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[<]Le bouton de fièvre: une forme...

La "jungle" de Calais n'est plus qu'un terrain vague

Des policiers surveillent la destruction d'

De la mosquée de planches et de toile édifiée par les migrants, il ne reste que les grossières fondations posées sur le sable: quelques heures après l'arrestation de ses occupants, la "jungle" de Calais n'est plus qu'un terrain vague livré aux bulldozers.

Matelas moisis, déchets alimentaires répandus sur le sol, linge déchiré: les rares gourbis encore debout témoignaient des conditions de vie misérables des migrants dans la "jungle" où s'était récemment déclarée une épidémie de gale.

Qualifiée par le ministre de "décharge à ciel ouvert" qu'il s'était engagé à fermer d'ici la fin de l'année, la "jungle" a été vidée de ses occupants mardi à l'aube par cinq cents fonctionnaires de police et gendarmes.

"C'est la fin de la loi de la jungle et des passeurs", s'est félicité M. Besson, venu constater mardi après-midi le lancement des travaux de démolition des cahutes du principal campement sauvage de migrants du nord de la France.

Un total de 276 étrangers en situation irrégulière, essentiellement des adolescents et jeunes hommes afghans d'ethnie pachtoune, ont été interpellés lors de cette opération.

Les migrants avaient attendu toute la nuit l'arrivée annoncée des forces de l'ordre, rassemblés autour d'un feu de palettes alimenté par des responsables associatifs et militants altermondialistes.

Alors que plusieurs centaines d'entre eux, probablement près de 600, avaient déserté la "jungle" devant l'imminence d'une intervention policière, les plus jeunes, s'estimant protégés par le statut de mineur étranger isolé, avaient choisi de rester.

"Quitter la jungle? Pour aller où. Les policiers nous retrouveront où qu'on aille", confiait, résigné, Bilal, 18 ans.

A l'arrivée des premiers policiers, de petits groupes de trois à quatre migrants s'étaient précipités sur l'unique point d'eau du camp pour d'ultimes ablutions, tandis que d'autres s'enfonçaient dans une futaie voisine.

Dans un "esprit de paix", les migrants restants ont accueilli les forces de l'ordre derrière des banderoles rédigées en anglais et en pachtoun. "Nous avons besoin d'un abri et de protection. La jungle est notre maison", proclamait l'une d'elles.

Mais quelques responsables associatifs et des activistes altermondialistes de "No Border" ont formé une chaîne humaine entre les CRS et les migrants, provoquant quelques échauffourées.

Puis les militants et la noria de journalistes présents ont été évacués à l'extérieur de la "jungle" pour permettre l'embarquement des migrants dans des bus et leur transfèrement vers le centre de rétention de Coquelles, à quelques kilomètres de là.

Le camp vidé, les "humanitaires" ont fondu en larmes ou crié leur colère devant les caméras de télévision.

Hébétée, Mariam Rachih, une salariée du Secours catholique montrait fièrement un cadre de bois ouvragé sauvé de la mosquée dont M. Besson a assuré que la destruction se ferait "avec dignité, à la main".

"C'est ce qu'il y avait de plus précieux pour les migrants: une horloge avec une photo de la Mecque, une représentation du Coran et une sourate qui dit que +Dieu est le seul, toujours là pour nous guider".

© 2009 AFP

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