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Culture / Théâtre Spectacles

Ballet à l'Opéra Garnier

Une «Raymonda» bardée d'étoiles

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Le ballet signé Noureev affiche un casting prestigieux avec les plus grands danseurs de l'Opéra de Paris

Raymonda ballet

"Raymonda" ayant été choisi pour animer la plage horaire du 25 décembre de France 3, c'est donc sous les caméras qu'a eu lieu la première, lundi dernier au palais Garnier. Avec son faste assumé (tapisseries vertigineuses, lustres clinquants et bijoux à foison), le choix sied parfaitement aux fêtes de Noël. Télévision oblige, l'affiche présentait un casting de choc, bardé d'étoiles. De quoi se frotter les mains d'avance lorsque l'on connaît ce ballet entièrement dédié à la danse. Créé en 1898 par Petipa mais revu par Noureev pour l'Opéra de Paris en 1983, «Raymonda» alterne les morceaux de bravoure en solos et les danses folkloriques explosives.
 

L'histoire s'ouvre dans un château de Provence où la belle Raymonda se languit du retour de son futur époux, le comte Jean de Brienne. Intervient alors Abderam, chef guerrier des sarrasins, qui tente de séduire la jeune femme. Gentiment d'abord, plus prestement ensuite. Le prétendant officiel surgit, tue le scélérat, sauve Raymonda, et tout se finit dans la joie sur des airs d'«ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants». Autant dire que le livret ne brille pas par son originalité. Il n'existe en fait que comme prétexte à la danse, à la beauté du pas et du mouvement. Un hommage à toutes les danses, et cela même si la trame narrative doit s'en trouver ébranlée (les chorégraphies d'inspiration magyares de la fin, justifiées par la présence du roi de Hongrie, pourront surprendre). L'axiome pourrait se formuler ainsi: Peu importe la cohérence, du moment qu'il y a la danse.

Côté distribution, on espérait le meilleur de la part de Nicolas Le Riche en Abderam et on avait raison. Il a tenu son rôle avec ferveur, aussi élégant qu'énergique. A côté, José Martinez dans le rôle du comte Jean de Brienne ferait presque pâle figure même s'il faut reconnaître tout ce que son rôle a d'ingrat. Comment ne pas être séduit par le mauvais garçon ténébreux et sensuel - que Noureev a particulièrement développé dans sa version - face au gentillet chevalier, au cœur pur, certes, mais tout de même un peu niais?


La surprise est venue de la part de Dorothée Gilbert, éclatante dans le rôle d'Henriette, l'amie de Raymonda. Une prestation qui nous fait guetter avec impatience les représentations des 7 et 14 décembre prochains où la danseuse - 23 ans, nommée étoile l'année dernière à l'issue d'une représentation de «Casse Noisette» de... Noureev - interprètera le rôle-titre.

Lundi, ce dernier était tenu par Marie-Agnès Gillot qui - fait rare - a déçu, en jouant une Raymonda tendue, plus sèche que radieuse. Peut-être la faute à un costume mal ajusté qui s'est littéralement déchiré à l'issue d'un ultime solo. Les «couacs» de ce genre furent d'ailleurs légion ce soir-là. Frous-frous mal accrochés aux tenues, problèmes de coordinations au sein du corps de ballet ou réception hasardeuse lors de la danse espagnole... A croire que les caméras braquées sur la scène avaient traîné la malchance avec elles.

 

 

"Raymonda" jusqu'au 31 décembre au Palais Garnier. Réservations : 0 892 89 90 90 - www.operadeparis.fr


 

Olivier Le Floc'h.

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