Contenu :

Culture / Théâtre Spectacles

one man show

Bons baisers d'Algérie

Boite à outils de l'article :

Partager sur FaceBook Partager sur Scoopeo Partager sur Technorati Partager sur Digg Partager sur del.icio.us Partager sur Google

Boite à outils de l'article :

Le comédien Fellag dresse dans son nouveau spectacle, "Tous les Algériens sont des mécaniciens", un portrait férocement drôle de l'Algérie d'aujourd'hui.

fellag

"Dès que vous ouvrez le capot, les passants s’agglutinent autour de vous et plongent leur nez dans le moteur (…) [En Algérie] le moteur d’une voiture est le seul endroit du pays où s’exerce la démocratie". D’emblée, Fellag donne le ton. Et impose sur la scène du Théâtre du Rond-Point un spectacle férocement drôle, porté par un extraordinaire sens de l’autodérision. Le portrait implacable de l’Algérie d’aujourd’hui.

Voilà maintenant plus de vingt ans que Fellag raconte son pays à travers ses "one man shows". Le dernier en date prenait le cinéma comme prétexte pour évoquer - en une multitude de sketchs - l’Algérie au lendemain de l’indépendance. Pour cette fois, il a imaginé un dispositif totalement différent. Seul en scène jusqu’à présent, il est désormais accompagné de la comédienne Marianne Epin. A eux deux, ils incarnent un couple d’enseignants francophones éjectés de leur lycée au lendemain de l’arabisation du système scolaire. Installés sur leur terrasse ensoleillée piquée de cordes à linge, ils déroulent leur vie, parlent de leurs voisins et des milles et uns tracas du quotidien. L’occasion d’une savoureuse galerie de portraits.

En tête de cortège, Monsieur Saïd, ancien combattant victime de la crise de l’eau. Au point de ne plus se laver depuis des années. D’autres souffrent de la crise du logement. On croise même Jésus Christ capable de guérir tout le monde. A l’exception d’un fonctionnaire en congé maladie, très heureux de sa situation. Sans oublier les jeunes, dont le regard est braqué vers l’autre rive de la Méditerranée. A défaut d’y accéder, ils se cherchent des fiancées virtuelles dans les cybercafés.

Au fil du récit, Fellag pointe surtout, avec plus de colère qu’à l’accoutumée, un extraordinaire gâchis. Celui dans lequel a sombré l’un des plus riches pays d’Afrique du Nord. Une Algérie qui avait conquis de haute lutte son indépendance, avant de voir ses richesses confisquées par un conglomérat de militaires. L’humour est encore là pour aider à supporter un taux de chômage important, une administration irresponsable laissant le pays aller à vau-l’eau ou une arabisation aux conséquences catastrophique. Mais jusqu’à quand ?

 

"Tous les Algériens sont des mécaniciens", au Théâtre du Rond-Point, 2 bis av. Franklin Roosevelt, 75008 Paris. Tous les jours sauf le lundi à 18h30. Jusqu’au 28 février. Durée : 1h30. 

Yasmine Youssi

Vos réactions

Commentaires sur l'article

Pseudo :

Vous avez un commentaire à faire sur cet article ? Faites en part en remplissant le champ suivant :

A lire sur La Tribune

Dernière minute

Pages : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 Toutes les dépêches

Recherche d'emploi

Pied de page :