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FRANCE

A Berlin, Merkel et Sarkozy disent non à une "Europe sans frontières"

A quatre semaines des élections européennes, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont tenu dimanche un meeting commun à Berlin, l'une pour rappeler son opposition à une adhésion de la Turquie à l'Union, l'autre pour dénoncer l'idée d'une "Europe sans frontières".

"Nous devons parler des frontières de cette Europe", a déclaré la chancelière allemande lors de ce rassemblement organisé par les jeunes de son parti, l'Union chrétienne-démocrate (CDU). "Cela n'a pas de sens s'il y a toujours plus de membres et que nous ne pouvons plus rien décider."

"Il est juste de dire aux gens, lors de cette campagne pour les élections européennes, que nous ne pouvons pas faire entrer tout le monde en Europe en tant que membre à part entière", a ajouté Mme Merkel. "Notre position commune est donc la suivante: un partenariat privilégié pour la Turquie, mais pas une adhésion pleine et entière."

Le président français, qui est un opposant de longue date à une adhésion d'Ankara, a lui aussi dénoncé l'idée d'un élargissement indéfini de l'UE, sans toutefois citer la Turquie. "Quand Angela Merkel dit: l'Europe doit avoir des frontières, elle a raison, parce qu'une Europe sans frontières sera une Europe sans volonté, sans identité, sans valeurs. Et, si l'Europe ne défend pas ses valeurs, qui le fera a la place de l'Europe?", a lancé Nicolas Sarkozy aux jeunes de la CDU.

Si Mme Merkel et M. Sarkozy s'opposent à une adhésion de la Turquie à l'Union européenne, lui préférant la notion plus souple de "partenariat privilégié", aucun des deux dirigeants n'est allé jusqu'à bloquer le processus de négociations avec Ankara.

Le président français s'est également exprimé sur la question des institutions européennes. "Nous voulons avec Angela Merkel une Europe qui ait des institutions dignes de ce nom", a-t-il souligné.

"L'Europe ne peut pas continuer à changer tous les six mois de président. L'Europe ne peut pas continuer à se mettre d'accord uniquement sur le minimum alors que le monde entier attend le maximum de l'Europe", a dit Nicolas Sarkozy, tout en appelant de ses voeux "une Europe qui n'impose pas au monde ses valeurs mais qui ait le courage de défendre ses valeurs à la table du grand concert mondial".

Mme Merkel a salué comme "un grand geste" la décision de la France d'accueillir sur son sol, pour la première fois, des soldats allemands dans le cadre de la Brigade franco-allemande. "Nous en sommes très reconnaissants et nous considérons cela comme un signe de confiance en l'Allemagne", a-t-elle ajouté.

Pour M. Sarkozy, "les soldats allemands sont les bienvenus en France parce que l'armée allemande est au service de la paix comme l'Allemagne réunifiée est au service de la paix".

Le président français, dont le pays est l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, a une nouvelle fois plaidé pour que ce groupe puisse s'élargir un jour à l'Allemagne. "L'Allemagne est une grande nation. Le monde a besoin de l'Allemagne et la France est au côté de l'Allemagne lorsque l'Allemagne demande un poste de membre permanent du Conseil de sécurité aux Nations unies", a réaffirmé Nicolas Sarkozy. AP

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