ? Faites en part en remplissant le champ suivant :

A lire sur La Tribune

Dernière minute

Pages : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 Toutes les dépêches

Recherche d'emploi

Pied de page :